Les Pharmas sont condamnées à innover ou mourir. Les Biotechs sont leur seul relais de croissance

Rédigé le 7 septembre 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Les grandes sociétés pharmaceutiques telles que Pfizer (PFE-Nyse), Sanofi (FR0000120578) ou Merck sont confrontées à l’expiration de brevets sur leurs best-sellers (blockbusters) – voir l’article Les Big Pharmas au bord de la falaise des brevets.

La seule issue pour renouveler leur gamme de produits est donc d’inventer de nouveaux médicaments, développés par de petites structures : les sociétés de biotechnologie.

Que se passerait-il si les Pharmas ne rachetaient pas des sociétés de biotechnologie ?

Pour y répondre, l’analyste Timothy Anderson de chez Sanford C. Bernstein a modélisé l’évolution des ventes de chaque grande société pharmaceutique après les expirations de brevets puis en tenant compte de médicaments en cours de développement, pour voir les incidences sur la courbe des ventes.

Innover ou mourir

Timothy Anderson a tenu compte de deux scénarios pour modéliser les ventes des 10 prochaines années :

  • Un scénario de base tenant compte seulement des ventes des produits pharmaceutiques, si aucun nouveau médicament n’est mis sur le marché dans les 10 prochaines années et que les tendances actuelles se poursuivent.


NB : la valeur sur l’axe Y sont décimalisées : il s’agit de la proportion des ventes du scénario de base comparé à 2010 ; E = Estimations.

En clair, il s’agit avec ce scénario de voir quelle serait l’évolution des ventes si les grandes sociétés pharmaceutiques se reposent sur leurs lauriers et bénéficient de leurs rentes. Ce scénario improbable prend en compte le statu quo (la panne) de l’innovation.

Dans ce type de scénarios, il n’y aurait pas de surprise : chaque grande société pharmaceutique verrait ses ventes décliner. Alors que GlaxoSmithKline (GSK-Nyse) et Novartis (CH0012005267) résisteraient bien (baisse de moins de 10% de leur chiffre d’affaires), Astra Zeneca (AZN-Nyse) et Eli Lilly (LLY-Nyse) perdraient respectivement 40% et plus de 50% de leurs ventes de produits pharmaceutiques : elles ne disposent pas, à l’heure actuelle, de traitements permettant de tenir face à la perte de leurs brevets. Quant à Bristol-Myers Squibb (BMY-Nyse), sa survie dépendrait de son pipeline de médicaments expérimentaux en développement.

  • Un scénario de référence où les compagnies pharmaceutiques continueront de mettre de nouveaux médicaments développés en interne sur le marché. Dans ce modèle, les deux tiers des sociétés pharmaceutiques seraient quand même en perte de vitesse en raison de la fin de l’exclusivité de certains gros médicaments, du manque de renouvellement en interne et de retards pris dans l’acquisition de sociétés innovantes.

Dans ce scénario, seul GlaxoSmithKline augmenterait ses ventes de près de 20% au cours de la prochaine décennie. Il s’agirait alors du grand gagnant de la prochaine décennie. Quelle en est la raison ? Le rachat de Human Genome Sciences, qui compte le traitement Benlysta (un traitement révolutionnaire du lupus), et un médicament contre l’asthme en cours d’élaboration. Un autre gagnant serait Bristol-Myers Squibb (+10%). Novartis serait stable. Toutes les autres grosses sociétés verraient leurs ventes diminuer…

Les Big Pharmas disposent d’une trésorerie pléthorique pour racheter des Biotechs

Les grosses sociétés pharmaceutiques sont donc condamnées à créer de nouveaux médicaments. Le principal problème vient du fait qu’elles ont de plus en plus de mal à le faire en interne. L’autre problème est que les pertes de brevets sont une pression supplémentaire qui ne leur laisse guerre de temps pour se renouveler (un générique est vendu à un prix inférieur de 75%).

L’innovation passe maintenant par les sociétés de biotechnologie qui seront capables de relever les défis auxquels sont confrontées les « Big Pharmas ». Dans ces conditions, la tendance sur les rachats de biotechs n’est pas prête de s’inverser : après 179 rachats en 2009 et 184 en 2010, les Pharmas se sont porté acquéreurs de quelques 227 sociétés spécialisées dans la santé en 2011. D’après IMAP, 75% des Pharmas européennes et même 100% des Pharmas US s’attendent à racheter plus ou autant de sociétés spécialisées en 2012 qu’en 2011.

Avec une trésorerie cumulée de 141 milliards de dollars et une forte capacité d’endettement, les 12 plus importantes Big Pharmas mondiales auront les moyens de relever ce défi. Pour le plus grand bien des actionnaires des sociétés de biotechnologie.

[Ndlr : c’est exactement pour cette raison que nous avons rédigé un rapport spécial consacré à 5 biotechs françaises (que vous pouvez mettre en PEA en plus). Ces 5 biotechs sont en train de développer de nouveaux traitements potentiels qui, s’ils sont lancés, pourraient bien intéresser des Big Pharmas prédatrices qui se jetteraient dessus ! Il faut évidemment vous positionner AVANT  le succès de ces traitements, et AVANT que les Pharmas les rachètent. Tout est dans ce dossier.]

En cette année 2012, le domaine le plus actif a sans aucun doute été celui des traitements de l’hépatite C. Sur les 12 derniers mois, pas moins de 4 rachats ont eu lieu dans ce domaine: Anadys, Inhibitex et Pharmasset dont les primes par rapport à leur dernier cours ont été très significatives (entre +90% et +250%). Voire pour des montants astronomiques : Pharmasset s’est faite racheter pour plus de 10 milliards de dollars alors que cette société ne dispose d’aucun traitement sur le marché et qu’elle n’a réalisé aucun chiffre d’affaires !

Quelles sociétés de biotechnologie faut-il privilégier ?

Voilà autant de pistes à explorer !

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PS : si vous ne vous sentez pas l’âme d’un explorateur de biotechs, nos spécialistes américains de NewTech Insider le font pour vous et vous proposent en ce moment une petite pépite qui développe en essai de Phase II un nouveau type traitement contre le cancer. Ils ont préparé un dossier dédié à cette biotech…

sachapouget
sachapouget

Un commentaire pour “Les Pharmas sont condamnées à innover ou mourir. Les Biotechs sont leur seul relais de croissance”

  1. Innover ou mourir? Les Biotechs sont les relais de croissance des Pharmas http://t.co/9o6HnlRO

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