L’effet de levier : votre meilleur ennemi

Rédigé le 17 mars 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Quand le marché est attentiste, comme en ce moment, restez à l’écart et prenez le temps de faire le point sur votre approche et votre méthode de trading. Vos points forts, points faibles… voyez ce qui pèche dans votre méthode, quelles ont été vos erreurs, etc. Car à l’usage, vous savez qu’il y a des choses que vous avez mises en place, et d’autres qui se révèlent être, à l’usage… votre meilleur ennemi.

Je vais aborder aujourd’hui l’invention financière la plus simple mais aussi la plus dangereuse pour le trader : l’effet de levier !

L’effet de levier : un excellent moyen de se ruiner…

Et quoi de plus attirant qu’un effet de levier faisant miroiter des gains rapides et faciles avec un capital raisonnable. Le leverage est sans doute l’argument marketing préféré des intermédiaires financiers, mais aussi l’outil qui a causé les plus grandes faillites de l’histoire.

En effet, imaginez pouvoir prendre des positions de plusieurs centaines de milliers d’euros avec un capital parfois jusqu’à 500 fois inférieur ! Petite démonstration…

Sur le Forex, avec un levier de 200/1 et un capital de 1 000$, vous pourriez prendre jusqu’à 200 000$ de positions sur le marché. Oui, vous me comprenez bien : vous avez 1 000 euros, et vous pouvez trader pour 200 kilos euros.

Ainsi, avec un levier de 200, si vous décidiez d’acheter pour 2 lots de 100 000 unités EUR/USD à 1,3500 et que la paire rejoigne 1,3550$, votre gain s’élèverait (je vous épargne les calculs !) à 1 000$ soit une plus-value de 100% en un seul trade. Ça, c’est quand tout va bien.

De telles performances vous semblent peut être vertigineuses mais les novices réussissant ce tour de force ne sont pas si rares que cela sur le Forex. Que voulez-vous… c’est souvent la chance du débutant.

Pourtant aucun d’entre eux n’est devenu riche. En effet, avec un tel levier, même si la chance vous sourit, au début, votre espérance de vie se limite à… quelques jours voire même, comme je l’ai déjà vu, à quelques heures. Vous faites un beau coup et ensuite…. vous êtes ruiné.

C’est pour cela que jamais, au grand jamais, je ne prends de tels leviers dans mon service. Regardez ce tableau que je fournis aux abonnés Agora Forex dès leur inscription…

Graphique de l'EUR/USD

Une perte de 25 pips avec un effet de levier de 400/1 suffit à réduire votre capital à néant ! Et si l’on considère qu’une chute de capital supérieure à 50% est très difficile à rattraper, il vous suffira d’une perte d’une dizaine de pips pour voir vos chances de réussir sur le Forex s’envoler.

Plus que jamais, certaines armes ne doivent pas être mises entre toutes les mains.

… ou de devenir riche en sachant bien l’utiliser !

Pourtant, l’effet de levier est une véritable source de profit si on sait l’utiliser à bon escient.

Sur un compte de trading de capital modéré (moins de 50 000 euros), vous ne devriez jamais dépasser le levier 10 — et encore, uniquement pour des positions très court terme avec des stops rapprochés. Plus votre capital augmente, moins vous devrez utiliser l’effet de levier.

Cet outil doit vous servir à mieux optimiser votre surface financière. On appelle surface financière, l’étendue de votre capital et sa capacité à prendre des positions réelles sur le marché. Ainsi l’effet de levier va vous permettre de prendre de multiples positions et ainsi venir diversifier au mieux vos investissements sans monopoliser une grande partie de votre argent.

Voici comment faire pour bien utiliser l’effet de levier

Si vous devez toujours connaître le niveau de levier que vous utilisez, en aucun cas cela ne doit être un paramètre déterminant pour prendre position. Votre prise de position doit être conditionnée par le niveau de risque et le positionnement de votre stop loss.

– Ne vous laissez pas tenter par l’utilisation d’un levier plus fort pour rattraper une perte frustrante ou pour « tenter un coup ». La pire chose qui pourrait vous arriver est que cela fonctionne la première fois, vous encourageant ainsi à recommencer et à terme à détruire votre capital. Je vous le répète, c’est INEVITABLE !

