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Le yen a un message pour vous : ça coince !

Rédigé le 2 mai 2016 par | Analyses Forex et Matières Premières, Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Jeudi dernier, les Etats-Unis ont publié un PIB préliminaire à +0,5% contre +0,7% attendu. C’est la progression la plus faible depuis deux ans et cela illustre parfaitement la difficulté des Etats-Unis à maintenir une vitesse de croisière élevée. Dans le détail, c’est surtout le ralentissement de la consommation des ménages, qui pèse pour plus de deux tiers dans la mesure, qui inquiète.

Mais en prenant un peu de recul, c’était toute la semaine dernière qui a été chargée en statistiques… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le calendrier voit rouge :

Pourtant, les facteurs positifs sont nombreux : baisse du pétrole, prêts à taux très bas, emploi qui s’améliore… Mais quelque chose ne tourne pas rond chez l’Oncle Sam.

La peur est en train de saisir les consommateurs ou bien reviendraient-ils à une vie normale moins consumériste ? Attention les lignes suivantes frisent l’utopie.

Le consommateur aurait-il tiré les leçons de ces dernières années ?

Une étude récente montre que des changements fondamentaux seraient en train de s’immiscer chez les Américains : des habitudes alimentaires au mode de vie, une métamorphose se dessine.

Ce sera long et lent, mais les prémices pourraient déjà bousculer le modèle économique basée sur la consommation à tout prix. Fin de la parenthèse utopique.

Qui dit consommation, dit aussi inflation

Et de ce côté-là non plus… rien ne marche.

Le plus grotesque c’est que Mario Draghi pourrait bien réussir son pari malgré lui : le retour de l’inflation… Excusez-moi de ne pas me réjouir mais de l’inflation sans croissance n’est pas franchement une conjoncture idéale… surtout si cette inflation n’est pas due aux mesures d’assouplissement des Banques centrales, mais à un réajustement des prix des matières premières.

Comme je l’ai évoqué, pétrole, matières premières agricoles et métaux amorcent un rebond – ou du moins une consolidation dans leur trend baissier. Mécaniquement, l’effet de base qui a fait plonger l’inflation ces dernières années se dissipe et va venir soutenir la hausse de prix.

Ajouté à cela des sociétés qui doivent maintenir leur marge et ralentir la course au prix bas. Vous avez les éléments réunis pour un retour de l’inflation « garantie sans QE » !

Ma transition vers les politiques monétaires est toute trouvée.

Les Banques centrales prises au piège !

La semaine passée a été également couronnée par trois réunions de Banque centrales importantes et qui viennent illustrer parfaitement la situation.

La Fed tout d’abord se retrouve à devoir assumer un demi-tour rapide sur sa ligne de politique monétaire. En effet, la hausse de taux de décembre censée freiner la surchauffe potentielle de l’économie semble bien loin.

Désormais, une prochaine hausse de taux est anticipée, au mieux, en septembre et vu le discours accommodant encore tenu par le FOMC ce mercredi… elle risque de se faire attendre. Pour mémoire, c’était près de trois hausses que le marché attendait encore fin 2015.

Puis est venu le tour de la banque de Nouvelle-Zélande qui a surpris par son statu quo. Alors que pas mal de cambistes pariaient sur une nouvelle baisse, la RBNZ a laissé sa politique monétaire inchangée. Toutefois, si l’on regarde les derniers chiffres d’inflation publiés la veille par l’Australie, pays voisin et presque jumeau sur le plan économique, on imagine que la baisse de taux pourrait vite revenir.

En effet, avec une baisse surprise de 0,2% en Australie, les prix ont littéralement flanché dans une contrée pourtant habituée à des taux élevés.

Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin : la BoJ !

Précurseur de notre avenir européen, le Japon se débat dans une politique monétaire intenable.

Le marché nourrissait pourtant de nombreuses attentes – même si, j’avoue me demander ce que l’on peut encore attendre de la BoJ qui a exploré à peu près toutes les pistes du quantitative easing

Mais forcément, quand l’attente est trop forte, la déception l’est tout autant : les chiffres du plan japonais et le communiqué de la Banque centrale deviennent anecdotiques. Il n’aura fallu que quelques minutes au marché pour faire remonter le yen de plus de 2%.

Forces relatives des différentes devises : le yen (mauve) en forte hausse.

Un message de la part du yen…

Ce matin, l’USDJPY s’affiche à son plus bas niveau depuis octobre 2014 (le yen est passé sous les 106).

160502_USDJPY

La force du yen est sans doute le signal le plus fort de ce début d’année et surtout le message le plus clair. Le yen symbolise la peur, la crainte, l’aversion au risque. Sa hausse souligne la fin de la toute-puissance des politiques monétaires sur le marché et le début de la phase de défiance envers ces assouplissements. Ou bien, comme le disait Jim Rickards la semaine dernière : cette hausse confirme une nouvelle fois les accords de Shanghai et la guerre des devises.

Ce qui, hier, devait soutenir l’économie et relancer la croissance va devenir demain le centre de la prochaine crise.

Mais souriez : la volatilité va permettre de nombreuses opportunités sur les marchés ! Profitons-en !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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