Le PEA-PME : ca y est, il est lancé !

Rédigé le 14 mars 2014 par | Mid et Small Caps Imprimer

Le décret instaurant le plan d’épargne en actions (PEA) « destiné au financement des petites et moyennes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire » est paru le 5 mars 2014 au Journal Officiel. Le document, dont la publication était plutôt attendue à la mi-février, officialise la création du PEA-PME instaurée par la loi de finances pour 2014.

Cette nouvelle « enveloppe » qui, comme le PEA « classique », offre une exonération d’impôt sur les plus-values au bout de cinq ans de détention (dans la limite toutefois de 75.000 euros), est destinée à faciliter le financement des PME et des ETI.

Les entreprises éligibles doivent employer moins de 5 000 salariés, réaliser un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1,5 milliard d’euros ou un total de bilan inférieur ou égal à 2 milliards d’euros.

Les investissements peuvent être réalisés via l’achat de « titres vifs » (actions en direct) ou par l’intermédiaire d’OPCVM composés d’au minimum 75% de titres de PME ou d’ETI, eux-mêmes constitués d’au moins 50% d’actions.

Le CAC PME : un indice dédié

Le PEA-PME, qui peut être souscrit seul ou en plus d’un PEA « ancienne formule », devrait normalement doper l’appétit des épargnants pour les small & mid caps. Avant même la publication du décret, des assureurs, des banques, des courtiers ou des gérants ont annoncé le lancement de fonds ou de produits éligibles au PEA-PME.

Mieux : Euronext, le gestionnaire de la Bourse de Paris, a élaboré un nouvel indice dédié, le CAC PME : « La création du PEA PME pourrait générer 2,5 milliards d’euros de liquidités nouvelles pour les PME-ETI, permettant ainsi de drainer une partie de l’épargne des investisseurs particuliers vers des investissements productifs et générateurs d’emplois, en d’autres termes de connecter une partie de l’épargne au financement de l’économie réelle », s’est félicité Anthony Attia, le PDG d’Euronext Paris dans un communiqué diffusé le 5 mars.

Les ETI, les grandes gagnantes

Reste que lorsque l’on voit la composition du CAC PME, on remarque que ce sont surtout les ETI qui se taillent la part du lion. (Je vous renvoie pour plus de détail sur la composition de cet indice à l’article d’Eric Lewin)

Sur les 40 valeurs de l’indice, seulement 2 sont cotées sur Alternext et 9 dans l’Eurolist C tandis que 20 sont présentes sur le Compartiment B et 9 dans le Compartiment A pourtant réservé aux grosses capitalisations. Et encore : parmi les valeurs sélectionnées dans le Compartiment C, on trouve des entreprises comme l’équipementier aéronautique Latecoere ou le conglomérat industriel Chargeurs. Pas vraiment la petite entreprise du coin !

Leur cours de Bourse depuis le début de l’année a de quoi faire saliver : +7% pour Latecoere et +23% pour Chargeurs. En réalité, le poids des grosses valeurs moyennes n’a rien d’étonnant. Ce sont elles qui offrent la meilleure liquidité et donc les plus accessibles tant pour les fonds que pour les particuliers. Au final, le PEA PME risque de profiter aux sociétés qui n’en ont pas forcément le plus besoin… et reste à ce jour un bon levier marketing pour les sociétés de gestion qui vont pouvoir rebondir sur ce nouveau produit.

Bernard La Brosse

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