Les casinos font tourner la tête des banquiers

Rédigé le 17 octobre 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Par Pierre Havez

La roulette ne rapporte plus autant. Les casinotiers cotés en Bourse font grise mine depuis plusieurs années. Outre l’interdiction de fumer dans les salles de jeux depuis 2007, la crise persistante met à mal leur business model. Tour d’horizon d’une profession dans la tourmente…

Touché, mais pas encore coulé

GROUPE PARTOUCHE (FR0000053548), vous connaissez, est l’un des principaux acteurs du secteur en France. Il gère des casinos du même nom, et affiche des comptes sévèrement dans le rouge depuis plusieurs exercices : -16,68 millions d’euros en 2008-2009, -58,05 millions d’euros en 2009-2010 et -6,95 millions d’euros en 2010-2011.

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L’exercice actuel (2011-2012 clos en octobre) s’annonce encore difficile : la casinotier a publié au troisième trimestre une activité de 112,8 millions d’euros, en repli de 7,7%. Au cumul des trois trimestres, le chiffre d’affaires s’élève à 340,7 millions d’euros, en retrait de 4% par rapport à l’exercice précédent. « Face à la grande morosité connue par le secteur ces deux derniers trimestres », la direction de PARTOUCHE a expliqué mettre en oeuvre des plans de réduction de coûts dans l’optique d’atténuer l’impact de la baisse d’activité sur la rentabilité. Elle a notamment décidé de stopper le Partouche Poker Tour…

Les faibles perspectives n’incitent pas à l’achat, l’action du groupe dégringole de 24% depuis le premier janvier 2012. Sur trois et cinq ans, la valeur plonge respectivement de 76% et 93% ! Le plus-haut remonte à 2006, et le titre cotait alors 20 euros !

Même aux niveaux actuels, je ne m’y risquerais pas…

GROUPE PARTOUCHE (FR0000053548) Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Et vous allez voir que ses concurrents sont dans un cas de figure similaire…

Monaco sous l’eau

Le casino de Monte-Carlo fait rêver avec ses voitures de sport devant l’entrée et sa clientèle de VIP… à l’inverse des résultats du gérant des casinos et des hôtels monégasques.

La société BAINS DE MER (MC0000031187) a en effet enregistré un résultat net dans le rouge à hauteur de 33,2 millions d’euros en 2011-2012 (clos en mars) après une perte nette de 17,3 millions d’euros au cours de l’exercice 2010-2011.

Cependant, une lueur d’espoir : l’entreprise de la Principauté se redresse tout doucement. Au premier trimestre de l’exercice 2012-2013, BAINS DE MER a dégagé 116,3 millions de revenus, en progression de 12%. Mais, là aussi, les perspectives sont moroses. La direction présage encore un exercice « difficile face à une conjoncture incertaine ». L’action suit la tendance de PARTOUCHE, le cours de Bourse chute de 29% depuis le début de l’année, 40% sur trois ans et de 59% sur cinq ans. Le plus-haut a été touché à la mi-2007… à quasi 80 euros. C’est « moins pire » que PARTOUCHE, certes… mais guère plus encourageant.

La Croisette limite la casse

La SOCIETE FERMIERE DU CASINO MUNICIPAL DE CANNES (FR0000062101), l’exploitant de casinos et d’hôtels à Cannes, résiste mieux à la conjoncture difficile que ses concurrents.

Son chiffre d’affaires au troisième trimestre de l’exercice 2011-2012 (clos octobre) ressort à 46,24 millions d’euros, en croissance de 0,9%. Sur les neufs premiers mois, l’activité s’élève à 90,41 millions d’euros, en progression de 0,2%. Outre la solidité de l’activité, l’entreprise cannoise arrive à maintenir sa rentabilité à flot. Au cours de son dernier exercice complet (2010-2011), elle a engrangé un bénéfice de 8,3 millions d’euros.

Cette résistance se ressent dans le cours de l’action, mais… le manque de liquidité sur ce titre lui donne une volatilité énorme. Le dossier est vraiment trop petit pour que vous vous y risquiez : vous risquez de rester scotché.

SOCIETE FERMIERE DU CASINO MUNICIPAL DE CANNES (FR0000062101) Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

En conclusion, la visibilité sur le secteur des casinos restera très limitée tant que la crise ne mettra pas les voiles. A moins d’aimer jouer à de la roulette russe… restez à l’écart.

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