L’inflation (réelle) supérieure à 2% aux États-Unis ?

Rédigé le 16 mars 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

Autant les statistiques américaines que nous avions commentées la veille n’étaient guère « inspirantes », autant celles d’aujourd’hui ont de quoi remettre au goût du jour le concept d’un calendrier de hausse des taux (2 ou 3 cette année) par la Fed.

Cela alors que les marchés jouaient ouvertement depuis mi-février un statu quo jusqu’en juin minimum. Certains provocateurs allant jusqu’à prétendre que le prochain mouvement sur les taux US – après une longue période d’observation des cadrans économiques – serait une baisse de taux.

L’inflation, la vraie, déjà supérieure à 2% aux États-Unis.

Même si trois statistiques ne font pas une tendance, il y a de quoi se montrer moins catégorique sur l’instauration d’un « grand sommeil » à la Fed après l’envolée de +5,2% des mises en chantier en février, ce qui débouche sur un vertigineux +31% sur un an (on se croirait revenu au plus riches heures de la bulle immobilière en 2006).

Et pas question de se rassurer à bon compte avec l’inflation qui ressort globalement négative de -0,2%. En effet, ce chiffre est totalement biaisé par le plongeon de la composante pétrole/énergie (-6%) et surtout l’essence à la pompe (-13% en février). Le baril vient de reprendre plus d’un tiers de sa valeur, passant de 27 à 36$ sur le NYMEX, le mois de février s’apparente à une « parenthèse enchantée ».

Ce qui compte aux yeux de la Fed, c’est l’inflation core (et plus précisément le « core PCE »), hors variables volatiles. Le CPI progresse de +0,3% en février et de +2,3% en rythme annuel (après +2,2% en janvier, suite à une accélération de la hausse des loyers et des frais de santé), un taux supérieur à celui visé par la Fed.

De nombreux experts estiment que la Fed pourrait s’accommoder d’une inflation sous-jacente comprise entre +2,5% et +3%… mais si la croissance du PIB avoisine bien les +2% (voir un peu mieux aux dires de certains)… alors pourquoi le taux directeur US n’est-il pas d’au moins 1% au lieu de 0,25% actuellement ?

Est-ce que le statu quo actuel est justifiable ? Est-il seulement « tenable » dans le cadre d’un risque de remontée du pétrole ? La Fed n’est-elle pas déjà en retard sur la réalité économique ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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