Les vraies/fausses raisons de la hausse des marchés la semaine dernière

Rédigé le 10 juillet 2012 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Le What did you expect d’Uma Turman (prononcez-le avec un regard langoureux plein de sous-entendus) pour la pub d’un soda aux agrumes convient à merveille pour évoquer les réunions de Bruxelles et de la BCE : elles ont fait « pshiiitt ».

Mais qu’est-ce qu’espéraient les marchés après un rebond de +7% en trois séances ? Que le CAC 40 retrace son zénith de la mi-mars à 3 600 points alors qu’aucun problème n’est réglé ? Alors que la croissance des pays européens tend vers… zéro ?

Certes les marchés anticipent. Peut-être avons nous touché le fond du point de vue conjoncturel début juin ; peut-être la Grèce ne fera-t-elle finalement pas faillite (nous plaisantons bien sûr : elle est déjà en faillite !) ; peut-être le MES pourra-t-il un beau jour racheter des créances bancaires (mais discrètement, il ne faut pas que la Finlande s’en aperçoive sinon elle sortira de l’Europe comme l’affirme sa Ministre des finances). Autrement dit, le CAC 40 a peut-être bel et bien touché son plancher de 2012 vers les 3 000 points début juin… mais la route des 3 600 points sera longue et semée d’embuches.

Tenez, si vous préférez les parallèles sportifs, plus d’actualité en ce moment, comparons les marchés avec le 3 000 mètres steeple : il faut travailler l’endurance, consommer des sucres lents, gérer l’effort. Au lieu de cela, le marché vient de s’envoyer une ligne de coke (vive le MES) et est parti ventre à terre sans même avoir fini de lacer ses chaussures. Il vient de couvrir les premiers 100 mètres en un temps record (trois séances pour passer de 3 050 à 3 270 points) mais apparaissait déjà à bout de souffle à l’attaque du premier virage… filant tout droit dans le décor (rechute sous les 3 190 points).

La poudre (aux yeux) qui a dopé le CAC 40 fut bien évidemment le MES. Les dirigeants européens sont sortis de la salle de réunion vendredi au petit matin en criant « Eureka, nous allons recourir au MES »… et les marchés se sont extasiés : « Vous avez entendu les gars, ils ont crié Eureka, nous avons le MES… c’est énorme ! On est sauvés ! »

Sauf que… le MES n’a aucune existence concrète ; Bruxelles n’a édicté aucune feuille de route. Souvenez-vous des commentaires vendredi dernier en milieu de matinée : à 9H, les marchés ouvrent sur un gap de +3% et les commentateurs saluaient l’effet de surprise, l’émergence d’une volonté des Européens de s’attaquer aux vrais problèmes… 90 minutes plus tard, le CAC 40 ne gagnait plus « que » 1,9% mais le discours des commentateurs changeait déjà de tonalité…

On a l’impression de s’être fait berner – il a fallu 90 minutes pour s’en rendre compte quand même… Des intervenants plein de bon sens ont finalement fait observer qu’il n’y avait pas d’accord concret concernant le MES, que son changement de vocation, de mode de fonctionnement et de périmètre allait donner lieu à des négociations qui seront longues et ardues… que la règle de l’unanimité le condamne de facto à l’impuissance – ce qui a été confirmé, quelques heures plus tard, par le refus finlandais d’approuver des rachats de créances bancaires. Et Mario Draghi d’affirmer jeudi dernier qu’avec les 500 milliards d’euros prévus, il pourra désormais faire face aux éventuelles difficultés des banques espagnoles (il va leur falloir 350 milliards d’euros de recapitalisation à l’horizon 2014) et italiennes (mettons le triple si ça dérape !).

Bref le MES n’a déjà plus un sou en caisse avant même d’avoir commencé d’exister. Peu importe, le CAC 40 a explosé à la hausse – à +7% en 72H – et son score a été tellement étourdissant que tout le monde s’est empressé d’oublier sur le champ que le MES n’existait pas.

Et les raisons à cette hausse ont vite été trouvées : si les marchés montent, c’est que le sommet de Bruxelles constitue forcément une avancée majeure, pardi ! Et vous voyez comment le marché retombe toujours sur ses pattes, trouvant des raisons à une hausse qui n’a plus lieu d’être puisque la hausse n’a finalement d’autres raisons qu’elle-même – ou que les robots qui la décident.

Car cette fois encore, il s’agissait du match bull/bear. Les opérateurs positionnés sur des instruments bear à effet de levier étant les plus nombreux et l’échéance trimestrielle très proches, les bulls ont eu une occasion unique de plumer tous ces spéculateurs qui pensaient avoir gagné la partie la veille – ils n’avaient plus que 24H à tenir ! Cela n’a duré qu’une poignée de secondes, mais le CAC 40 s’est hissé vers 3 288 points (son zénith des 18 et 27 avril derniers). Du coup, les produits dérivés ayant un strike entre 3 075 et 3 275 points ont été explosés, ce qui constitue une belle victoire pour les bullish.

L’étroitesse des volumes démontrait qu’il n’y a eu aucune participation des acheteurs moyen/long terme : il s’agissait d’une panique à la hausse savamment orchestrée…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Les vraies/fausses raisons de la hausse des marchés la semaine dernière”

  1. […] parution dans le Billet du Trader le 10/07/2012. AKPC_IDS += […]

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