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L’escalade des provocations en Syrie, un enjeu de politique intérieure ?

Rédigé le 20 septembre 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Escalade de l’horreur en Syrie (dans la province d’Alep).

Un convoi humanitaire de l’ONU et du Croissant rouge a été délibérément bombardé – et de nombreux « hamanitaires » tués – lundi soir par des avions ou hélicoptères appartenant soit à l’aviation syrienne, soit russe (ou les deux à la fois ?).

Cette exaction injustifiable survient en guise de représailles, 48H après le « nettoyage », prétendument accidentel, d’une position tenue par l’armée syrienne (au moins 60 morts et 100 blessés) au-dessus de Deir ez-Zor par l’aviation de la coalition de l’OTAN, en pleine trêve conclue à Genève entre Russie et Etats-Unis (sous l’impulsion de la Maison Blanche).

La négociation de cette trêve, qui a volé en éclats lundi, avait suscité une forte opposition de la part des « faucons » du Pentagone, partisans d’une ligne dure et frontale à l’encontre d’Assad et de son allié russe.

Poutine, de son côté, peut également compter sur le soutien de son opinion publique qui ne s’émeut guère des horreurs commises par le régime allié de Damas, pourvu que cela contrecarre les plans des Etats-Unis au Proche-Orient.

Les événements des dernières 72H mettent en lumière les divisions internes qui s’exacerbent au sein de l’exécutif américain (certains semblent désormais jouer leur partition sans l’aval de Washington, d’où le bombardement de samedi), les néoconservateurs « durs » n’ayant jamais accepté la pacification des rapports avec l’Iran voulu par Obama (et encore moins le traité sur le nucléaire conclu avec Téhéran).

Guerre totale en Syrie et en Irak

La stratégie de l’affrontement avec la Russie – dont une majorité d’Américains ne veulent pas – risque de s’accélérer d’ici le 8 novembre, avec comme conséquence (voulue ?) le franchissement d’un « point de non retour » qui obligerait le prochain président(e) à poursuivre une guerre totale en Syrie et en Irak, même si son intention était de « calmer le jeu » avec Poutine (comme le redoutent les faucons du Pentagone s’agissant de Donald Trump).

Les marchés ne semblent pas envisager un seul instant que le Proche-Orient tout entier puisse s’embraser d’ici quelques semaines : pourtant, le risque existe… puisque certains s’activent dans l’ombre – et même au grand jour depuis samedi – pour le faire surgir.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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