MAKHEIA GROUP : de l’art de communiquer

Rédigé le 29 avril 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Je l’expliquais il y a peu dans un article, j’ai pour habitude, avant de vous faire part de mon sentiment sur une valeur, d’aller rencontrer l’état major du groupe. C’est une règle que je me suis fixée car d’expérience, je me suis rendu compte que ces rencontres me permettaient d’avoir une vision beaucoup plus claire de l’entreprise.

J’ai donc été à une réunion de presse mercredi matin à l’hôtel Raphael, célèbre notamment pour sa terrasse en été.

Nous étions seulement trois journalistes au petit-déjeuner pour écouter Edouard Rencker, le P-DG de MAKHEIA GROUP (FR0000072993 — ALSEQ). Oui… seulement trois rescapés de la presse pour essayer de mieux comprendre la stratégie du premier groupe français de création de contenus pour les entreprises.

Comment cela se fait-il que nous soyons si peu nombreux ? Non… il n’y avait pas une autre méga-réunion à la place. Seulement… l’entreprise ne communique plus depuis des années. Elle n’est ni dans les radars de la presse financière, ni dans ceux des analystes, ni dans ceux des gérants de fonds. Je vous le disais : c’est un énorme avantage pour vous, investisseur, car si vous êtes bien guidé, vous pouvez trouver comme cela des pépites ignorées du marché… Mais pour la boîte, c’est difficile de se faire connaître si elle n’a pas l’habitude de communiquer !

Qui a déjà entendu parler de l’ex-Mediagerance ?

A vrai dire… personne — non, pardon : peu de monde. La valeur n’est pas dans les radars, elle n’est quasiment pas suivie.

Sa cotation est au fixing, c’est-à-dire qu’elle a lieu à heure fixe dans la journée… Bref il y a toute une histoire boursière à reconstruire. D’où l’importance (et je le dis à chaque fois, que ce soit sur BFM lors de mes chroniques les mardis et jeudis, ou dans ces lignes) de communiquer. Communiquer quels que soient les événements frappants l’entreprise. Il faut en permanence montrer son intérêt pour la cotation sous peine de passer complètement inaperçu.

Pour MAKHEIA (et je mets à la place du dirigeant) c’est tout de même assez frustrant d’avoir si peu de monde à une réunion alors que la recovery est vraiment d’actualité. De même que son passage sur Alternext, il y a un an, s’est fait dans le plus complet anonymat.

Certes, vous me direz que l’action a gagné 30% en un an. Mais quand on regarde cette hausse, elle s’est faite dans des volumes ridicules. Sur les quatre dernières séances, par exemple, l’action a pris 8,3% à 1,69 euro… avec seulement 5 000 titres échangés. Oui vous ne rêvez pas : cela fait 8 450 euros d’échanges en quatre jours…

Avant d’entrer dans l’analyse, je dois évidemment vous présenter MAKHEIA GROUP

Le groupe est organisé autour de trois pôles stratégiques : les contenus corporate, les contenus marketing et les contenus digitaux. Bien. Son ambition ? Makheia veut s’affirmer comme le leader français des contenus de marque, avec des prestations allant du conseil en organisation « pluri-contenu » (choix des médias, identification des messages) au conversationnel (réseaux sociaux et micro-bloging) en passant bien sûr par toutes les techniques de l’édition de contenus.

Parmi ses principaux concurrents figurent par exemple Euro RSCG ou encore PUBLICIS. Si l’on veut trouver un acteur coté de plus petite taille, je pense bien entendu à CRM Company, qui a par contre connu bien des turbulences boursières (cours en recul de 82% sur trois ans) et qui se doit de rembourser une dette de l’ordre de 7,9 millions d’euros d’ici deux ans. Pas facile pour cette société de s’en sortir… alors restez à l’écart. Ce n’est pas le cas de MAKHEIA GROUP qui peut être considérée en pure recovery. Nous y voilà.

En pleine recovery

Jugez plutôt : en 2010 son résultat net part du groupe a atteint 801K euros contre des pertes de 0,2 millions d’euros en 2008 et de 1,2 million d’euros en 2009. Le groupe a même réussi l’an dernier à retrouver un niveau de bénéfices supérieur à 2007, ce qui est une très belle performance. Il faut dire que 2010 a permis à la société de signer de nombreux contrats avec de grandes marques comme Safran (dispositif relation actionnaires), la fondation Total (rapport annuel) et le groupe Atlantic (magazine interne internationale en sept langues), Alfa Romeo (stratégie digitale et déploiement sur les réseaux sociaux).

Vous le voyez, les clients sont variés même si les deux principaux demeurent Renault et Peugeot.

Le président du groupe, Edouard Rencker, est très ambitieux et veut naturellement positionner son groupe sur le marché des nouveaux contenus, tels les tablettes numériques. « Je veux accélérer la migration de nos métiers traditionnels ; nous travaillons d’ores et déjà sur une dizaine d’applications mobiles et tactiles » assure l’homme fort du groupe, qui n’exclut pas de procéder à des acquisitions lors des prochains mois.

Pour mener à bien cette politique, il dispose d’une situation financière très saine avec un gearing* de seulement 25%. « Mais je n’exclus pas une augmentation de capital de l’ordre de 1 million d’euros » précise le P-DG… sans donner plus de précisions.

Et l’action dans tout ça ?

Elle est sans doute promise à un bel avenir parce qu’elle n’est pas très chère avec un PER de 10 au cours actuel. Sa capitalisation n’est que de 8,4 millions d’euros au cours actuel. « Très franchement, j’estime que notre vraie valeur boursière se situe autour de 16 à 18 millions d’euros » ajoute Edouard Rencker, un rien dépité par son cours de Bourse. Pour atteindre une telle valeur, il faut vraiment que le groupe améliore très nettement sa rentabilité.

En 2010, la marge opérationnelle a atteint 3,8%. Les objectifs sont beaucoup plus importants mais restent pour l’instant des voeux pieux : « Nous visons une amélioration de notre rentabilité qui doit tendre vers la norme sectorielle de 15% à moyen terme » conclut le dirigeant.

Il faudra vraiment que la société ne cesse pas de communiquer si elle veut enfin être dans les radars des fonds d’investissement et sortir de l’anonymat — qu’elle ne mérite pas…

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* Décryptage : GEARING

Le gearing est le ratio d’endettement sur fonds propres. C’est un très bon indicateur pour juger de la solidité d’une entreprise. Plus ce ratio est élevé, plus l’entreprise est endettée, plus elle doit payer des frais financiers et plus elle peut être bridée dans sa stratégie de croissance externe.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

3 commentaires pour “MAKHEIA GROUP : de l’art de communiquer”

  1. […] que de faire un long discours, je vous conseille de relire cette analyse datant d’il y a à peine trois mois. Le titre a pris 31,5% depuis que j’ai parlé de la […]

  2. […] revu Edouard Rencker, P-DG de MAKHEIA GROUP (FR0000072993), un peu plus d’un an après ma précédente analyse de fin avril 2011. Le groupe démarrait alors sa recovery. Il cotait autour de 1,60/1,80 euro et s’est envolé […]

  3. […] pas la moindre information sur ces dossiers. Lorsqu’on est coté, il faut communiquer (je vous ai parlé de nombreuses fois). C’est la règle du jeu. Si l’on ne communique pas, on n’a rien à faire en […]

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