Les patrons de small caps se remettent à parler!

Rédigé le 7 février 2012 par | Analyses indices, Mid et Small Caps Imprimer

On a, de nouveaux, des marchés financiers polarisés par la situation en Grèce avec une double négociation pour les autorités locales. La première se fait avec la Troïka (FMI, UE et BCE) et concerne le versement d’un deuxième plan d’aide de 130 milliards d’euros. La seconde se passe avec les banques créancières à propos d’un hair cut de l’ordre de 70%. Pour l’instant, c’est le statu quo sur les marchés qui attendent l’issue de ces négociations pour savoir dans quelle direction repartir.

Mais cette incertitude grecque ne provoque pas de mouvements de panique pour autant. Imaginez si l’on était dans cette situation il y a six mois ! Ce serait la panique totale sur les marchés. Non, aujourd’hui, les marchés sont habitués au drame grec ; c’est assimilé et ils n’en tiennent que peu compte : la psychologie* l’emporte. Surtout que la situation américaine n’inquiète plus puisqu’on ne parle plus de récession aux Etats-Unis, comme en témoigne les très bons chiffres du chômage américain parus vendredi.

La séance d’hier, lundi, a donc été symptomatique de cet état d’esprit. Le CAC 40 a simplement cédé 0,66% quand, dans le même temps, l’indice CAC Small a pris 0,77% et l’indice CAC Small & Mid restait stable. Il n’y a de toute façon aucune raison pour que les small caps décrochent. Il n’y a pas de valeurs bancaires parmi les small caps et la crise grecque n’a pas d’impact réel sur nos pépites. Vous pouvez rester relativement confiant tant que les marchés restent « psychologiquement optimistes ».

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Signe d’embellie : les P-DG se remettent à parler!

Il y a un indicateur qui ne trompe pas parmi ceux qui me font dire qu’une certaine sérénité est revenue sur les marchés actions. C’est la volonté affichée par les dirigeants d’entreprise de communiquer. J’avais commencé à sentir ce retournement dès janvier ; je vous en avais d’ailleurs un peu parlé dans un précédent article. Quand je parle de « P-DG qui se remettent à communiquer », je ne vous parle évidemment pas des dirigeants des entreprises du CAC 40, mais bien des patrons de small caps. Ils ont compris l’enjeu d’une bonne communication pour 2012 : mieux faire connaître leur groupe et surtout essayer de réparer certaines sous-valorisations boursières souvent complètement déconnectées de la réalité économique de leur boîte.

En fait, je ne compte plus les appels que je reçois. Que ce soit de la part de conseillers en communication ou même des sociétés elles-mêmes. Nombreux sont ceux qui veulent me présenter leur société et me demandent de les rencontrer. Je ne peux évidemment pas tous les rencontrer, donc je regarde d’abord les dossiers, quand je ne les connais pas encore et, ensuite, je vais me faire une idée sur le terrain en rencontrant les dirigeants.

J’ai donc récemment pris un petit-déjeuner avec Marc Le Bozec, directeur financier de CELLECTIS (FR0010425595-ALCLS), une biotech spécialiste de l’ingénierie des génomes. CELLECTIS commercialise des outils innovants permettant d’intervenir de façon maîtrisée sur l’ADN. Cette biotechnologique a par exemple fait entrer le Fonds Stratégique d’Investissement, le fameux FSI, dans son capital. Eric Besson, notre ministre de l’industrie, s’était même fendu d’un communiqué, indiquant que « CELLECTIS est l’un de nos plus beaux fleurons en matière de biotechnologie ». Vous savez que je ne connais rien à la biotechnologie, et que je ne suis pas à l’aise pour valoriser de telles boîtes.

Donc ce qui m’a marqué, dans cet entretien, c’est l’envie de communiquer du dirigeant. Son directeur financier m’a avoué au cours de ce petit-déjeuner que l’une de ses priorités sur 2012 était de faire beaucoup plus de réunions avec les investisseurs et les journalistes. Etre coté en Bourse retrouve soudain tout son intérêt car l’appétit pour les small caps revient, comme les performances des indices l’attestent. (La hausse du CAC 40 n’est « que » de 7,8% (excusez du peu) quand, dans le même temps, les deux indices de référence sur les petites et moyennes capitalisations dépassent les 13%.)

De nouveaux dossiers sous le coude

En l’espace de dix jours, j’ai rencontré CONCOURSMANIA (FR001103834), dont je vous ai parlé, TOUAX, dont je vais vous parler, SYNERGIE et j’ai pas mal de réunions programmées avec MGI DIGITAL ou encore HF COMPANY. Ces sociétés évoluent dans des secteurs totalement différents, mais veulent plus et mieux se faire connaître. Mes rendez-vous sont des one to one : je suis en tête à tête avec les chefs d’entreprise, qui me laissent leur poser toutes les questions possibles. C’est de toute façon la meilleure façon pour appréhender une société – en tout cas beaucoup mieux qu’une réunion SFAF où de nombreux gérants écoutent sagement dans une salle la présentation PowerPoint qu’on leur donne. De beaux dossiers à venir donc !

* Décryptage :  la psychologie des marchés
Le cours des actions cotées en Bourse est influencé par différents facteurs psychologiques. Pour bien appréhender le marché et, plus loin, investir correctement, il convient donc de tenir compte de trois principaux éléments :
-les rumeurs (fondées ou non) : attentes de bons (ou mauvais) résultats, offres publiques d’achat, sauvetage d’une société ou d’une industrie par le biais d’un plan gouvernemental etc.;
-les tendances et les modes : attrait excessif concernant la plupart des titres de sociétés technologiques vers la fin des années 1990, mode des « énergies vertes », sociétés proposant un produit facile à copier (comme les sandales en plastique de la société Crocs) etc.;
-les sous-réactions et sur-réactions collectives des investisseurs à un événement donné : un risque de pandémie, bien qu’embryonnaire, peut permettre par exemple à certaines actions pharmaceutiques de quintupler. Ou encore une société qui annonce 50 centimes de bénéfice trimestriel par action, plutôt que les 51 centimes attendus, et qui voit le prix de son titre perdre 30% en une seule journée.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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