L’EnterNext Tech 40 : les bonnes intentions sont semées d’embuches

Rédigé le 5 mai 2015 par | Autres indices, Toutes les analyses Imprimer

Pas plus tard qu’hier était lancé le « Tech 40 » : un nouvel indice regroupant 40 entreprises européennes aussi innovantes qu’emblématiques dans le secteur technologique.

Sous l’égide d’Enternext – l’entité dédiée aux PME au sein d’Euronext – ce nouvel indice réunit des entreprises désormais labellisées Tech40. On y retrouve Ausy (FR0000072621), Axway (FR0011040500), GFI Informatique (FR0004038099) ou encore MGI Digital Graphic (FR0010353888), et des biotechnologiques comme Erytech Pharma (FR0011471135) ou Innate Pharma (FR0010331421).

Sur le plan sectoriel, les entreprises technologiques de l’informatique, des médias et télécoms représentent 68% des valeurs référencées, les biotechs pèsent 22% et les 10% restant sont représentées par les « Eco-Industries » (les cleantechs en gros).

La bonne nouvelle, c’est que les entreprises françaises se taillent la part du lion : pas moins de 27 sur 40 y sont présentes avec des capitalisations extrêmement diverses, comprises entre 20 M€ (pour EKINOPS, la plus petite) et un peu plus de 1 Md€ (Galapagos, la biotech belge)

C’est que les critères de sélection, qui seront modifiés une fois l’an, sont d’ordres économique et financiers comme le montant des fonds que les sociétés ont pu lever, ou la croissance de leur chiffre d’affaires

Concrètement, ce ne sont pas des règles fixes qui ont déterminé l’intégration des 40 entreprises référencées mais un comité d’experts formé ad hoc. Dès lors, l’éternelle question est : pourquoi certaines entreprises y figurent et d’autres pas. Pourquoi, par exemple, avoir choisi Soitec (FR0004025062), dont les performances boursières et économiques sont catastrophiques depuis tant d’années ? On peut également questionner la sélection de GFI Informatique plutôt que celle d’Aubay (FR0000063737), dont les publications m’impressionnent depuis plusieurs semestres consécutifs.

Bref, quelques critiques se sont déjà manifestées à propos de ce nouvel indice, et notamment celle  de son intérêt, de sa portée. Sera-t-il dans le giron des investisseurs qui s’en serviront comme d’un benchmark ? Cela ne va pas de soi : quand on parle indices avec les gérants institutionnels, seul le CAC 40 retient leur attention et, à un degré moindre, le CAC Mid&Small. Les autres (comme le CAC PME ou l’Enternext PEA-PME, les petits nouveaux qui ont été lancés dernièrement)… ne comptent pas.

L’idée de faire d’Enternext un hub européen des valeurs « Tech » est bien-sûr une bonne idée. Mais l’Europe est-elle vraiment, sur ce plan, de taille à lutter contre les États-Unis ? Le souci, c’est que ces valeurs sont trop peu liquides, trop volatiles et peu « installées » : elles effrayent les gérants français, contrairement à ce que l’on voit sur les marchés US. Du coup, nos « Tech » vont se coter outre-Atlantique. Rappelons-nous, par exemple, que la pépite française Criteo (US2267181046) préférait, en 2013, se coter directement sur le marché américain plutôt que s’introduire sur le marché français.

Cependant, si le pari n’est pas encore gagné, c’est un bon pas en avant. Le but étant de donner aux sociétés labellisées Tech40 une plus grande visibilité auprès des investisseurs. Enternext organisera ainsi des réunions régulières avec des investisseurs et ces 40 entreprises, pour les aider à mieux gérer leur cours de Bourse. L’intention est louable, encore une fois… mais je ne pense pas que des sociétés comme Saft (FR0010208165) ou Solucom (FR0004036036) aient besoin de quiconque pour gérer leur cours de Bourse…

Bon. Disons que cette initiative va dans le bon sens. J’espère juste que ce ne sera pas qu’un feu de paille.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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