Le « risque pays » du Brésil au plus haut après les manifestations de dimanche

Rédigé le 16 mars 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Pas moins de 1,5 millions de brésiliens sont descendus dans la rue dimanche (dont 1 million pour la seule ville de São Paulo) pour protester contre le scandale de la corruption par Petrobras et du cartel du BTP.

Certains en profitent − y compris la presse d’opposition − pour réclamer la destitution de Dilma Rousseff qui voit le sol politique (transformé en champs de mine par la « liste Janot ») et économique se dérober sous ses pieds : la croissance du Brésil est revue à la baisse à -0,75% en 2015, sur fond d’effondrement de l’investissement (-16% en 2014 et la tendance négative perdure début 2015 avec une succession de hausses de taux).

Si la présidente n’est pas encore visée nommément dans le plus grand scandale de corruption révélé depuis les années 80, il n’en va pas de même pour la plupart des leaders politiques du pays, et y compris les soutiens les plus directs de Dilma Roussef.

La « liste Janot » a été établie suite à une enquête sur faits de corruption qui remonte sur 15 années : elle porte le nom du procureur général de la République, Rodrigo Janot qui a bouclé cette « enquête du siècle ».

Sa liste comporte 54 noms dont ceux de 12 sénateurs et de 22 députés, et parmi eux, les leaders des cinq principaux partis politiques du pays, dont ceux des 3 formations de la coalition Roussef (un grand classique : les corrupteurs -dont Petrobras en tête de liste-  arrosent tout le monde, sans « parti pris »).

Les présidents des deux chambres, c’est à dire du Sénat, Renan Calheiros, et de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, sont fortement soupçonnés d’avoir touché de pots de vin dans le cadre de cette  affaire.

Si la justice reconnait tous les prévenus coupables et les condamne à l’inéligibilité (conformément à la Constitution), l’élite politique du pays sera proprement balayée et un véritable chaos social sur le thème « tous pourris » risque de s’instaurer, sans parler de l’inflation galopante des prix, surtout ceux des tarifs publics.

Qui dans ces conditions veut encore prendre le risque de miser sur le Brésil ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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