Les restos sont désertés, GROUPE FLO trinque

Rédigé le 7 novembre 2014 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

S’il y a bien un secteur traditionnellement touché par la stagnation économique, c’est bien celui de la restauration. En effet, si en temps de crise, les ménages vont tout de même chercher à maintenir leurs vacances, ils n’hésiteront toutefois pas à s’assoir sur leurs soirées resto pour faire quelques économies. Un constat renforcé par les derniers résultats publiés par GROUPE FLO (FR0004076891), le groupe de restauration notamment connue pour les enseignes Hippopotamus, Bistro Romain ou encore Taverne du Maître Kanter…

Des fondamentaux et perspectives en berne

Après une année 2013 que l’on pourrait qualifier de « mauvaise mais sans plus », la tendance s’est en effet complétement détériorée.

Sur le premier semestre, déjà, le résultat net du groupe s’était contracté de 64% à 1,8 million d’euros pour un chiffre d’affaires en recul de 11,3% à 157,5 millions d’euros. Pire encore, le trimestre estival a été catastrophique – pour ne pas dire meurtrier… Ainsi, sur 9 mois, la perte nette atteint pas moins de 3,6 millions d’euros. Le résultat opérationnel courant, pour sa part, plonge de 70% à 3,7 millions d’euros si bien que la marge opérationnelle n’est plus que de 1,6%.

Les raisons ? Elles sont diverses. On retrouve pêle-mêle l’impact de la Coupe du Monde 2014, des opérations commerciales et marketing très coûteuses ou encore un contexte économique plus que tendu. Rien de véritablement nouveau pour un groupe qui avoue ne pas entrevoir de perspectives positives dans les mois à venir. Et, je le rejoins, il n’y a effectivement pas d’embellie à prévoir dans ce secteur pour le moment.

Une valeur délaissée

De ce point de vue, on peut légitimement se questionner sur la pertinence du positionnement de GROUPE FLO, coincé entre les restaurants étoilés et l’apparition de nouveaux concepts moins chers et plus rapides – je pense notamment au phénomène des food trucks qui prend de plus en plus d’ampleur sur notre territoire.

Je n’ai bien évidemment pas la réponse. Je peux simplement constater que les investisseurs boudent largement le titre. Et ce, depuis déjà plusieurs années. Il n’y a qu’à voir le parcours de l’action. Tenez par exemple, sur 5 ans, elle perd 39% pour une capitalisation revenue autour des 105 millions d’euros.

Dans ce contexte, il n’est pas certain qu’Albert Frère, le milliardaire belge entré au capital du groupe il y près de 10 ans, supporte encore longtemps ce genre de déconvenues. Il a déjà perdu une trentaine de pourcents sur cet investissement et, connaissant la réputation de cet homme d’affaires, je pense qu’il pourrait réagir prochainement…

Seul point positif encore pour le moment. Les capitaux propres (165 millions d’euros) sont nettement supérieurs à la capitalisation actuelle. La société n’est donc pas en danger immédiat. Elle rencontre simplement une crise à la fois conjoncturelle et structurelle, sans doute liée à de nouvelles habitudes alimentaires. Il faudra toutefois que GROUPE FLO réagisse rapidement.

Mots clé : -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

Laissez un commentaire