Les ventes de détail : une donnée au coeur de la veille économique

Rédigé le 16 octobre 2009 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Vous le savez, la consommation reste le moteur numéro un de notre système économique. Tous nos espoirs de relance reposent dessus — sauf que rien n’est gagné. Ainsi, chaque indicateur rapportant la santé des dépenses des consommateurs est suivi de près.

Mercredi dernier, les ventes de détail ont été publiées aux Etats-Unis. Sont-elles bonnes, très bonnes… médiocres, mauvaises, horribles ? La relance est-elle en marche ou allons nous encore rester scotchés à des niveaux abyssaux ?

La consommation comme moteur

On distingue deux types de statistiques de ventes de détail :

– le chiffre global, qui englobe chaque secteur du commerce de détail de la vente en pharmacie, en passant par le textile, l’électroménager et l’informatique.

– puis un autre chiffre, souvent exprimé dans le secteur automobile et l’énergie, qui serait la consommation de « confort » puisque le carburant et l’automobile sont en général des achats obligatoires.

Ces chiffres sont publiés mensuellement avec un mois de décalage en zone euro (35 jours exactement) mais seulement 14 jours après la fin du mois concerné pour les Etats-Unis. C’est ce qu’on appelle un « indicateur avancé » (Advance Monthly Retaill Trade Report).

Les ventes de détail sont l’un des premiers indicateurs de consommation du mois précédent et, dans l’anticipation naturelle des marchés, les mouvements générés peuvent être dévastateurs pour les traders actifs.

Mais on frôle la panne !

Et là non plus je ne vais pas vous surprendre en vous disant que le moteur a des ratés en ce moment.

Aux Etats-Unis, c’est « The US Census Bureau », qui dépend du département du commerce, qui publie le premier chiffre avancé sur les ventes de détails.

Après un hiver 2008 catastrophique et une chute de près de 3% en décembre 2008, les ventes américaines se sont maintenues à un niveau très faible, alternant à la hausse puis à la baisse les variations mensuelles.

En août pourtant, un bond de 2,7% venait éclaircir un peu l’horizon. Cependant, voilà : la consommation rime avec crédit et inflation.

Les bons chiffres d’août ne reflètent que deux choses :

– l’accélération des achats de voiture à prévision de la fin des aides de l’Etat ;

– une période estivale plus propice aux dépenses, elles aussi soutenues par des subventions et des facilités de paiement exceptionnelles.

D’ailleurs le chiffre de 2,7% a été révisé hier à la baisse à 2,2%, venant ainsi tempérer l’optimisme ambiant.

En septembre, les ventes de détail ont donc finalement reculé de 1,5%. Les analystes attendaient en fait un recul de 2,10%. Du coup, tout le monde a été soulagé… Sauf qu’au final, quand même, le retour à la stabilisation n’est pas en route et les consommateurs restent très prudents en vue de la fin des politiques de soutien.

Surveillez le ratio stocks/ventes

Je vais maintenant vous dévoiler l’un des chiffres que j’ai le plus surveillé ces derniers mois. Je m’appuie notamment sur ce genre de chiffres pour trader le Forex, car l’anticipation et la publication de ces statistiques font en général fortement bouger le marché des devises. Je trouve que ce ratio stocks/ventes reflète la consommation américaine et la mécanique économique actuelle bien mieux que les ventes seules.

Ratio stocks/ventes

Source:www.census.gov

Comme vous le voyez ici, le ratio n’a eu de cesse de chuter dans les périodes de croissance. Cela est tout à fait logique puisque lorsque la consommation progresse, les entreprises tournent à flux tendu.

La crise est très bien illustrée ici par le pic en fin d’année 2008 qui a vu son niveau remonter à la même hauteur que la fin des années 2000, période également difficile.

Depuis le début de l’année, la courbe a repris le bon sens (et plutôt violemment) à cause de l’effet de déstockage. Mais l’important est surtout de constater qu’on est encore loin des niveaux de 2005/2006 avec actuellement un ratio qui devrait stagner autour de 1,30

En observant ce graphique, mon penchant pour l’analyse graphique aidant, j’ai comme sentiment que l’amélioration actuelle ressemble fortement à une simple correction de l’excès précédent… mais en aucun cas un retour durable de la consommation.

Et dans cette optique, je maintiens mon opinion contrarienne : l’optimisme actuel et homogène des marchés devrait vite retomber après la période des trimestrielles.

En attendant… bons trades.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

2 commentaires pour “Les ventes de détail : une donnée au coeur de la veille économique”

  1. Si vous pouvez ajouter la date d’ecriture de votre article, ca serai une info tres utile. Merci

  2. Bonjour,
    La date de l’article est indiqué en haut à gauche à côté du titre.

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