Spring Campus Croissance Plus : Les entrepreneurs sont surmotivés

Rédigé le 25 mars 2014 par | Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Si vous avez un peu suivi mes posts ces derniers jours (ici et ici), vous savez que j’étais invité sur le Spring Campus de Croissance Plus en fin de semaine dernière. J’y ai donc logiquement rencontré de nombreux chefs d’entreprise, des banquiers, des avocats ou encore des consultants – en fait, tous les acteurs du monde de l’entreprise étaient là. Eh bien, j’ai été rassuré : je n’ai senti aucun défaitisme mais au contraire un dynamisme, une volonté de fer « d’y arriver » de la part de ceux qui participent à la vraie économie – même si, avouons-le, aussi un fort agacement face à la lourdeur du marché du travail et l’impression que les gouvernants sont bien loin de leurs préoccupations. Mais ce qui est rassurant, c’est de voir qu’il y a un vrai esprit créatif dans notre pays, certes handicapé par l’administratif et autres rigidités, mais les patrons qui étaient là ne voulaient en aucun cas quitter la France : ils étaient focalisés sur l’envie d’entreprendre, de développer, de croître, de grandir, de gagner des parts de marché. Je peux vous assurer que cela fait un bien fou !

Leurs principaux soucis semblaient être alors plutôt d’ordre capitalistique : ils avaient de grosses interrogations sur d’éventuelles levées de fonds ou l’entrée de nouveaux investisseurs au capital. Assez logique, pour les plus petites boites qui sont, elles, confrontées à un vrai « credit crunch » dont personne ne parle vraiment (sauf nous, qui rencontrons les dirigeants et voyons bien justement leurs problématiques concrètes). Pour une entreprise qui atteint une bonne taille se pose alors toujours le problème d’entrer ou pas en Bourse. J’ai déjà pas mal écrit sur ce sujet, mais là, j’ai été frappé par le fait que peu d’entreprises présentes sur ce campus étaient cotées – comme si, une fois coté, vous n’aviez plus d’intérêt à participer à ce genre d’événement, à rencontrer des entreprises de taille plus petite ; le snobisme de l’entreprise cotée ?

Revenons sur le financement puisqu’un problème a été évoqué lors d’une conférence très intéressante sur la notion de temps. Le temps de l’entrepreneur, le temps du marché du travail, le temps des cycles sectoriels… et le temps de l’investisseur : le temps n’est pas le même pour tout le monde. Les dirigeants d’entreprise veulent construire sur le long terme… alors que les fonds d’investissement – surtout ceux exerçants dans les nouvelles technologies d’ailleurs – se doivent d’aller vite, veulent un retour sur investissement rapide – ce qui est complètement incompatible avec le rythme de vie d’une entreprise. Renaud Dutreil, ancien ministre des PME et ancien patron de LVMH pour la zone Etats-Unis, intervenait justement dans ce débat aux côtés de Jean-David Chamboredon et de Jean-Louis Bouchard, président d’Econocom.

J’ai d’ailleurs pu discuter un peu plus tard dans la soirée avec Renaud Dutreil. Voilà un homme qui grâce à un brillant parcours (Normal Sup puis deuxième de sa promo à l’ENA) aurait pu faire une énorme carrière politique après avoir été ministre des PME entre 2005 et 2007 (on lui doit les lois Dutreil sur le commerce et la distribution ou encore celles sur la transmission et la création d’entreprises, donnant un peu plus de liberté à l’économie). Mais il a préféré partir dans le privé chez LVMH puis créer Belleville Solutions, un fonds d’investissement basé à New-York qui investit dans des sociétés proposant des modèles innovants dans les secteurs des biens de la consommation et de la santé. Eh bien, même si je le sais très proche d’Alain Juppé (qui pourrait être évidemment le recours en 2017 pour la droite), c’est le monde de l’entreprise qui l’attire.

Au dîner, j’ai eu de longues discussions avec Frederic Sebag, président de Groupe Open, Arnaud Zegierman, directeur associé chez Viavoice, un institut de sondage et de conseil, Philippe Klocanas, partner chez Weinberg Capital ou encore Jeremie Jeausserand, avocat chez Scotto Associés. Nous avons parlé de fiscalité, du niveau de nos grandes écoles, de l’opportunité (ou pas) de s’implanter dans des pays émergents : ils m’expliquaient les difficultés à s’implanter en Inde ou au Brésil par exemple, en raison de rigidités ou d’infrastructures indignes d’un pays émergent.

Mais j’aurai l’occasion de revenir sur ces discussions et de vous raconter tout ce que nous nous sommes dit : rien de tel qu’avoir une discussion franche et directe avec un patron pour comprendre son état d’esprit par rapport à l’économie en général – ou aux perspectives de croissance de son entreprise en particulier… Donc à très vite pour la suite de ces discussions.

NB : coulisses d’entreprises, rumeurs, analyses, interviews et surtout, recommandations boursières sur des petites et moyennes valeurs… Retrouvez toutes les stratégies d’investissement d’Eric Lewin sur les midcaps dans Mes Valeurs de Croissance. Regardez le message d’Eric

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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Un commentaire pour “Spring Campus Croissance Plus : Les entrepreneurs sont surmotivés”

  1. […] me rappelle un atelier consacré au Brésil lors du dernier Spring Campus de Croissance Plus. Marcelo Carvalho — chef économiste pour BNP Paribas Amérique Latine, […]

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