Pourquoi l’euro va se renforcer dans les années à venir

Rédigé le 21 avril 2017 par | A la une, EUR/USD, Taux & Devises Imprimer

 

Hier, j’ai commencé à vous dire pourquoi je croyais en la survie de l’euro. Non seulement à sa survie, mais je pense que la devise européenne va se renforcer dans les années à venir.

Car à mon avis, disais-je, la mauvaise presse de l’euro dans les médias, est biaisée (voyez ce que j’expliquais dans l’article).

De mon point de vue d’Américain, l’Europe ne se rend pas compte de sa force et la montée des nationalismes ne va pas remettre en cause la pérennité de la devise.

Les nationalismes ne seront pas assez puissants pour remettre en cause la devise européenne

Le vote britannique en faveur du Brexit ne portait pas sur une sortie de l’euro, mais bien sur une sortie de l’Union européenne. Le Royaume-Uni n’a jamais adhéré à l’euro, dès le départ. Il a conservé la livre sterling. Le nationaliste Gert Wilders a démontré une certaine force, lors des récentes élections néerlandaises, mais pas suffisamment pour constituer un gouvernement.

Le prochain grand test, s’agissant des tendances nationalistes présentes en Europe, ce sera lors des élections présidentielles françaises, les 23 avril et 7 mai prochains. La candidate nationaliste, Marine Le Pen, devrait avoir une majorité de voix au premier tour, et accéder au deuxième tour. A ce stade, les électeurs de quatre des cinq principaux partis s’opposant à Le Pen s’uniront autour d’un candidat : Emmanuel Macron, très certainement, qui remportera probablement le deuxième tour, le 7 mai.

Même si Le Pen gagnait au second tour et appelait à un référendum sur l’Union européenne (le soi-disant Frexit), il est probable que les électeurs français resteraient au sein de l’Union européenne malgré la présidence de Le Pen. L’émergence du nationalisme, en Europe, concerne plus l’immigration que l’euro, qui demeure populaire.

Une autre élection importante, cette année, c’est celle qui se déroulera en Allemagne, où un nouveau chancelier sera élu le 24 septembre prochain. La course sera serrée mais nous pensons qu’Angela Merkel va conserver ses fonctions de chancelière. Même si elle n’y parvient pas, l’euro n’est pas menacé. Le principal candidat sur les talons de Merkel est un socialiste, également favorable à l’euro.

En résumé, le nationalisme est une tendance importante dans la vie politique européenne et il mérite d’être étroitement surveillé. Mais il ne représente pas une menace pour l’euro, ni à court ni à moyen termes.

L’Europe, la première zone économique du monde

Enfin, les analystes ne devraient pas négliger la dimension, la force et la résistance de l’Union européenne. Selon le classement des Nations-Unies, l’Union européenne est la plus grande économie du monde, avec un PIB de 18 500 Mds$, soit légèrement supérieur aux 18 000 Mds$ du PIB américain. (Le FMI et la Banque Mondiale rangent l’Union européenne à la seconde place, tout de suite après les États-Unis).

La population de l’Union européenne est de 508 millions d’habitants, soit bien plus importante que celle des États-Unis, qui comptent environ 310 millions d’habitants. Les membres de la Zone Euro, réunis, possèdent environ 10 000 tonnes d’or, soit davantage que les États-Unis, qui en possèdent environ 8 100 tonnes.

En percevant l’Union européenne comme un agrégat de petits pays bien séparés dont certains se trouvent dans une situation économique désastreuse, on déforme l’image de cette force de l’euro. Lorsque l’on considère l’ensemble de la population, du PIB, de l’or et autres mesures d’évaluation, il en ressort que l’Union européenne est un formidable concurrent face aux États-Unis, au Japon ou à la Chine, en tant que leader économique mondial.

Cette opinion est étayée par le fait que la Chine accroit ses investissements directs en Europe et continue de détenir une part importante de ses réserves de change en euros, (et réduit son portefeuille en Bons du trésor américains).

L’origine de ces forces est importante si l’on considère la façon dont les monnaies s’échangent entre elles. Les devises peuvent perdre pratiquement toute valeur, comme cela s’est produit récemment au Zimbabwe et au Venezuela, de même que dans l’Allemagne de Weimar, il n’y a pas si longtemps.

Mais les principales devises évoluent plutôt au sein d’une fourchette qui, certes, peut être large, mais reste pérenne. C’est plus particulièrement vrai en ce qui concerne les deux principales devises du monde : le dollar (USD) et l’euro (EUR).