– Enfin, le choix d’un intermédiaire financier ne doit pas être fait en fonction d’un effet de levier attirant. Privilégiez l’efficacité des outils, du service client et l’ergonomie de la plate-forme qui sont sur le long terme, bien plus important qu’un effet de levier théorique de 500/1.

Je vous donne rendez vous dans 15 jours pour évoquer un autre de vos pires ennemis : le Graal. (Suspens… !)

En attendant…bons trades !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

6 commentaires pour “L’effet de levier : votre meilleur ennemi”

  1. Voilà un article realiste! Merci!
    En résumé  » En trading, apprenez à gérer vos risques »

  2. cela va mieux en le répétant 🙂 j’utilise pour ma part une règle de money-management simple sur le Forex : je calcule le montant d’un trade perdant acceptable, le nombre de trades perdants successifs éventuels, le niveau du stop (assez large, je tiens compte de la volatilité et des gaps dans la période tradée) et j’en déduis la taille de la position. Ainsi la perte est limitée à ce que j’accepte dès le départ ! ceci interdit l’effet de levier ! certes il faut faire évoluer cet effet de levier par rapport à son capital à travers le niveau du risque (montant du trade perdant), mais on garde le contrôle :-). En conclusion, je préfère prendre des positions modestes mais avec des stops larges, sinon le risque de sortir perdant trop souvent est improductif…qu’en pensez-vous ? (on lit souvent que les stops doivent être à 2 %….c’est arbitraire et injustifié).

  3. Merci de vos commentaires que j’essaie de lire régulièrement même si le temps manque.

    Lors du développement de mon service (Agora Forex), ma priorité a été en effet d’intégrer complètement la gestion du risque comme cela a rarement été le cas dans un service de trading.

    Je ne comprend pas cependant pas , cher jymesnil , lorsque vous trouvez arbitraire et injustifié la règle des 2%.

    En effet, vous dites « je calcule le montant d’un trade perdant acceptable », ce qui revient à évaluer la prise de risque du trade. Si 2% est une valeur moyenne que vous pouvez bien entendu adapter à votre profil, elle me semble toutefois assez pertinente pour une stratégie sérieuse.

    Il est bien evidemment possible ensuite d’optimiser le calcul des position selon le % de réussite et des méthodes reconnues , mais la simplicité est aussi une des meilleures alliées du trader.

    Je vous remercie une nouvelle fois de votre fidélité et n’hésitez pas à commenter … ce sera toujours avec un réel plaisir que je vous répondrai dans la mesure du possible.

    A bientôt.

    Jérôme Revillier

  4. oui, sur les 2 %, je m’explique, il me semble que les stops trop serrés ont pour conséquence d’être trop souvent activés et il me semble que les consolidations à l’intérieur de la période retenue pour le trade peuvent être très souvent supérieures….il serait donc utile de mesurer sur une durée suffisante, l’amplitude des variations, de la volatilité, voire des gaps qui ont lieu, afin de ne pas se lancer dans un trade qui peut être au final gagnant mais qui est stoppé trop tôt…bien entendu, on peut en arriver à être en dessous de 2 % ou bien au delà. Par exemple, nous avons un gap assez significatif, deux jours sur trois à l’ouverture du Cac 40, et si l’on trade avec un stop trailing à 2 %, en swing trading, on risque la sortie assez facilement…si on mesure la volatilité intraday, les gaps et ajoutons une marge de sécurité on va plutôt vers 4 ou 5 %…cette démarche, je l’adapte à chaque type de marché, de valeur car cette volatilité est par trop diverse, elle semble également varier dans le temps. Il y a aussi les anomalies du timing market avec les annonces économiques qui peuvent activer les stops. L’ouverture de New-York donne aussi du tourment 🙂 il y a un trading spécifique « d’embuscade » à mener. J’ai le sentiment que notre période actuelle est propice au day-trading plutôt qu’au swing-trading compte-tenu du « pilotage » des marchés, thème cher à votre collègue Philippe Béchade, et j’avoue que la seule analyse technique ne me suffit pas…je suis les billets d’un célèbre cabinet d’AT qui travaille pour certaines banques versées dans les turbos ou autres véhicules et le taux de plantage me laisse perplexe 🙂 comme si le marché faisait le contraire de ce que l’AT prédit ?! en tout cas, je trouve que le billet du trader aborde des sujets intéressants et qu’on apprend beaucoup compte tenu de la diversité des auteurs et des sujets traités, continuez 🙂

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  6. La gourmandise est un vilain défaut:)

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