Le secteur auto met le turbo… mais attention à la chute de Peugeot

Rédigé le 23 avril 2012 par | Big caps Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Ô miroir boursier, mon beau miroir… peux-tu me dire quelle classe d’actifs a la plus belle allure cette année ?

C’est sans conteste le secteur automobile, Ô investisseur avisé !

Ô miroir, mon beau miroir, mais dans ce cas… qu’arrive-t-il à Peugeot ?

Ses véhicules sont trop peu présents sur les parkings des aéroports de Hong-Kong, Shanghai et Pékin! Et cela ne s’est pas arrangé en France : le nombre d’immatriculation a chuté de -22% au 1er trimestre 2012 et les ventes des marques PEUGEOT et CITROEN se sont effondrées de près d’un tiers par rapport à mars 2011 !

Nouvelle dégradation de la France ?

Peu importe en fait ! Vous pouvez jouer la volatilité des marchés à la hausse ou à la baisse.

Profitez dès à présent des Turbos pour démultiplier les variations de cours.

Le secteur auto et équipementier rebondit fortement

Vu de l’avenue de la Grande-Armée ou de l’avenue des Champs-Elysées – où PSA et RENAULT ont leur showroom – la hausse de 21% du secteur automobile peut sembler assez contre-intuitive. Mais, cette performance commence à s’éclairer un peu lorsque l’on observe les performances des équipementiers qui vendent indifféremment des pièces à l’ensemble des constructeurs automobiles.

MICHELIN engrange en effet +17,5% depuis le 1er janvier, FAURECIA +19%, VALEO +20%, PLASTIC OMNIUM +38% et RENAULT +39%…

A l’autre bout du spectre, nous avons l’exception qui confirme la règle : PEUGEOT qui s’effondre de -20% à 9,27 euros, nouveau plancher historique. Nous nous pencherons précisément sur ce cas dans un instant mais, déjà, regardez le décrochage entre la valeur et son secteur :

Graphique: Peugeot vs secteur automobile
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

D’autres chiffres recueillis au-delà de nos frontières confortent la performance du secteur auto. Prenons par exemple les Etats-Unis : CHRYSLER a vu ses ventes exploser de 34% sur un an au mois de mars. Son concurrent FORD affiche une hausse de ses ventes de 12% et GENERAL MOTORS flirte avec les +20% grâce au succès d’une gamme de véhicules équipés de la technologie 4X4 – mais bien plus économes en carburant.

Graphique: secteur automobile US
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Parmi les grands constructeurs étrangers, VOLKSWAGEN a enregistré un bond de +35% de ses ventes et enregistre son meilleur score sur le marché américain depuis 1973. Quant au groupe TOYOTA, il annonce des ventes en progression de +15%, idem pour NISSAN-RENAULT. En Allemagne, les immatriculations de voitures neuves ont augmenté plus modestement de +3,5% en mars sur un an, selon l’association des constructeurs automobiles germaniques.

Voyons maintenant ce qui se passe du côté de l’Asie

Les ventes d’automobiles en Chine ont atteint 4,8 millions d’unités (plus de 10 fois les ventes en Allemagne !) à l’issue du 1er trimestre de 2012. C’est impressionnant mais le rythme des immatriculations (ce qui englobe également les poids lourds et les utilitaires) ressort en baisse de 3,4% en glissement annuel.

Seulement, il y a des écarts importants selon le type de véhicule :

  • la production chinoise au 1er trimestre ressort en baisse de 1,83% sur un an, selon les nouvelles données de l’Association Chinoise des constructeurs ;
  • la production de voitures particulières s’est élevée à 3,77 millions d’unités, en hausse de 1,1%, tandis que les ventes ont baissé de 1,25% à 3,77 millions d’unités ;
  • le ralentissement en Chine provient en fait d’un seul segment du marché : les ventes des véhicules commerciaux ! (en baisse de 11,4% en glissement annuel) ;
  • les ventes de véhicules de tourisme ont d’ailleurs recommencé à augmenter en mars après un mois de février très creux lié aux festivités du nouvel an chinois. La hausse atteint +17,3% par rapport au mois de février (à 1,84 million d’unités), soit une hausse de +1,02% en glissement annuel.

Encore une fois, la Chine et les Etats-Unis tirent la croissance

Durant les trois premiers mois de cette année, SAIC, Dongfeng (partenaire de Renault-Nissan) et FAW ont affiché les meilleures ventes (scores voisins de 1 million de véhicules respectivement). Or pour fabriquer toutes ces voitures, il faut beaucoup de pièces détachées, cela tombe sous le sens. La Chine en fabrique donc beaucoup et n’hésite pas à « s’inspirer » (copier) du matériel fabriqué en Europe, à moindre coût naturellement… sauf pour certains équipements « haut de gamme » dont les occidentaux détiennent l’exclusivité des brevets. La Chine (et l’Inde) n’a alors pas d’autre choix que de passer commande au Japon, en Italie, en France ou en Allemagne.

Les équipementiers et les fabricants de pneumatiques surfent donc sur la vague chinoise mais également américaine. Le graphique de l’indice sectoriel a plafonné sous les 730 points le 14 mars, soit trois jours avant le top annuel du CAC 40, du DAX 30, de l’EuroStoxx 50 et du S&P 500. Alors que le CAC 40 n’affiche pas plus de 2% depuis le 1er janvier, le secteur auto gagne encore +20%, ce qui lui laisse en effet un peu de marge pour consolider (le principal support moyen terme se situant vers 580 points, soit 10% plus bas).

Graphique: secteur automobile
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Et puis, nous avons le cas PEUGEOT

PEUGEOT est le contre-exemple parfait en matière de capacité à surfer sur la croissance mondiale…

Le groupe PSA rajoute à ses piètres performances une grosse couche d’incertitude industrielle et commerciale concernant son partenariat avec GENERAL MOTORS et sa filiale OPEL, structurellement déficitaire en Europe depuis une décennie.

PEUGEOT évolue désormais sur un plus bas niveau jamais atteint avec un plus-bas à 9,27 euros.

Graphique: Peugeot
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Cette chute vertigineuse depuis les 33 euros de 2011 (le titre a perdu 72% !) suppose un nombre tout à fait inhabituel de séances de repli et, plus rare encore, l’absence du moindre épisode de rebond technique – sinon quelques rachats de découvert en intraday. Le titre est typiquement dans une spirale baissière orchestrée par les programmes informatiques que nous dénonçons systématiquement. Ce jeu de massacre est parfaitement mené : la valeur d’actif de l’entreprise est totalement ignorée, ainsi que la valeur des brevets ou sa participation majoritaire dans FAURECIA.

Mais à 9,27 euros, PEUGEOT teste la base de son canal baissier moyen terme inauguré sous les 16,2 euros le 24 février dernier : le titre vient d’enregistrer un repli de -39% qui coïncide avec un célèbre ratio de retracement dit de Fibonacci. Les prochains jours nous diront si la spirale baissière est terminée ou si PEUGEOT continue sa descente aux enfers.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

Mots clé : - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire