L’Inde : entre vol de la population et développement forcé (1/2)

Rédigé le 4 janvier 2017 par | Autres indices Imprimer

Comme vous le savez sans doute déjà si vous nous lisez, l’Inde mène actuellement une opération de démonétisation de grande envergure ayant pour cobayes 1,2 milliards de citoyens indiens. La guerre contre le cash ne touche pas que les pays occidentaux et pour cause : vous allez voir qu’elle est mondiale.

Commencez par supprimer le cash

Pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas au courant, voici quelques détails de l’expérimentation en cours, dans un pays où 90% des transactions se font en liquide (vous pouvez également lire l’analyse de Jim Rickards sur le sujet ici) :

  • démonétisation des billets de 500 et 1000 roupies, ce qui représente 86% des billets en circulation dans le pays, le tout sur une période de 50 jours seulement.
  • toute personne échangeant ou déposant plus de 250 000 roupies (environ 3 520 €) et ne pouvant justifier de la provenance de la somme paiera un impôt de 50%. Mais ce n’est pas tout : sur les 50% restant au propriétaire, la moitié (soit 25% du total) est bloquée dans un compte bancaire sous forme de bons pendant 4 ans…
  • Première conséquence : ruée vers les banques (bank run) pour déposer ces billets en banque afin d’éviter de perdre tout. Sauf que… la moitié de la population ne détenant pas de compte en banque, les gens cherchent simplement à échanger ces billets contre d’autres valeurs faciales, provoquant rupture d’approvisionnement en billets et chaos aux guichets des administrations.
  • Deuxième conséquence : les gens n’ont plus de liquide pour faire leurs courses, les magasins ferment, les agriculteurs ne peuvent plus vendre leurs produits, les petits boulots la consommation s’effondre, les pauvres sont les plus touchés.

Les analystes prévoient donc un effondrement de la croissance du pays : de 7% actuellement, Goldman Sachs la voit à 6,8% au prochain trimestre, Deutsche Bank à 6,5%, Ambit à 3,5%…

Certes, il y aura des conséquences néfastes à court terme. Une expérimentation extrême (par la taille et par l’intensité) comme celle-ci ne peut se faire sans remous. Avec Jim Rickards, nous avons d’ailleurs identifié le moyen d’en profiter : nous avons parié sur la chute du marché actions indien dans notre service. Le système IMPACT de Jim a envoyé un signal de vente.

Mais cela veut-il dire que l’opération sera un échec et que le gouvernement indien n’est qu’un ramassis d’amateurs qui ne savent pas ce qu’ils font ?

… et modernisez votre économie à marche forcée

La réalité est beaucoup plus nuancée…

Tout d’abord, la non-perception des taxes était un véritable fléau pour l’économie indienne et pour son besoin de modernisation (on peut, bien-sûr, s’interroger ensuite sur un niveau de taxation « juste » qui ne transforme pas un pays en enfer fiscal, mais là n’est pas la question).

Le gouvernement avait déjà tenté de persuader les Indiens de déclarer leur richesse avec pas moins de 10 lois d’amnistie entre 1951 et 1997 (déclaration des revenus non déclarés en échange d’un impôt majoré). La dernière mesure d’amnistie avait été lancée le 1er juin dernier par Narendra Modi lui-même : les Indiens avaient 3 mois pour déclarer leurs revenus cachés sous peine d’un impôt à 45% au lieu des 30% habituels.

La lutte contre la corruption (une grande part de ces « revenus non déclarés ») et contre l’économie parallèle est donc un vieux rêve du gouvernement indien. Cette fois, il semble toucher au but, car la réforme de démonétisation a toutes les chances de fonctionner à terme pour les raisons suivantes :

  • Modi est en fait transparent et cohérent, il met tout en œuvre pour réaliser son programme : lutte contre la corruption et le marché noir, modernisation de la fiscalité sur le triple principe « comptes en banque, identification, mobiles ». Les Indiens le savent, il ne les prend pas en traître.
  • De ce fait, cette mesure rencontre une popularité relative. Le gouvernement est encore suivi par une grande partie de la population. Les classes aisées apprécient une belle opération de modernisation du pays. Les classes défavorisées étaient les premières victimes d’un système de corruption généralisé. Même si elles souffrent à court terme, cela devrait leur profiter à plus long terme.

Par exemple, les paysans ont un intérêt particulier de passer à ces outils bancaires pour recevoir directement les aides de l’Etat pour les achats d’engrais, de graines, etc. Avant la réforme, les subsides étaient intégrés aux prix d’achat des produits, mais les intermédiaires augmentaient leurs marges de telle manière que les aides allaient dans leurs poches. Dans le nouveau système, les paysans paient le prix normal et déclarent leurs achats pour recevoir les subsides sur leur compte.

  • Les nouvelles technologies et le sens de l’Histoire : on ne peut lutter contre la praticité et le confort apportés par les nouvelles technologies, même si cela se fait in fine au détriment des libertés. L’Inde est en passe de devenir une société cashless, suivant les pas de la Chine où tout (taxis, nourriture, achats) se paie via l’application mobile WeChat.
  • Attirer les investissements étrangers : c’est l’un des buts de la mesure. Les IDE (Investissements Directs Etrangers) étaient auparavant rebutés par la complexité du tissu économique indien, les systèmes de passe-droits, la fiscalité incompréhensible, les strates décisionnaires formelles et informelles, les différences de fonctionnement entre les états indiens… Là encore, l’Inde veut rejoindre le niveau de la Chine qui a développé son économie grâce aux investissements étrangers massifs.
  • Enfin, un autre effet serait un allégement du bilan de la RBI (la banque centrale indienne). Cela serait un effet secondaire non prévu, mais qui a toutes les chances d’arriver.

