Les Allemands avaient le moral après la BCE

Rédigé le 22 mars 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Le point d’orgue de cette séance de mardi aurait dû être la publication du baromètre mensuel IFO du climat des affaires et du sentiment des investisseurs en Allemagne (publié en milieu de matinée).

Les Allemands avaient le moral après la BCE, l’entêtement d’Angela Merkel pourrait le ternir.

Des événements tragiques survenus à Bruxelles ce matin viennent reléguer au second plan cette enquête de conjoncture d’habitude très suivie par les investisseurs.

L’indice IFO grimpe de 105,7 vers 106,7 en mars, surpassant le consensus des économistes qui tablaient sur 106. Cela semble traduire l’impact psychologique positif des annonces de la BCE le 10 mars dernier (baisse de ses 3 taux directeurs, accroissement de 30% de la taille du QE et de nouveaux TLTRO (prêts à long terme destinés aux banques).

Reste maintenant à évaluer l’impact de la politique d’accueil massif de réfugiés en Allemagne. La très forte progression des actes de délinquance depuis l’été 2015 dans les grandes villes allemandes accueillant des migrants et la peur d’un afflux de main d’œuvre prête à travailler à n’importe quel prix pour s’en sortir – tirant à la baisse l’échelle des salaires – suscite une opposition de plus en plus marquée au sein des milieux populaires (dont le sentiment est beaucoup moins souriant que celui des milieux d’affaires).

Angela Merkel est, par ailleurs, victime d’un malheureux hasard, même s’il faut bien se garder d’associer immigration et djihadisme : elle répétait hier encore que « la politique migratoire allemande ne changera pas ».

Une écrasante majorité de nouveaux arrivants provenant de pays musulmans, beaucoup de ses compatriotes ne l’entendent plus de cette oreille… et les mesures de sécurité anti-attentats viennent d’être renforcées dans les gares et les aéroports allemands, avec l’islam radical en toile de fond.

Un divorce entre la Chancelière et son opinion publique pourrait déboucher dès 2017 sur la constitution d’une coalition politique hétérogène de sensibilité centriste/sociale-démocrate pour contrer la montée des extrêmes… mais cette cohabitation à la germanique paralyserait pour longtemps la capacité du pays à se réformer en cas de besoin.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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