Les 6 commandements de l’investisseur en biotechnologies (Partie 2)

Rédigé le 11 juin 2015 par | Biotechs et Medtechs, Toutes les analyses Imprimer

Comme nous l’avons vu hier, le modèle des grands blockbusters appartient de plus en plus au passé. Comme l’explique brillamment l’investisseur Peter Thiel dans « From 0 to 1 », la clé de la réussite dans les nouvelles technologies est de dominer une niche, non d’essayer de prendre une part d’un marché très large. C’est avec cette niche que la société possédera des fondations suffisamment solides pour son expansion future. Ce qui nous amène donc à la 2e règle d’or de l’investissement sur les biotechs :

REGLE n°2 : Les monopoles technologiques tu honoreras

Pour cette raison, Peter Thiel n’investit que dans des start-up qui développent une technologie de rupture et qui soit difficilement imitable, par opposition à des innovations incrémentales, par petits pas. C’est la condition selon lui pour contrôler durablement un marché.

Un exemple d’application de cette stratégie dans le domaine en plein boom du séquençage génétique est la société Genomic Vision (FR0011799907). Cette société se différencie par une technologie de peignage moléculaire permettant une vision panoramique de l’ADN. Il devient ainsi possible d’identifier des anomalies génétiques jusqu’alors invisibles.

Alors que la pression concurrentielle est très forte dans le domaine très convoité des tests oncologiques, la société a commencé par s’attaquer au problème délaissé de la dystrophie musculaire. A présent elle envisage, en s’appuyant sur un partenariat commercial avec Quest Diagnostic, de déployer sa technologie de tests prédictifs en ciblant notamment le cancer du sein et du colon.

Cela peut vous paraitre contre intuitif, mais lorsque vous analysez le discours des dirigeants, la promesse d’un chiffre d’affaires mirobolant en s’attaquant à un marché de plusieurs milliards de dollars doit vous rendre méfiant. Les marchés massifs sont aussi synonymes de pression concurrentielle écrasante, tant en terme de prix, que de course technologique et de dépense marketing. C’est particulièrement sensible dans le domaine de la santé où l’élasticité de la demande est faible. Soyez davantage alléché par des sociétés qui souhaitent apporter une solution à un problème sur lequel peu de gens se sont penchés.

Une autre illustration intéressante de ce principe est le cas de Sensorion (FR0012596468) Totalement ignorée par les investisseurs lors de son introduction en bourse il y a quelques semaines, l’entreprise était alors incroyablement bon marché (elle cotait alors 4 €) avec une valorisation de moins de 25 M€. Le sujet des troubles de l’oreille interne n’a apparemment rien de révolutionnaire, mais elle avait identifiée un vide thérapeutique complet dans ce domaine. Il n’existe en effet à l’heure actuelle aucun traitement par voie orale permettant aux patients d’éviter une visite régulière chez un spécialiste et de subir une intervention invasive.

Quelques semaines après l’introduction, le marché a fini par reconnaitre le potentiel de cette société et le cours a quasiment doublé en l’espace de quelques jours.

REGLE n°3 : La qualité de la structure actionnariale tu observeras

Une biotech solide devrait avoir des actionnaires initiés de poids : les insiders, c’est-à-dire les fondateurs, les dirigeants et les salariés, sont finalement les mieux informés du potentiel de l’entreprise. Observez donc si les insiders tendent à quitter le navire ou au contraire à renforcer leurs positions. C’est un signal fort de leur confiance dans l’avenir de l’entreprise.

 

MESSAGE IMPORTANT : NE PASSEZ PAS A COTE DE CE POTENTIEL

Si de mon côté j’avoue être complètement ignorant sur le secteur des biotechs, mon collègue américain Ray Blanco est lui expert en la matière.Les biotechs américaines qu’il a choisies enregistrent en ce moment même des gains de 171%, 76,32%, 137% (d’autres n’en sont qu’au tout début de leur progression).Le truc, c’est qu’il pense que ces biotechs ont le potentiel de grimper de 500% ou même 800% pour certaines.

Il m’a demandé de vous faire passer le message pour que vous puissiez en profiter.

Je vous laisse découvrir son service FDA BIOTECH TRADER ici.

Une participation importante des fonds institutionnels est également une bonne chose dans la mesure où elle représente un actionnariat stable. Plus le flottant est important, plus la volatilité du titre risque d’être élevée…

En revanche, il n’est pas forcément anormal de voir un fonds de capital risque réduire sa position suite à une introduction en bourse. La vocation de cette catégorie d’investisseurs est davantage d’accompagner les jeunes pousses lors de leur création et au tout début de la phase développement.

Un exemple exceptionnel de structure actionnariale solide est celui de la société Oncodesign (FR0011766229). Les investisseurs historiques possèdent toujours une part élevée du capital (28%) et le flottant représente moins du quart du capital. Le plus intéressant est que son fondateur et dirigeant, Mr Philippe Genne, détient encore à lui seul 43% du capital et les managers un peu plus de 7%, ce qui leur permet de conserver le contrôle de la société.

Cette situation représente donc pour eux une incitation importante à se concentrer sur l’augmentation des cash flows dégagés par l’activité afin d’assurer le développement de la société à long terme, et donc d’éviter le recours à des augmentations de capital dilutives pour les actionnaires de la première heure.

Je vous retrouve la semaine prochaine avec la suite (et fin !) des 6 règles à suivre quand vous vous apprêtez à investir dans les biotechs.

Bonne fin de semaine !

Bons trades,

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