Explications : l’argent en circulation correspond à de la dette ou à du passif pour la banque centrale. En demandant à la population de rapporter 14 000 milliards de roupies dans le système bancaire officiel, le gouvernement sait qu’une partie de cette somme (peut-être la moitié) ne reviendra pas, les gens préférant brûler leur cash devenu sans valeur plutôt que d’attirer l’attention du fisc sur le reste de leurs avoirs illégaux (or, immobilier, etc.). De ce fait, si le 30 décembre (date butoir du dépôt des billets), seulement 7 000 milliards de roupies ont été perçus, les autres 7 000 milliards peuvent être effacés de l’ardoise du pays et utilisés pour des dépenses d’infrastructure par exemple…

Préparez-vous à une mesure similaire en France pour bientôt… C’est tout bénéfice pour le désir de contrôle étatique et à la fois pour les finances du pays. Après, votre liberté individuelle…. N’est évidemment pas la priorité de l’Etat d’autant que, comme le répète souvent Simone Wapler, interdire le cash et obliger les gens à mettre tout leur argent sur un compte en banque est le meilleur moyen pour 1). Les surveiller et 2). Prélever leur compte en banque en cas de souci bancaire.

Mais revenons à notre cas indien : Modi, leader charismatique et bénéficiant d’un bon soutien de sa population et de la communauté internationale, est en passe de faire passer l’économie indienne « archaïque » au stade d’économie 4.0 capable de rivaliser avec la Chine. 1,2 milliards d’Indiens (bientôt davantage que la Chine), un processus d’intégration régionale du pays, une réforme fiscale appuyée sur les nouvelles technologies, l’intégration d’une part de l’économie parallèle dans l’économie officielle : vous pouvez compter sur l’Inde comme future grande puissance du 21ème siècle une fois les secousses de cette réforme passées.

Soit.

… Puis élargissez le vol

Mais allons plus loin… car le gouvernement indien ne semble pas non plus prêt à s’arrêter si tôt sur le chemin de la confiscation des richesses pour « le bien commun ». Son prochain objectif pourrait être les 20 000 tonnes d’or possédées par les Indiens.

Demain, je vous montrerai ce que cela signifie pour le marché de l’or et pour vos positions à court terme…

Gaël Deballe
Gaël Deballe

Mon nom est Gaël Deballe. Cela fait plus de 10 ans que je suis actif sur les marchés financiers. Je suis initialement ingénieur Supelec, avec une formation complémentaire universitaire en économie générale et gestion de l’entreprise.

Pendant longtemps, j’ai travaillé dans le secteur de l’électricité, en France et en Suisse, notamment dans le trading d’électricité. En parallèle, je me formais sur les marchés financiers avec une prédilection pour les stratégies sur options.

J’ai très tôt été passionné par les marchés financiers, avec une approche scientifique et mathématique.
J’ai acquis l’indépendance financière il y a plusieurs années grâce aux options et à mes connaissances sur les marchés.
Puis je me suis spécialisé dans la recherche de rendement pour dégager des revenus passifs (REITs et primes d’options).

Par la suite, j’ai créé un site dédié aux stratégies de rendement sur options (et autres stratégies) : http://zen-option.com/ et je propose régulièrement des formations sur les options. Passionné de voyages, de nature, de plongée, de découvertes et de finances, j’ai pu changer l’orientation de ma vie et vivre de mes revenus obtenus grâce aux options… où que je sois dans le monde !

Désormais je parcours le monde, et vis dans différentes villes, dont plusieurs mois par an à Lausanne en Suisse. Je suis libre financièrement et géographiquement.
Je me suis beaucoup plus épanoui pendant ces dernières années qu’au cours :
  • de mes précédentes formations : ingénieur Supelec, licence en économie générale et gestion de l’entreprise,
  • ou de mes précédents métiers : chef de projet, puis gestionnaire de portefeuille en énergie, puis trader en énergie (sur options essentiellement) chez Alpiq en Suisse, puis formateur indépendant en formation professionnelle.
Ce que j’entends par là, c’est que j’ai appris davantage de choses qui me faisaient plaisir, qui m’intéressaient et m’épanouissaient : la salsa, la plongée, l’ULM, des connaissances pointues sur la nutrition et la santé, etc
Deux principales raisons :
  • le temps : le temps joue pour moi grâce aux stratégies sur options que j’utilise, ce qui permet de se consacrer à d’autres activités non lucratives.
  • la révolution (toujours en cours) de l’internet, qui permet de se former depuis n’importe où, sur presque tous les sujets, pour un prix modeste (comparé aux circuits pédagogiques traditionnels)
Et j’utilise maintenant ces deux aspects (internet et mon temps disponible) pour partager avec vous mon savoir-faire.
J’ai également mis à profit ce nouveau temps disponible dans ma vie pour suivre différentes formations, car j’aime toujours apprendre de nouvelles compétences.
J’ai ainsi depuis 2013 un diplôme d’Anticipation Economique et Politique que j’ai obtenu auprès du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (qui rédige par ailleurs des bulletins très intéressants, je vous conseille d’aller faire un tour sur leur site si vous ne connaissez pas encore)
Avec les services Agora utilisant les options, vous mettez le premier pas dans l’univers des options tel que je le conçois : rationnel, maîtrisé, optimisé.
Rendement vôtre,
Gaël

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