Le secteur bancaire ne passe pas le stress test de l’analyse technique

Rédigé le 3 novembre 2014 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Une nouvelle et énième batterie de stress tests vient d’être publiée par la BCE. Abondamment commentée par les médias, on a pu lire des titres du genre « Les stress tests français satisfaisants », « Stress tests : toutes les grandes banques réussissent l’examen » et autre scoop du genre « Les banques françaises sont solides » J’en conclus donc que tout va bien pour nos banques. Notre système bancaire est solide, il s’est bien réformé, il n’y a donc aucun danger systémique. Tout va bien : on prend les mêmes et on recommence.

Seulement… en 4 ans, plusieurs stress tests ont déjà été réalisés et, il est évident qu’il y a matière à critiques – tant en ce qui concerne leur méthodologie que leurs critères ou encore leur fiabilité. Rappelez-vous les stress tests de 2010 et 2011 : plusieurs banques avaient passé l’épreuve avec succès… et ont fait faillite quelques mois plus tard (certaines banques Irlandaises et Dexia). Mais, cette fois-ci, croix de bois croix de fer, on remet le couvert et, promis-juré, cette fournée sera la bonne : vous serez définitivement assuré de la solidité du secteur financier (au cas où l’on aurait comme un doute vu les résultats des deux premiers…).

Loin de moi l’idée de polémiquer à ce sujet cependant… un point me fait particulièrement tiquer. Les tests 2014 ont été conduits au niveau de la « consolidation » des établissements bancaires : c’est-à-dire au niveau du « groupe » ; les filiales ont, cette fois, été exclues du périmètre. Hmmmm…. une bonne planque pour entasser les cadavres ? 

Vous m’avez compris. Ces stress tests ne sont donc qu’une opération de communication rondement menée afin de rassurer les marchés et je dirais même les particuliers qui déposent chaque jour leur cash en banque. Le message de la BCE est donc clair (une fois de plus) : « Dormez bien, tout va bien ». Sauf que…

Sauf que, étrangement, l’analyse technique du secteur bancaire – le CAC Financial Index (FRFIN), l’indice qui regroupe les bancaires françaises – nous mettrait plutôt en garde. D’ailleurs mon collègue Mathieu Lebrun a fait le même constat au niveau européen en analyse le Stoxx Europe 600 Banks

141103_FRFIN_hebdoLe CAC Financial Index : des signes d’inquiétude

La semaine dernière, le CAC Financial Index a évidemment rebondi, le marché et le secteur étant réconfortés par les résultats des tests.

Début septembre (pastille rouge), je vous avais déjà parlé du secteur. Les cours fusaient à la hausse suite à une salve d’annonces de la BCE (taux de refinancement passant de 0,15% à 0,05%, taux de facilité de dépôt passant de -0,10% à -0,20%, programme de rachat d’obligations sécurisées, les fameux ABS, etc.). Mario Draghi avait alors sorti l’artillerie lourde.

Les cours s’envolaient vers les 780 points, niveau qui était devenu résistance (auparavant le support du canal haussier vert). Sauf qu’à ce moment, les volumes ne suivaient pas et nous avions des signaux techniques de mauvais augure : j’étais très méfiant et j’ai eu raison.

Après avoir touché cette zone des 780 points, l’indice a dévissé de plus de 15% dans la foulée.

Aujourd’hui, malgré les clinquants résultats des stress tests, et bien que la BoJ (Bank of Japan) accélère son QE (beh oui : si cela ne marche pas depuis 20 ans, c’est qu’ils n’y vont pas assez fort !), certains signes m’inquiètent à nouveau :

141103_FRFIN_dailyQuels objectifs sur le secteur bancaire ?

Résumons-nous :

… tout signal de retournement à la baisse du SMI sera un signal d’impulsion baissière. Nous devrions recasser le support des 700 points avec pour objectif de moyen terme un retour sur les 600 points (rectangle marron).

Même si vous ne jouez pas ce mouvement sur l’indice du secteur financier, suivez bien le développement de ce signal car si le secteur financier confirme son retournement, ce sera un indicateur avancé de la santé du CAC40 dans lequel ces valeurs sont fortement représentées.

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Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

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