L’EURUSD évolue au sein d’une fourchette sans atteindre la parité

La paire EUR/USD a évolué au sein d’une large fourchette, variant d’un plus-bas de 0,84 $ (en octobre 2000) à un plus-haut de 1,60$ (à la mi-2008). En gros, cela signifie que l’euro a doublé en moins de huit ans. C’est une fourchette large mais cela reste une fourchette. En ce moment, l’euro s’échange aux alentours de 1,06 $, fermement installé en bas de fourchette.

Au cours de ces dernières années, la fourchette de transaction a été encore plus étroite, variant de 1,39 $ en mars 2014, à 1,0385 $ en décembre 2016. Il est important de noter que l’euro a testé ce plus-bas à trois reprises, ces deux dernières années, et il a bien résisté, demeurant à chaque fois au-dessus de la parité.

EURUSD

Si l’on recourt à des séries temporelles à long terme, il semblerait que l’euro dispose d’une large marge de manœuvre pour partir à la hausse une fois que les vents contraires de la politique s’apaiseront.

A la rédaction dAlertes Guerres des Devises, nous utilisons notre système IMPACT afin de cerner l’influence des événements politiques ou économiques sur les marchés des changes, des matières premières, et d’autres marchés affectés par les devises. Le système IMPACT est une méthode que j’ai apprise en travaillant pour la CIA et auprès du Directeur du renseignement national.

Elle s’appuie sur la théorie de la complexité et l’analyse des systèmes dynamiques en vue de détecter de puissantes tendances. Ces tendances révèlent souvent différentes trajectoires que les événements pourraient suivre.

Ensuite, nous dressons une liste « d’indicateurs et alertes », termes utilisés par les services du renseignement, qui devraient être associés à chaque trajectoire. Puis nous recherchons les indicateurs et alertes parmi une multitude de données, et dans d’autres évènements de marché. Une fois que nous identifions des indicateurs et alertes spécifiques, nous pouvons déterminer sur quelle trajectoire nous nous trouvons.

Que va-t-il se passer pour l’euro, à partir de maintenant ?

Quels sont les indicateurs et alertes que nous identifions, actuellement, en ce qui concerne l’orientation de l’euro ?

La situation monétaire aux États-Unis compte parmi les facteurs les plus importants. La paire EUR/USD est autant affectée par la politique du dollar conduite par la Fed que par la politique de l’euro conduite par la BCE.

La Réserve fédérale est clairement sur la voie du resserrement monétaire. En attendant, la BCE poursuit sont « Euro-QE », les taux d’intérêt négatifs et autres mesures destinées à affaiblir l’euro, à importer de l’inflation et à donner un coup de pouce à l’Union européenne. Cette politique de la BCE, ainsi que l’incertitude politique, expliquent la faiblesse actuelle de l’euro.

Mais tout est sur le point de faire volte-face. La Fed opère un resserrement dans un contexte de faiblesse économique et court le risque de précipiter l’économie américaine dans la récession. La Fed s’en rendra peut-être compte d’ici cet été, mais alors, les dégâts auront déjà été commis. Nous pensons que la Fed va faire volte-face et passer à l’assouplissement via le « forward guidance » d’ici le mois de juillet, ce qui va affaiblir le dollar et booster l’euro.

De même, la politique de l’argent facile de la BCE est sur le point de s’inverser. L’inflation a commencé à apparaître en Allemagne et dans d’autres pays de la Zone Euro. Les électeurs allemands ne tolèreront pas l’inflation et, si elle augmente davantage, pourrait rejeter Angela Merkel. Or le président de la BCE, Mario Draghi, compte sur le soutien de Merkel pour prendre des décisions difficiles concernant les sauvetages en Grèce et les rachats d’obligations des membres de la Zone Euro.

Au pire des cas, Draghi opèrera un resserrement de sa politique d’ici juillet, juste à temps pour augmenter les chances de réélection d’Angela Merkel en septembre. C’est ainsi que les banques centrales et les gouvernements travaillent main dans la main en coulisse.

Il semblerait que l’euro ait atteint un plancher et soit prêt à grimper fermement à mesure que les nuages politiques et monétaires se dissiperont.

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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Un commentaire pour “Pourquoi l’euro va se renforcer dans les années à venir”

  1. Excellentes previsions vérifiees
    Bien vu,mais a quand la baisse du S/€?

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