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Manipulateurs algorithmiques : le rideau s’est déchiré

Rédigé le 25 mai 2016 par | Algos, Analyses indices, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Depuis le surgissement mardi d’une hausse historique, non par son ampleur, mais par ses caractéristiques techniques, nous avons pu lire un véritable florilège d’explications de la part de permabulls allant d’une mauvaise foi éhontée à une absurdité achevée, en passant par une incompétence totale.

Le rideau derrière lequel se cachent les manipulateurs algorithmiques s’est déchiré mardi

Tout d’abord… nous venons d’assister au retour de « l’appétit pour le risque ». Mais qui avait faim de risque mardi matin quand le CAC40 cédait -0,7% et testait 4 300 points ?

Et que penser de ce retour, sortant de nulle part, anticipé par personne, avec la participation de personne : moins de 2,7 Mds€ d’échanges réels pour un écart de +140 points d’indice, ou +3,3% en ligne droite, c’est presque un record d’abstention de la part des intervenants.

Et tout serait parti de la hausse du dollar qui a pris +0,65% mardi.

Mais qui se souvient que des écarts parfaitement identiques, voir supérieurs avaient été observés les 13 et 18 mai dernier (+0,65% et +0,85% respectivement) sans que le CAC40 ne prenne plus de 0,5 ou 0,6% par rapport à la veille en clôture.

Mieux, le CAC40 était également parvenu à finir positif alors que l’euro gagnait du terrain face au billet vert, non seulement le 10 mais également le 20 mai.

Mais le summum de l’absurde + incompétence + mauvaise foi est atteint avec la prétendue euphorie déclenchée par la hausse de +16% des ventes de logements neufs aux Etats-Unis au mois d’avril.

En effet, les scores constatés à Wall Street en clôture étaient déjà totalement acquis avant la publication de cette stat immobilière.

Il aurait été tout aussi pertinent de justifier une baisse de -1,25% du Dow Jones et de -2% du Nasdaq du fait de l’appréciation du dollar au-delà des 1,114 contre l’euro qui plombe les perspectives exportatrices, sans compter que l’envol des ventes de maisons au mois d’avril alimente les spéculations sur la formation d’une bulle immobilière justifiant une attitude moins « accommodante » de la Fed dès la mi-juin.

En résumé, et comme je l’avais évoqué à maintes reprises dans mes 3 dernières vidéos, nous avons assisté à une hausse sortie de nulle part, décrétée par un « 49.3 » de la BCE et exécutée en mode purement algorithmique.

Rien de nouveau sous le soleil… ce genre de manipulation est récurrent.

Mais c’est la première fois que le degré d’opposition aux « algos » tombe à zéro et que personne ne manifeste le moindre « appétit pour le risque » (réduit à un simple « élément de langage ») et renonce à suivre un mouvement jugé presque unanimement sans cause réelle.

Les sherpas ne peuvent désormais plus compter que sur la contrainte de la réplication indicielle.

Un exemple de réplication aveugle d’un mouvement dénué de cause réelle ?

Le flash-krach du 6 mai 2010 !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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