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Ma stratégie sur le DAX

Rédigé le 10 juin 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Nous venons d’assister à une semaine de transition entre digestion des chiffres de l’emploi américains et événements importants à venir.

Les rapports NFP publiés vendredi dernier ont plongé les marchés dans le doute : La Fed va-t-telle pouvoir relever ses taux avec des statistiques aussi mauvaises ? Je vous laisse relire le point de Mathieu Lebrun en début de semaine si vous voulez vous rafraîchir la mémoire.

Sans doute sommes-nous repartis pour une partie de cache-cache qui va durer jusqu’en septembre.

Mais la séance de vendredi dernier a été très instructive et j’aimerais faire un point sur ce que l’on doit retenir de cette journée et, plus largement, de l’environnement de marché actuel.

On sait qu’on ne sait rien. Surtout les banquiers centraux !

Le travail de préparation de la Fed, dont le job est de montrer une volonté de remonter les taux pour garder sa crédibilité, a été balayé par les statistiques de l’emploi : 38 000 créations de postes au lieu des 159 000 attendus. C’est au mieux une erreur d’appréciation, au pire de l’incompétence.

Que les analystes des banques ne l’aient pas vu venir ne surprendra personne, mais que des responsables de la Fed se relaient au pupitre, pour saluer la solidité du marché du travail et l’amélioration continue quelques heures à peine avant la publication des chiffres est carrément inquiétante et illustre bien que même la Fed (surtout la Fed, devrais-je dire) n’a aucune visibilité.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que nous rentrions dans une phase de marché sans perspective si le baromètre de ceux qui font la pluie et le beau temps sur les marchés est cassé.

Changement de paradigme : une mauvaise nouvelle redevient une mauvaise nouvelle.

Le deuxième point à signaler est la réaction des marchés à la publication de cette annonce. Le DAX a perdu près de 1,5% en quelques minutes. Le CAC40 a chuté également, marquant une baisse de plus de 2% entre son plus-haut et son plus-bas de séance.

Souvenez-vous : il y a encore quelques mois, ce genre de mauvaises nouvelles aurait envoyé les indices sur des plus-hauts, anticipant de nouvelles mesures de la part de la Banque centrale. Or, personne n’est dupe à présent : la Fed a les mains liées.

Bon… petit bémol toutefois. Les mauvaises habitudes ont rapidement repris avec des indices américains qui ont testé les résistances en début de semaine avant de retomber ce jeudi. Le changement est cependant engagé, je vous l’avais signalé avec une analyse du yen et ça se confirme : les investisseurs croient de moins en moins à la parole des banquiers centraux.

Attention à l’inflation

Tous les dirigeants de ce monde veulent de l’inflation. Cela leur permet d’éponger leur dette et de relancer la consommation.

Le raisonnement est simple : si vous savez que le bien que vous voulez acheter sera plus cher dans quelques semaines, vous allez l’acheter tout de suite. Vous préférez consommer « maintenant » sauf si votre salaire et votre pouvoir d’achat n’augmentent pas et même diminuent à cause des charges fixes (essence, loyer, emprunt…).

Et à vouloir le retour de l’inflation, on pourrait l’avoir trop ! L’effet de base des matières premières qui a joué un rôle important sur les chiffres des dernières années va connaitre une « normalisation ». En effet, depuis maintenant plusieurs mois, le pétrole ne baisse plus et, au contraire, remonte de presque 100% depuis ses points bas.

La même dynamique haussière se dessine sur les matières premières agricoles (le blé, par exemple) qui conduira à une augmentation des produits de base et donc à de l’inflation. Cette inflation sera subie par les demandes mondiales et non par une demande intérieure : pas de possibilité de croissance de cette façon.

Inutile que je vous parle de l’or, puisque mes autres collègues vous en ont déjà parlé. N point bas a été touché, et le potentiel de hausse dépendra de l’ampleur de la déroute des monnaies et de l’inflation. (Simone Wapler a d’ailleurs un message urgent sur le sujet à lire ici).

Si l’euro devait, en plus, se déprécier ou rester bas, l’Europe pourrait être touchée de plein fouet par cette remontée des prix, et de nouveau être le dindon de la farce. Avoir de l’inflation structurelle et subie sans la croissance n’est jamais bon signe !

Comment en profiter sur le DAX ?

La situation technique actuelle est très floue. Nous avons privilégié les positions intraday à des positions plus long-terme.

Dax dailyGraphique DAX en rythme quotidien.

Sur ce graphique quotidien, vous constatez la phase d’équilibrage autour d’un seuil clé à 10 065 qui représente 50% du retracement de la baisse de fin d’année.

Dax H4

Voici le graphique H4 : je privilégie un biais baissier (en raison du gap de début d’année qui n’a pas été fermé) et j’attends une première cassure des 10 000 points et un test des 9 950/30 avant de vendre un rebond dans la zone identifiée.

Ce scénario reste valable tant que 10 380 résiste.

Je vous invite à la plus grande prudence en amont de la réunion de la Fed et du référendum sur le Brexit dans quelques jours. La nervosité devrait être à son comble et troubler un peu les configurations techniques. Patience, patience…

Rappel important : le DAX n’aime pas voir EURUSD monter, car cela pénalise les exportations allemandes. Gardez donc un œil sur la parité.

Bon week-end à tous.
Jérôme

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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