Ma méthode pour sélectionner des small caps

Rédigé le 22 mars 2011 par | Big caps Imprimer

Lorsqu’on étudie le monde des small caps, il faut en général travailler par soi même. En effet, contrairement aux blue chips (Total, Peugeot, Michelin, LVMH et autres valeurs du CAC 40) pour lesquelles il y a quantité d’analyses financières disponibles, les petites capitalisations sont peu suivies par les investisseurs.

Bien souvent, il n’y a même AUCUNE analyse financière disponible sur certaines entreprises de sorte qu’elles ne sont absolument pas dans l’orbite des gérants.
Pourquoi ? Parce que cela leur coûte cher d’investir dans ces analyses, et surtout, parce que même s’ils détectent une valeur à jouer, la capitalisation des small caps est bien souvent trop faible pour intéresser les fonds : ne pouvant pas se positionner, de toute façon, ils ne dépensent donc pas d’argent dans les analyses.

Ce qui veut dire que vous avez un avantage ENORME sur eux : vous, en tant qu’investisseur particulier, vous pouvez vous positionner et jouer des valeurs qui ne sont pas dans les radars des grosses institutions, qui ne font pas la une des journaux mais pour lesquelles il y a souvent des opportunités d’investissement TRES intéressantes.

Sauf qu’il faut s’armer de patience et surtout bien étudier les dossiers. C’est là que j’interviens. Je procède en plusieurs étapes.

_______________________Pour vous aider dans vos trades________________________

A l’ombre de la crise : profitez en toute simplicité de la croissance des pays émergents…

La Chine vient de coiffer le Japon à la deuxième place des puissances mondiales. Dans son dernier numéro hors-série, notre spécialiste des investissements géostratégiques pour les particuliers vous offre la possibilité de profiter de la hausse du niveau de vie des Chinois…

Pour mettre à profit son conseil, il suffit d’agir sans attendre…

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◊ D’abord, le travail du solitaire
En me servant de mes lectures — presse économique, communiqués d’entreprises mais aussi quelques analyses qui sont publiées, les journaux, etc. — et en observant à la loupe les variations des valeurs, je me constitue chaque semaine une liste des titres que je juge intéressants. Cette liste est en général constituée d’une quinzaine de lignes. Attention, je fais évoluer ma watch list en permanence ! Une valeur peut être peu attractive le 1er février mais super attractive le 8 parce qu’elle a, par exemple, baissé de 10% dans la semaine et qu’elle revient à des cours d’achat intéressants.

Je n’ai aucun secteur privilégié (il y en a un que j’évite comme je vous l’ai dit dans mon article) car je pratique une logique de stock picking ; c’est à dire que je choisis une valeur indépendamment de son secteur. Il me semble en effet que dans le monde des small caps il faut avoir ce genre de logique car il y a toujours de réelles opportunités.

Dans un deuxième temps, ensuite, je me concentre sur le secteur d’activité de la société, sa stratégie récente et, surtout, la façon dont elle communique aux investisseurs. La façon de communiquer est primordiale car elle démontre l’intérêt que porte la société à la communauté financière… Donc, à vous, futur actionnaire. Certaines entreprises communiquent à minima et se refusent par exemple à rencontrer des analystes et des journalistes. Erreur… qui peut leur être fatale !

Puis dans la troisième étape, je rentre en détails dans les comptes des entreprises. Je passe en revue différents ratios financiers et boursiers (tenez, bonne idée : je ferai prochainement un article sur les ratios financiers et boursiers et comment les interpréter).

Une fois que j’ai fait tout ce travail de solitaire, je décroche mon téléphone
Mes expériences professionnelles me permettent de pouvoir interroger en permanence une dizaine de fonds avec qui je peux discuter de ces dossiers. C’est une force importante parce qu’ainsi, je peux recouper mes analyses préalables avec les rumeurs, mouvements financiers à venir, et cela me donne un petit levier spéculatif sur les dossiers.

Ces recherches me conduisent à rejeter en général sept à huit sociétés sur la liste que j’ai dressée en tout premier. Je les garde quand même à l’oeil dans mon rétroviseur, même si je ne les recommande pas immédiatement. Il reste donc environ huit entreprises à analyser plus en détails, à « sentir ». Pour cela je vais rencontrer personnellement les dirigeants de sociétés restantes.

Ces réunions sont pour moi primordiales et il me paraît impossible d’envisager un investissement si je n’ai pas passé du temps avec son dirigeant. Je rencontre environ quatre dirigeants par semaine, ce qui est normal dans mes travaux d’approche.

Les dirigeants sont souvent sans langue de bois !
Bien souvent, lors de nos entretiens, les propos sont sans langue de bois ; du côté des dirigeants comme du mien ! je cherche, je questionne, je creuse là ou ça fait mal… et eux ont tout intérêt à être honnêtes. Comment savoir qu’ils ne me racontent pas n’importe quoi ? Certes, il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie. Mais ce ne serait pas dans l’intérêt de la boîte de me raconter des salades. Tenez, si le dirigeant que je rencontre me dit attendre un retour aux bénéfices sur l’exercice et qu’il annonce finalement 15 millions d’euros de pertes, l’effet sera dévastateur non seulement pour son cours de Bourse mais également pour sa crédibilité. Et la crédibilité est très importante quand on s’occupe de sociétés cotées !

Donc les dirigeants ont tout intérêt à ne pas raconter n’importe quoi sous peine de sévères sanctions. C’est à moi de lire entre les lignes et surtout de sentir les choses. Evidemment, vu que j’interviens chaque semaine sur BFM, les dirigeants savent que s’ils me « trompent », je ne leur ferai pas forcément une bonne pub !

Et puis, souvent, ils s’interrogent sur les niveaux de valorisations boursières de leur entreprise. Ils ont besoin de comprendre, je leur explique que, souvent, c’est un problème de communication. Par exemple, lorsque j’ai rencontré le P-DG d’Airox, l’équipe dirigeante n’avait pas rencontré de journalistes ou d’analystes depuis six mois ! Impensable quand on veut être visible au niveau boursier.

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Un autre exemple ? Pendant que j’étais en phase de test de mon service SMALL CAPS CONFIDENTIEL (ca y est ! Il est lancé depuis ce week-end !), j’ai déjeuné avec Patrick Bensabat, P-DG de BUSINESS ET DECISION. Il m’expliquait ne pas comprendre pourquoi sa société avait une valorisation proche d’une société en dépôt de bilan, alors que son groupe se portait de mieux en mieux et retrouverait, d’après lui, ses niveaux de rentabilité d’avant la crise dès la fin de 2011. Eh oui, pas facile pour un P-DG de voir les investisseurs bouder son titre quand lui y croit !

Vous l’avez compris, ces rencontres avec les dirigeants ont autant d’importance pour moi que l’étude des dossiers. Elles valident complètement l’intérêt d’investir dans telle ou telle société – ou pas. Sans rencontre avec le management et je précise cela même si je dois me répéter, il m’est impossible d’investir ou de recommander d’investir dans une société. C’est beaucoup trop dangereux et je ne veux pas prendre ce risque…

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Message de la part de Nathalie Boneil :

Eric Lewin a cet avantage de connaître beaucoup, beaucoup de monde dans le milieu des petites valeurs et dans les sphères financières. C’est un atout exceptionnel pour l’investisseur que vous êtes. Son portefeuille le prouve, comme vous pouvez le constater ici. Et vous ne devriez pas vous passer de ses services plus longtemps ; lisez toutes les explications.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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