Le rally de fin d’année…Dans quel sens ?

Rédigé le 2 décembre 2008 par | Apprendre la Bourse Imprimer

C’est tout simplement le fait que, généralement à partir de la mi-décembre, les marchés financiers se lancent dans une hausse quasi ininterrompue lors des arbitrages de fin d’année des gérants de portefeuilles, qui se prolonge le plus souvent jusqu’au début de l’année suivante. Ainsi, selon l’almanach de Stock Trader, l’indice du S&P 500 a engrangé une moyenne de hausses mensuelles en décembre de 1,8% depuis 1950, soit la plus forte hausse mensuelle, suivie de près par celle du mois de janvier.

Alors que nous débutons ce mois de décembre, et que notre cher CAC40 affiche une baisse de près de 50% depuis le début de l’année — soit peut-être la pire performance réalisée depuis sa création (!) –, se pose la question d’un éventuel rally de fin d’année.

Toutefois, après un rebond impressionnant de plus de 15% la semaine dernière et alors que la situation technique du marché reste baissière, on peut s’interroger sur ce phénomène saisonnier…

Cette année 2008 est à n’en pas douter une année historique pour les marchés financiers, mais aussi pour l’analyse technique, comme le faisaient remarquer certains de mes collègues au salon Actionnaria il y a dix jours.

Notre indice national n’existe que depuis 21 ans, mais si on prend le Dow Jones, qui a un historique beaucoup plus ancien, l’année en cours est en concurrence avec… 1931, pour entrer dans les annales comme l’année la plus baissière de toute l’histoire !

Pourtant, ce même Dow Jones vient d’enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis plus de trente ans la semaine dernière ! Ce fort rebond est caractéristique des marchés baissiers à leur paroxysme. Est-il susceptible de se prolonger et d’être plus qu’un simple rebond ?

Tout d’abord, on peut remarquer que cette année 2008 est exceptionnelle, avec un grand retour de la volatilité et une explosion de l’aversion au risque ces derniers mois, comme en témoigne l’indice VIX (indice de volatilité du S&P 500), passé en quelques semaines de 20 à 80, et qui pointe encore aujourd’hui à 55, comme le montre le graphique ci-dessous — niveau qu’il n’avait pas atteint, même aux pires heures de la correction entre 2000 et 2003, par exemple.

Indice VIX

Maintenant, regardons plus en avant la configuration technique du S&P 500.

Comme le montre le graphique ci-dessous, la clôture hebdomadaire de la semaine dernière s’est faite sur cet indice, avec une précision impressionnante, au niveau d’une résistance oblique à court terme à 895, qui coiffe les cours depuis septembre dernier et qui devrait être très difficile à passer après un rebond de plus de 15% en dix jours.

Cette zone des 890 correspond en outre également à la moyenne mobile à 20 jours.

Enfin, le RSI à 14 jours ne parvient pas, malgré le récent rebond, à repasser la zone de neutralité des 50%, sans même parler du MACD, qui reste sous un ancien support datant de juillet, désormais résistance autour de -25 !

Dernière question que l’on peut se poser : ce rebond de la semaine dernière s’est-il fait avec un volume important, ce qui tendrait à lui donner un minimum de crédibilité et de force ?

La réponse est non, en cette semaine de Thanksgiving, où il a été facile de tirer les cours vers le haut dans de faibles volumes… Mais le retour de vacances des principaux investisseurs pourrait bien donner lieu à des arbitrages de fin d’année sous forme de nouvelles prises de bénéfices, notamment de la part des hedges funds, qui doivent faire face à des retraits importants de leurs clients ces dernières semaines, et sont donc obligés de vendre des titres sur le marché pour y répondre.

Bref, techniquement, cette zone des 890-895 sur le S&P 500 paraît très difficile à franchir en clôture sur le S&P 500, et devrait donner lieu à un nouveau test des récents plus bas à 741.

SP500

Sur le Dow Jones et le CAC40, la configuration est la même.

En particulier, le CAC40 se situe sous une même oblique baissière à court terme qui se confond avec sa moyenne mobile à 20 jours, résistance au niveau des 3 274 pts, également niveau des plus hauts de la semaine dernière et, à neuf points près, au retracement de 50% de la dernière séquence de baisse entre 3 691 et 2 838 pts, il sera donc très difficile de refranchir cette triple résistance dans les jours ou semaines qui viennent.

Dès lors, à partir de ce niveau, un retour vers les bas de la semaine précédente à 2 838 est probable, et surtout, en cassure, une accélération vers la zone 2 400-2 550, qui correspondrait aux 7 200 sur le Dow Jones, et aux bas de l’année sur le S&P 500, 2 400 étant le plus bas de l’année 2003, et 2550, un niveau de gap haussier ouvert cette même année, jamais comblé jusqu’à présent…

En résumé, cette année 2008 est à marquer d’une « pierre noire », et alors que nous venons de tester des niveaux de résistance importants à court terme après le rebond de ces derniers jours, il n’est peut-être plus temps de croire au Père Noël sur les marchés !

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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