Le problème des investisseurs français

Rédigé le 25 mars 2015 par | Cac 40, Toutes les analyses Imprimer

La majorité des investisseurs français n’achètent des actions que lorsqu’ils pensent que le marché va progresser. Ce qui pose trois problèmes.

  1. Comment savoir si les indices vont monter ?
  2. Ces prévisions ont-elles une chance d’être correctes ?
  3. Que faire lorsque les marchés baissent ?

Plutôt que de jouer à pile ou face, ne vaut-il pas mieux détenir des stratégies qui font fi des cycles de marché ?

Mais auparavant, réalisons un petit sondage qui porte sur les prévisions de performance pour le CAC 40.

Vous pouvez y participer ici, en notant pour chaque réponse la probabilité qu’elle se produise selon vous, entre 0% et 100%. La somme de vos réponses doit donc s’élever à 100.

jc decaux

Je n’ai pas choisi ces questions au hasard, bien entendu. Elles ont été posées à un échantillon d’investisseurs français de tous âges et de toutes surfaces financières par les auteurs de l’étude* que je vous explique aujourd’hui.

Premier enseignement : 8,6% des investisseurs français ne savent pas compter (ce qui n’est pas vraiment un atout lorsqu’on veut investir…). Comment je le sais ? Les auteurs de l’étude n’ont pas pu exploiter les réponses de 328 sondés (sur un échantillon de 3 826 individus), car le total de leurs réponses aux questions ci-dessus était différent de 100. Mais je suis sûr que vous ne faites pas partie de ces 8,6% qui ont du mal avec les chiffres.

Deuxième enseignement : les attentes sur un marché conditionnent largement la détention d’actions, qui elle dépend également des performances passées, des connaissances financières, de l’habileté et du niveau de confiance d’un individu.

On s’en doutait, mais cette étude unique est la première à le démontrer statistiquement.

D’autres papiers avaient fait le lien entre la détention d’actions et l’un des paramètres susmentionnés, mais jamais avec tous ces facteurs en même temps.

Les auteurs de notre étude du jour ont posé d’autres questions à leur échantillon d’investisseurs français. Par exemple : « Si vous prévoyez que le marché va monter dans les cinq ans, quelle serait sa progression maximale (en pourcentage), selon vous ? ». Ou encore : « Si vous prévoyez que le marché va baisser dans les cinq ans, quelle serait sa baisse maximale (en pourcentage), selon vous ? ».

Les réponses varient un peu avec l’âge des répondants, mais c’est un détail. Les chercheurs voulaient surtout évaluer le degré de certitude des investisseurs.

Quel que soit leur âge, 31% des sondés sont totalement certains que le marché progressera dans les cinq ans. C’est-à-dire qu’il y avait, selon eux, 0% de chance que le marché puisse baisser, que ce soit de 1% ou de 50%. Leur conviction que le marché sera haussier est totale.

Inversement, 21% sont intimement persuadés que le CAC 40 reculera pendant cette période, sans l’ombre d’un doute. Cette confiance extrême en leur propre choix est l’un des points forts de cette étude. L’un des plus inquiétants, aussi.

Si vous êtes en train d’essayer de savoir qui a raison, entre les 31% et les 21% mentionnés ci-dessus, je vous conseillerais de ne jamais investir en bourse, ou bien de le faire mais en étant pleinement conscient du fait que vous vous en remettez totalement à la chance. Ceci nous permet au moins de répondre à la deuxième question, qui était : ces prévisions sont-elles fiables ? On vient de voir que ce n’est pas le cas.

Passons maintenant à la troisième question : que peut faire un investisseur lorsqu’il pense que les marchés vont baisser ?

A en croire cette étude, la logique voudrait qu’il n’achète pas d’actions. Voire qu’il n’investisse pas du tout, ni en obligations, ni en matières premières. Rien. Ce qui pose un sacré problème lors de longs cycles baissiers, qui plus est si l’inflation est au rendez-vous. Heureusement, cette logique est fausse, puisqu’elle se base sur des prévisions qui sont elles-mêmes erronées.

En vérité, personne ne sait si les marchés vont monter, reculer ou évoluer latéralement. Pas même les Nobel d’économie ou les stars de Wall Street. Il est donc illusoire – et dangereux – de vouloir construire une stratégie qui soit unilatérale. Il vaut mieux être humble (on ne sait pas ce que demain nous réserve), tout en gardant un esprit opportuniste afin de profiter des retournements de marché. Ou, mieux encore, construire une stratégie qui tire ses bénéfices d’une anomalie de marché. Et que cette dernière ne soit pas affectée par les changements de cycle.

Peu importe donc l’évolution des marchés, et vos convictions profondes. L’essentiel est de suivre religieusement votre stratégie, sans changer de fusil d’épaule au moindre soubresaut. Maintenir le cap à tout prix. Car, finalement, que le CAC 40 soit à 6 000 points ou à 3 000 points, ça ne devrait rien changer pour vous.

A ce sujet, et pour ceux que cela intéresse, je vous rappelle que notre dernière formation se s’appuie précisément sur ce concept-là. On y parle d’une anomalie totalement décorrélée des changements de cycle. L’approche est 100% méthodique et ne laisse rien au hasard, et encore moins aux émotions.

Mais, attention, le prix de cette formation augmentera fortement ce vendredi 27 mars à minuit. Il vous reste donc à peine 48 heures pour en profiter. Pour en savoir plus, je vous invite à cliquer sur ce lien qui vous redirigera vers une vidéo de présentation.

Bonne lecture !

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”

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sylvainfrochaux
sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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