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Mais qu’attend réellement le marché ? Signal baissier sur le Dow Jones. 

Rédigé le 14 septembre 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses, US Imprimer

Les marchés ont repris leurs mauvaises habitudes nées de la crise des subprimes et de l’avènement des politiques monétaires accommodantes.

Comprenez : une mauvaise nouvelle pour l’économie devient une bonne nouvelle pour les indices boursiers grâce au filtre de politique monétaire.

Fidèle lecteur de La Bourse au Quotidien, je ne vais revenir plus en détail sur le sujet que vous maitrisez à la perfection.

Retenons juste une chose quand même, il fut un temps où les places boursières représentaient la santé de l’économie. Aujourd’hui, c’est plutôt le thermomètre … plus l’économie « réelle » est fiévreuse, plus les cours grimpent !

Mais qu’attend réellement le marché ?

C’est sincèrement la question première qui me tracasse en ce moment.

Nous avons attendu Jackson Hole, Jackson Hole n’a rien donné.

Nous avons attendu les NFP (comme tous les mois), les NFP nous ont amusé quelques heures puis se sont évaporés.

Nous avons attendu la conférence de presse de Draghi, et Draghi n’a rien… dit.

Mais qu’attendaient donc les marchés ? D’être rassurés sur leur dose de Quantitative Easing… Sauf que là, on a un problème …

Mario Dragi déçoit… et doit prendre des pincettes.

Première alerte.

Les indices n’ont pas du tout apprécié que leur Super Mario, celui capable à chaque discours de surpasser les désirs du marché, ne leur donne pas de promesses de liquidités supplémentaires. Que Nenni.

Mais il faut dire que le président de la BCE est dans ses petits souliers. Il a été activement sollicité pour venir s’expliquer fin septembre devant les parlementaires allemands qui apprécient, eux, nettement moins les facéties monétaires de l’Italien. Il est donc resté très prudent lors de sa conférence de presse, rassurant sur la tenue de son mandat. Tu m’étonnes !

Si jeudi, ce non-évènement semblait être digéré sans trop de soucis, l’effet secondaire, vendredi a été violent. Une clôture hebdomadaire au plus bas et une ouverture en GAP baissier dès le lundi sur les principaux indices mondiaux !

La fée Brainard…

Mais c’était sans compter sur la fée Brainard, membre de la Fed qui est venue sauver la tendance dès lundi après-midi annonçant ne pas vouloir précipiter la prochaine hausse de taux… Tu m’étonnes !

Avec une élection présidentielle qui promet d’être d’un niveau rarement atteint avec un résultat pas si sûr que cela (souvenez-vous que le Brexit était impossible il y a encore 3 mois… alors Trump président…), des statistiques économiques en demi-teinte, mais une banque centrale obligée de préserver ce qu’elle a de crédibilité… il fallait bien un pompier pour rassurer le marché.

Oui mais…

Mais ce mardi, rien ne va plus. Les indices européens clôturent au plus bas à nouveau, le Dow Jones s’enfonce… bref, les marchés n’ont pas eu ce qu’ils voulaient et commencent à regarder devant eux avec le retour des volumes.

Et devant eux, il y a le FOMC. Rassurez-vous, il ne se passera rien.

La Fed ne remontera pas ses taux avant les élections, mais pourra difficilement faire l’impasse en fin d’année. C’est ce scénario qui est désormais privilégié et quasiment acquis. Du coup, comme nous avons pu le constater ce lundi, les tentatives de la Fed pour « cajoler » les marchés ont une efficacité de plus en plus réduite.

Le piège se referme…

Le piège se referme doucement sur les banques centrales et menace une situation semblable à la banque du Japon incapable de tenir un seul de ses objectifs depuis 30 ans.

La Fed, pourra difficilement, si elle veut éviter cela, faire autrement que de remonter les taux à court-terme. Si elle ne le fait pas, c’est bel et bien l’efficacité de ces mesures qui sera sur la sellette et viendra inquiéter les marchés.

Une banque centrale engagée sur une remontée de taux qui fait demi-tour… ça risque de ne pas, être très apprécié !

DOW JONES : Un risque de chute de plus de 1000 points !

Après un été avec des volumes historiquement bas, les indices ont continué de montrer une insolente tendance haussière. Et définitivement, tenter de vendre ses indices jusqu’à maintenant était un pari risqué.

Mais après les observations ci-dessus, et un regard sur l’analyse technique, le moment est peut-être opportun d’initier une position à long-terme.

DOW JONES

Le signal majeur est le franchissement de la MM100 sur le contrat future de décembre.

Note : L’indice « cash » côte 70/75 points de plus actuellement, ce qui peut expliquer l’écart de mes zones d’entrées avec vos propres graphiques, mais la configuration restera la même.

Cette moyenne mobile 100 jours est un seuil surveillé de près par de nombreux investisseurs.
Une clôture hebdomadaire sous cette zone serait la confirmation de la pression baissière en cours.

Le potentiel serait alors très intéressant.

En effet, en cas de repli, l’objectif se situe vers les 50% de retracement aux alentours des 17 000 points.

La zone d’invalidation se situera vers 18 480/18 550 offrant un ratio relativement sympathique pour ce genre de trade.

Mais l’étude statistique peut parfois vous permettre d’y voir aussi plus clair sur la tendance.
Regardez ce tableau.

dj_stats

(Données Barchart.com)

Un simple constat vous signale le changement de polarité en cours de la tendance.
Sur les 6 derniers mois, l’indice a fait 26 nouveaux plus hauts (oui un par semaine…) et seulement 1 nouveau plus bas, caractérisant le biais haussier clair …

En revanche depuis 1 mois, le nombre de plus bas a dépassé le nombre de plus hauts sur la période. A court-terme (5 jours) la tendance est également en faveur de la baisse.

Le potentiel ?

A la baisse également avec près de 17% encore à retracer depuis les plus bas sur un an.

Alors je ne sais pas si la Fed sortira une formule de son chapeau ou une baguette magique, mais, pour ma part, mon plan global sera à la vente sur les indices américains (et pas forcément en Europe, mais nous en reparlerons !).

Bons trades !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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