Le secteur bancaire : fort potentiel de rebond ?

Rédigé le 27 février 2009 par | Autres indices Imprimer

Les banques françaises publiaient leurs résultats sur l’ensemble de l’année 2008 la semaine dernière. Force est de constater que pour la « crise du siècle », comme dirait notre cher président, ce n’est pas si mal : deux milliards d’euros pour la Société Générale, en tenant compte de l’affaire Kerviel, et trois milliards pour BNP Paribas. Ces résultats ont d’ailleurs été plutôt bien accueillis sur le moment, mais sur la semaine, le parcours des banques a été particulièrement difficile.

Vendredi 20 février : une séance mouvementée En fait, les rumeurs de nationalisation des banques américaines en fin de semaine ont plombé le secteur. L’ancien président de la Fed lui même, Alan Greenspan, hier très libéral, et toujours influent sur le marché, s’est d’ailleurs prononcé pour cette mesure, aussi surprenant que cela puisse paraître… Mais vendredi, en fin d’après-midi, la Maison Blanche a démenti, sifflant sûrement pour un temps le massacre arbitraire des valeurs du secteur. Le graphique de Bank of America concernant la séance de vendredi dernier parle de lui-même. Un début de séance quasi flat… puis une forte chute jusqu’aux 2,50 $ avant de rebondir fortement sur les 4,00/3,75 $.

Graphique de Bank of America

Comme on le voit, entre le point bas de la séance et la clôture, la valeur a repris plus de 50% ! Elle a terminé cette séance sur un chandelier japonais dit « doji » qui, placé là où il est placé, et avec une ombre basse aussi importante, peut être le signe d’un point bas significatif.

Bref, tout cela m’incite donc à examiner de plus près la situation du secteur bancaire techniquement avec vous aujourd’hui.

Secteur bancaire : 14 ans de hausse effacés Pour parler en deux mots du fondamental et sans rentrer dans les détails, il ne faut pas oublier que le coeur de métier des banques reste la banque de détail (sans mauvais jeu de mots), et qu’à y regarder de plus près, les résultats de filiales de marché ne sont pas tous désastreux. Il y a donc de quoi s’interroger sur le massacre des bancaires avec autant d’acharnement ces derniers mois.

Je ne nie aucunement la situation difficile (catastrophique), dont je vous parlais déjà en 2007. Simplement maintenant nous sommes arrivés à des niveaux de valorisation qui commencent à intégrer le scénario du pire pour les prochaines années, et l’on peut se demander s’ils ne sont pas excessifs. Alors regardons la situation technique du secteur, en l’occurrence du Dow Jones Eurostoxx Banks, indice de référence du secteur européen, avec le graphique en données hebdomadaires ci-dessous :

Graphique du Dow Jones Eurostoxx Banks

Comme vous le voyez, il faut prendre beaucoup de recul pour retrouver les niveaux actuels sur le secteur bancaire, puisque nous avons testé la semaine dernière les points bas de mars 1995, zone de support horizontale particulièrement importante.

En moins de deux ans, depuis mai 2007, le secteur est passé de près de 500 points (492) à un peu plus de 100 points actuellement, perdant quasiment 80% là où les indices perdaient 50 à 60%. De même qu’il avait nettement surperformé dans le dernier cycle de hausse 2003-2007, le secteur a aujourd’hui sous performé dans la baisse, puisqu’il est le plus touché par la correction depuis 2007.

Mais, en bon contrarien, et surtout en toute logique, on peut donc en conclure que lors d’un vrai rebond significatif, le secteur bancaire sera le premier à surperformer. C’est important de ne pas l’oublier.

Un potentiel de 100% de gain ? Pour en revenir à la situation graphique de l’indice bancaire européen, on note que la tendance à moyen terme est clairement baissière, et qu’il reste désormais par une oblique baissière très pentue au-dessus des 200 points actuellement. On remarque surtout que l’on peut tracer une autre oblique, quasiment parallèle (pas tout à fait, donc formant un biseau descendant, mais ce n’est pas le sujet), passant par le point bas de juin 2006, les points bas de novembre 2008, et ceux de la semaine dernière !

Graphiquement, nous serions donc arrivés en bas de ce canal ou biseau, et un rebond majeur pour rejoindre les 200 dans les semaines qui viennent est donc possible. Ça vous paraît énorme ? Quand on vient de passer de 500 à 100, reprendre 100% pour passer de 100 à 200 est loin d’être impossible pour ce marché.

Comme par hasard, lorsque l’on retrace la baisse depuis 492 à 102, le premier niveau majeur des 23,6% de retracement ressort à 193, soit très proche de notre oblique baissière d’ici quelques semaines, voir quelques mois, et l’on retrouve aussi cette zone des 190/200 comme ancien support long terme de septembre 1998 et septembre 2001, désormais résistance, et confirmant la pertinence de ce niveau.

Un rebond de 100% du secteur est donc probable !!!

Qu’en est-il des indicateurs ? Bien sûr, dans cette période, les indicateurs ne sont pas haussiers, notamment le RSI. Mais lorsque l’on regarde de plus près, le RSI présente ce que l’on appelle une divergence haussière, c’est-à-dire que les cours continuent de baisser alors que l’indicateur ne marque plus de nouveaux plus bas, signe précurseur d’un rebond important sur l’indice. Cette divergence est en place depuis le point bas de novembre dernier, montrant ainsi que les bas récents constitueraient un excès baissier à « court terme » qui doit être corrigé pour revenir à des niveaux précédant cette divergence.

Pour conclure, aussi bien du point de vue graphique que des indicateurs, la situation technique du secteur bancaire indique qu’un rebond majeur est probable dans les mois qui viennent depuis les récents point bas pour aller chercher la résistance horizontale des 160, ancien point bas de 2002, et proche du point haut de janvier dernier puis les 193/200, retracement de toute la baisse depuis deux ans, résistance horizontale et oblique baissière majeure qui a fonctionné durant toute la baisse depuis deux ans. Ouf ! Vous avez suivi ? En gros, cela fait un potentiel de 100% à jouer…

Cela ne signifie pas pour autant que la tendance baissière à moyen terme serait remise en cause, il faudrait pour cela dépasser nettement la zone des 200 en clôture hebdomadaire, dont le test serait crucial pour la suite des événements à long terme, mais la possibilité d’un rebond de cette taille n’est pas à négliger pour vos portefeuilles.

Le pire n’est jamais certain !

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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