Le point de non retour est atteint pour L’Italie

Rédigé le 11 novembre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

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Analyste et rédacteur du service de trading Agora CFD
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« L’Italie est au coeur de la tourmente », vous disais-je mardi dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a bien été le cas… Et ce, de manière encore plus exacerbée que ce à quoi je m’attendais.

La « zone rouge » des 7% dépassée
Lorsque j’écrivais mon article, je vous expliquais que « les rendements de l’obligataire à 10 ans en Italie ont dépassé les 6,50%. Or, depuis deux ans, la crise de la dette avec les cas de la Grèce, de l’Irlande ou encore du Portugal nous a appris que le point de non retour se situait sur les 7%. Au-delà de ce cap, la charge des intérêts devient intenable… Ce niveau n’est donc pas si éloigné ! » Aujourd’hui en Italie, ce seuil critique des 7% est dépassé. Voyons pourquoi, et quels sont les impacts que cela va avoir.

Mardi, M. Berlusconi a officiellement annoncé sa prochaine démission. Pour autant, et comme je le disais à mes abonnés, je ne voyais pas l’impact réel que cela allait provoquer. Tout serait-il réglé pour autant ? Vu la pente ascendante des rendements obligataires transalpins, j’expliquais mon scepticisme à mes abonnés dès mardi soir.

Le retournement ne s’est pas fait attendre longtemps : la « goute d’eau » est venue dès le lendemain de LCH.Clearnet. En effet, mercredi le relèvement des appels de marge de la chambre de compensation pour négocier la dette italienne a propulsé le rendement des taux à 10 ans italiens proche des 7,50%. Un nouveau record absolu et un point de non retour si on se fie à l’expérience passée.

Pour résumer brièvement les choses, disons que les banques utilisent les obligations souveraines comme garantie pour se financer et trouver des liquidités. Elles transfèrent ainsi le risque de prêt du papier obligataire à ces chambres, en contrepartie d’une marge. Et mercredi, à l’image du mécanisme d’une prime d’assurance, LCH.Clearnet a jugé que son « coût du risque » n’était plus suffisamment rémunéré ; elle a donc « relevé ses tarifs ».

Et là où le bât blesse, c’est qu’à chaque fois que LCH.Clearnet avait relevé ses appels de marge sur les papiers portugais, grecs ou encore irlandais, cela avait constitué un point de « non retour » pour ces pays.

Mercredi donc, l’action de la chambre de compensation coince avec le franchissement du seuil critique des 7% (niveau à partir duquel le poids de la dette devient insoutenable). Cela n’augure donc rien de bon… et les marchés ne s’y trompent pas. Tous les indicateurs vont dans le même sens.

Signaux techniques clairs
Sur les marchés, les classes d’actifs sont cohérentes entre elles et délivrent toutes un message unanime :

  • l’EURUSD vient de sortir par le bas de son drapeau (visible en pointillés sur le graphique) :

Graphique EURUSD
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Graphique Bund allemand
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Les semaines qui viennent s’annoncent donc délicates pour les indices, en Europe particulièrement. A court terme désormais. Vu les enjeux que représente l’Italie, je n’exclus pas une nouvelle « intervention surprise » du FMI ou de la BCE, qui pourrait provoquer un nouveau « bear market rally » sur les indices. Mais malheureusement, j’ai bien peur qu’avant la fin de l’année, le CAC 40 revienne tester ses plus-bas de la fin septembre…

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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Un commentaire pour “Le point de non retour est atteint pour L’Italie”

  1. […] temps, mon attention se focalise sur l’obligataire. Après mes deux derniers articles sur l’Italie, c’est désormais au tour de l’Espagne de “reprendre le flambeau”. Il faut […]

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