Les valeurs de rendement ne sont plus à la mode

Rédigé le 16 février 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Avant d’entrer dans le vif du sujet et pour ceux qui ont l’habitude de lire mes analyses sur smallcapsconfidentiel.com, je tiens à vous signaler que l’action SAFETIC (FR0010100016) dont je n’ai cessé de vous recommander de rester à l’écart tout au long de l’année dernière, vient d’être placée en liquidation judiciaire. Les titres n’ont plus aucune valeur et seront radiés. J’espère qu’aucun d’entre vous n’a été coincé dans ce dossier auquel je n’ai jamais cru. Et je parle en connaissance de cause car j’avais été, il y a quelques années quand je travaillais chez Euroland, visiter la société à Aix-en-Provence en passant notamment une journée avec le management… visite qui ne m’avait pas convaincu.

Le monde des small caps est fait de ces accidents mais ils ne remettent pas en cause la richesse de notre tissu de PME en France.

Bon passons à notre thème du jour. J’en ai parlé justement hier sur BFM Business : c’est la fin de l’âge d’or des valeurs de rendement. J’avais déjà abordé le sujet dans ces lignes en décembre, mais là, la tendance s’amplifie.

Depuis que j’ai envoyé ce message spécial pour la première fois, il y a trois semaines, la valeur que je vous recommandais d’acquérir à pris plus de 18,7%.

Si vous n’en n’avez pas profité, sachez que cette biotech recèle toujours un potentiel de hausse de +300%…

Je ne sais pas combien de temps je pourrai diffuser ce message – si vous souhaitez profiter de cette valeur : c’est maintenant ou jamais !

 

PAGES JAUNES et HF COMPANY changent leur politique de dividende

Je vais vous prendre deux exemples. Tout d’abord, reprenons l’exemple de PAGES JAUNES (FR0010096354-PAJ). La société distribuait encore l’an dernier un dividende* de 0,58 euro par action. Je vous disais alors, en décembre, que cela faisait un rendement de plus de 24%, avec un titre qui perdait 65% sur l’année.

Mais voici ce que j’écrivais aussi :

(…) le spécialiste des annuaires papier, confronté également à une baisse de ses résultats, ne sera sans doute pas en mesure de maintenir les 0,58 euro de dividende de 2010. (…) Imaginons maintenant que le dividende soit réduit à 0,10 euro par action, ce qui est possible… Le rendement du titre descend à 4,2%, ce qui est peu… Comment imaginer que la société, très endettée, arrive à bien performer dans ces marchés ?

Eh bien PAGES JAUNES ne distribuera pas de dividende cette année. C’est une énorme surprise pour la communauté financière qui a été totalement prise au dépourvu (mais est-ce vraiment une surprise ?). Le titre a été fortement sanctionné à l’annonce, hier, après sa belle remontée depuis décembre de 45% : entre prises de bénéfices et déception, les volumes ont été énormes par rapport à d’habitude, comme vous le voyez sur ce graphique :

Graphique: Pages Jaunes
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Mais des résultats en recul, des prévisions mitigées et une situation financière très difficile avec notamment un refinancement de dette de 638 millions d’euros à horizon 2013 ont eu raison du coupon. Pour le plus grand malheur des actionnaires qui attendaient une meilleure rémunération de leur risque.

Prenez maintenant HF Company (FR0000038531), le spécialiste de la domotique, du haut débit ou encore des accessoires autour de la gestion du signal numérique dans la maison.

C’est une small cap qui pèse environ 30 millions d’euros et que je connais mieux pour avoir déjeuner avec son P-DG, Yves Bouget, mardi. Je vous ferai un bilan complet de la société la semaine prochaine, mais sachez déjà qu’en raison de résultats en forte baisse, le dividende a été réduit de 0,84 euro par action à 0,52 euro. De sorte que le rendement aux cours actuels de 7,71 euros est de 6,7%, ce qui est déjà beaucoup mais qui n’a rien à voir avec le rendement précédent.

