Le problème des prévisions pour les small caps

Rédigé le 6 septembre 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Une des grandes questions qui revient, que ce soit lors des réunions SFAF ou des déjeuners de journalistes et d’analystes, c’est le problème des guidances… Quelles sont vos prévisions ? En avez-vous ? Les analystes, gérants, journalistes ont besoin de chiffres, d’indications pour que les journalistes aient de quoi écrire, les analyses de quoi faire leur calcul de valorisation, les gérants se positionner sur les dossiers – ou pas…

_____________________Pour vous aider dans vos investissements______________________

Turbulences boursières, volatilité, retournements inattendus, krachs…
PERTES INCONTROLABLES : PLUS JAMAIS CA !

Vous pouvez maîtriser les marchés – et votre portefeuille… et cela en seulement 20 minutes par semaine. Voici comment…

Pourtant, les dirigeants se refusent désormais à donner de telles indications. Ils restent évasifs ou même déclarent carrément qu’ils ne veulent pas en donner compte tenu de l’environnement économique ou du climat difficile des affaires. Alors, tout le monde s’en retourne chez soi déçu, en estimant que la réunion manquait de fantaisie et qu’il n’y a pas eu d’annonce choc ; rien de croustillant à se mettre sous la dent, pas d’optimisme qui risque d’être déçu, pas de prudence qui risque de sanctionner immédiatement la société en Bourse… Rien.

La finance n’est pas Voici ou Gala. Nous sommes dans le concret, dans un monde où des patrons, des hommes, ont à gérer un business, ont une activité à maintenir coûte que coûte, à développer, des salariés à gérer, et sont responsables de ce qu’ils avancent, sous peine d’être punis sévèrement. Les chefs d’entreprise (je parle des small et des mid pas des big caps) commencent donc à être très prudents dans leurs communications avec les médias ou analystes, et refusent de se laisser aller à des prévisions qui ne seront qu’hasardeuses car, en réalité, ils n’ont que peu de visibilité économique ou financière.

L’exercice de communication est un exercice de haute voltige. Comme je vous l’ai déjà dit, l’exercice est à double tranchant. Si en septembre, vous avancez des prévisions de marge opérationnelle et que six mois après vos publications montrent que vous avez fait moins que prévu, non seulement votre cours de Bourse dévisse fortement mais en plus, vous perdez la confiance des investisseurs et des institutionnels.

J’insiste sur ce dernier point qui est extrêmement important quand vous vous intéressez aux valorisations des entreprises. Quand vous êtes gérant, surtout dans les compartiments des small et mid caps, vous avez des quantités de sociétés à analyser ; vous devez faire un choix, et donc, logiquement, vous prenez l’habitude de faire confiance aux entreprises qui ne vous ont jamais déçu – je veux dire en termes de communication. Certes, un accident peut arriver, mais si vous savez que tel patron affiche systématiquement des prévisions qu’il ne tient pas, vous ne l’écoutez même plus.

Je fais souvent le tour des valeurs avec certains gérants – un gros brainstorming entre des big ideas et du stock picking – et je suis stupéfait de la rapidité avec laquelle ils passent d’une société à une autre quand ils ont été déçus. Une déception ? Et ils rayent la société de leurs watch list

La problématique n’est absolument pas la même pour les grandes capitalisations. D’abord le discours est extrêmement rodé et ne laisse aucune place à l’improvisation ou à l’hésitation. Chaque mot est pesé, analysé par une batterie de conseillers en comm’. Qu’un accident survienne et l’action baissera mais sans perte réelle de crédibilité… Est-ce que vous voyez franchement des SCHNEIDER, LAFARGE, TOTAL manquer leurs objectifs régulièrement et des gérants ne regardant plus la valeur ? Nous avons eu un cas, dernièrement : VALLOUREC a déçu plusieurs fois de suite les marchés. Eh bien regardez la chute du titre ! Heureusement que c’est une grosse capitalisation : les analystes sont obligés de continuer à la suivre. Les abandons de dossiers dans les blue chips sont extrêmement rares, sauf ceux qui ne cessent de décevoir comme par exemple ALCATEL…

Les communications de small et mid caps sont donc extrêmement compliquées à gérer pour les dirigeants ; et c’est une des raisons aussi pour lesquelles j’insiste pour les rencontrer en maximum en tête-à-tête, afin de laisser un peu plus de place à une relation privilégiée, et pouvoir me faire ma propre opinion sur l’ensemble d’une discussion moins « formatée ». Car même si le patron ne me donnera pas plus de prévisions que ce qu’il a annoncé publiquement, quand vous regardez un patron dans les yeux et discutez à bâton rompu pendant une heure, forcément, vous avez un autre point de vue que quand vous lisez un bilan.

Mots clé : - - -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

Laissez un commentaire