Les déceptions se payent cash sur les small caps

Rédigé le 9 décembre 2011 par | Mid et Small Caps Imprimer

La période actuelle ne laisse plus de place aux déceptions. Je m’explique…

Quand les marchés sont très haussiers, une déception ponctuelle sur un titre est souvent considérée comme une opportunité d’achat. Les investisseurs achètent alors sans discernement certaines small caps en se disant que demain sera mieux qu’aujourd’hui. Il n’en est rien dans la période actuelle. Certains titres s’effondrent, déçoivent, et ne rebondissent plus.

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Prenez par exemple CYBERGUN, le leader mondial des armes factices. La société vient de connaître un Black Thursday (un jeudi noir) avec une purge de plus de 15% tout simplement parce qu’elle a enregistré de bien mauvais résultats au titre du premier semestre et que ses prévisions sont plus que mitigées. Son résultat net chute ainsi de 44%, et sa marge nette recule de 5,3% à 2,3%. Sur l’exercice, ce n’est pas 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel que réalisera CYBERGUN mais seulement 90 millions d’euros. Eh bien le marché a été radical : le titre a perdu -15,5%.

Vous me direz… Après tout, la société reste largement bénéficiaire. Vous auriez alors raison… sauf que la société est très endettée avec un gearing* de 116%. Donc 2% de moins sur la marge d’exploitation veut dire une valorisation totalement différente. Ajoutons également qu’en période de credit crunch (gel de l’octroi de crédits de la part des banques), un endettement significatif n’est pas très apprécié des investisseurs.

Tenez, j’en profite d’ailleurs pour vous donner un petit conseil : il faut absolument éviter les sociétés trop endettées qui ont un gearing supérieur à 100% (100 de dettes pour 100 de fonds propres). Car un ralentissement économique plus prononcé sur le Vieux Continent pourrait laisser les entreprises concernées en grande difficulté.

Un autre exemple de déception qui a été lourdement sanctionné par les marchés : S.T. DUPONT. Le spécialiste des briquets ou autres stylos de luxe, que je trouvais hors de prix il y a quelques mois alors que le titre cotait autour de 0,90 euro. Depuis, l’action s’est effondrée et ne vaut plus que 0,40 euro. Mais ce n’est pas pour me gargariser que je vous parle de cette société. Simplement pour vous dire que, pas plus tard que la semaine dernière, à la veille de ses résultats, l’action S.T. DUPONT prenait 22,7% à 0,54 euro sur des anticipations de très bons résultats. Puis, le lendemain, le titre reperdait 18,5% suite à des résultats moins bons que prévu. On payait l’anticipation et on vendait la nouvelle. Certes, les résultats sont en nette amélioration avec un bénéfice net de 1,2 million d’euros sur le premier semestre contre une perte de 0,4 million d’euros un an auparavant. Mais quand vous calculez les ratios, vous ne devez pas acheter S.T. DUPONT. Regardez la comparaison, que je faisais déjà sur le site : l’action se paye sur un PER de 60 avec une marge d’exploitation de 7,7% alors que HERMES – oui HERMES – se paye sur un PER de 45 avec une marge d’exploitation de 32%.

Ne prenez pas le problème à l’envers : ce n’est pas qu’HERMES n’est pas assez cher. Le titre a un niveau de valorisation qui ne peut s’expliquer que parce que LVMH fait une cour effrénée à la société. S’il n’y avait pas ce cas de figure, on ne paierait HERMES pas plus de 25 fois ses bénéfices… Allez 30 fois pour des questions de forte rentabilité ! Car ne vous y trompez pas. Même si on a les yeux rivés sur les décisions politiques et la macro-économie, il ne faut pas laisser de côté les fondamentaux des entreprises. On ne peux pas payer n’importe quoi à n’importe quel prix.

* Décryptage : gearing
Le gearing, terme anglo-saxon que l’on peut traduire en français par ratio d’endettement, établit le rapport entre l’endettement net (les dettes accumulées) et les fonds propres (ensemble des ressources de l’entreprise couvrant le capital social, les réserves, le report à nouveau et le résultat de l’exercice) d’une entreprise. Il s’agit d’un élément important dans l’analyse financière car il permet d’évaluer la solidité financière d’une société. Prenons un exemple : si une société possède 100 millions d’euros de fonds propres et des dettes du même montant, son gearing est de 1. Un ratio inférieur à 1 donne à la direction des marges de manoeuvre tandis qu’un ratio supérieur à 1 peut entraver, au moins provisoirement, son développement. Dans certains secteurs de pointe, le gearing atteint parfois 2 ou 3 car l’entreprise doit fortement investir pour assurer son décollage.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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