Les investisseurs se sont ils précipités sur le titre hier avec un tel rendement de 6,8% ? Pas du tout… le titre a même baissé de 2% depuis la publication des résultats mardi car les perspectives demeurent encore assez mitigées même s’il y a du mieux à l’horizon.

Et en cas de nouvelles secousses macro-économiques pour ce groupe, très présent en Europe du Sud notamment, le maintien de ce dividende n’est pas assuré.

Certes, lorsque l’on écoute Yves Bouget, la situation du groupe semble s’améliorer… mais le monde économique est de plus en plus globalisé, de plus en plus enclin à bouger rapidement. Ce qui est valable il le trimestre précédent, voire ce trimestre, ne sera pas forcément d’actualité pour le trimestre à venir.

Ce que j’essaye de vous faire comprendre ?

Que l’argument le plus important quand vous achetez un titre est son activité et bien sûr l’étude de ses ratios financiers, qui sont beaucoup plus importants que son rendement à un moment donné.

Je n’ai pas l’habitude dans cette chronique de vous parler des valeurs du CAC 40. Mais quelles sont les trois plus fortes baisses depuis de début de l’année ? Cherchez bien. C’est dans l’ordre GDF Suez, France Telecom et Vivendi. Et comme par hasard, ce sont elles qui affichent les meilleurs rendements avec, respectivement 11%, 7,8% et 7%. Mais l’inquiétude demeure sur le maintien ou non de ce coupon dans un environnement dégradé et très concurrentiel. Sans copier Francis Fukuyama, qui parlait de la fin de l’Histoire après la chute du Mur de Berlin, je peux parler de la fin du rendement comme seul critère d’achat d’une action.

* Décryptage : dividende
le dividende correspond au versement d’argent que peut recevoir chaque détenteur d’actions d’une entreprise. Le montant du dividende, identique pour chaque action détenue, est prélevé sur le bénéfice net ou sur les réserves de la société. Une entreprise, passagèrement en difficulté, peut décider de maintenir le dividende ou de le passer. En tout état de cause, le versement n’est pas automatique et relève d’une décision de l’assemblée générale des actionnaires. Il peut arriver que la direction propose de verser le dividende à la fois en numéraire (en argent) ou bien en actions, ce qui lui évite de débourser des montants souvent importants. Mais les actionnaires sont de plus en plus réticents à cette formule et préfèrent toucher de l’argent.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

8 commentaires pour “Les valeurs de rendement ne sont plus à la mode”

  1. […] bémol : comme je vous le disais, HF COMPANY a réduit très largement son dividende de 0,84 euro à 0,52 euro par titre. Bon, au cours actuel, cela fait toutefois un dividende de […]

  2. […] Quand je vous disais de ne pas acheter une valeur pour son dividende, je faisais preuve de bon sens dans la conjoncture troublée que nous vivons. […]

  3. […] du dividende comme indicateur prépondérant car comme je l’ai dit la semaine dernière, les valeurs de rendement ne sont plus à la mode. Les entreprises, confrontées au ralentissement économique, ont de plus en plus tendance à […]

  4. […] surprise du dividende, je ne suis pas acheteur sur le dossier. Et comme je vous le dis souvent, un dividende ne doit jamais être l’unique raison pour laquelle vous acheter un titre. AKPC_IDS += […]

  5. […] mais il n’y a pas de raison non plus que le groupe sabre son dividende. Cependant, comme je vous l’ai déjà dit, un dividende ne doit jamais être la seule raison pour acheter un […]

  6. […] JAUNES (FR0010096354) par exemple était une valeur de rendement avant qu’elle décide de supprimer son dividende, provoquant ainsi son effondrement. Or sans dividende, quel intérêt à la société ? Le […]

  7. […] vous le savez, je ne retiens jamais le rendement d’une action comme critère d’investissement prioritai…. Il est en effet évident qu’un versement de dividende n’est jamais assuré ad vitam […]

  8. […] vous le savez, je ne retiens jamais le rendement d’une action comme critère d’investissement prioritai…. Il est en effet évident qu’un versement de dividende n’est jamais assuré ad vitam […]

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