Le marché obligataire italien a connu sa pire semaine depuis fin mai 2015 | La Bourse au Quotidien


Le marché obligataire italien a connu sa pire semaine depuis fin mai 2015

Rédigé le 22 mai 2018 par | Statistiques et données macro, Toutes les analyses Imprimer

Le rendement du BTP (bon du Trésor italien) à 10 ans a fait un bond de 20 points de base lundi, à 2,415%. En l’espace d’une semaine, il s’est donc envolé de 70 points de base, sa plus mauvaise performance depuis fin mai 2015.

10 Y IT Le rendement du BTP italien à 10 ans a enregistré une hausse spectaculaire en mai. Cliquez sur le graphique pour l'afficher en grand.

Le rendement du BTP italien à 10 ans a enregistré une hausse spectaculaire en mai. Cliquez sur le graphique pour l’afficher en grand.

A l’époque, la Fed avait jeté un froid en avertissant un peu brutalement les marchés de son intention de normaliser sa politique monétaire. En l’occurrence, la cause du sell-off sur la dette italienne est endogène : le contrat de gouvernement présenté jeudi dernier par la coalition La Ligue/5 étoiles propose de revoir la gouvernance économique européenne, et de refondre la fiscalité en instaurant une flat tax (même leur opposant, Silvio Berlusconi, applaudit cette mesure) de 15% sur les plus modestes et de 25% sur les plus riches.

Vers un revenu universel italien ?

La mesure qui suscite le plus de débats théoriques est cependant la mise en place d’un revenu universel de 780€ par citoyen (un montant qui a sans doute été mûrement réfléchi).

Quant aux deux mesures qui inquiètent le plus les détenteurs de dette italienne, il s’agit de l’instauration d’un moratoire sur le paiement de la dette italienne et de la réforme des retraites.

Cette dernière enterrerait celle – très impopulaire – mise en place par Matteo Renzi et permettrait aux salariés qui le souhaitent de cesser leur activité de manière anticipée (ce qui libérerait en théorie de nombreux postes pour les plus jeunes), moyennant une pension plus modeste.

Surendettement

Selon les estimations, l’addition du coût du revenu universel et de la réforme des retraites atteindrait quelque 100 milliards d’euros, sans la moindre piste sérieuse concernant le mode de financement de ces mesures, alors que le pays est déjà surendetté…

Il reste que, sans retour de la croissance, la situation ne fera que s’aggraver. Il faudra bien finir par briser la spirale de l’échec.

Et si la fuite en avant nous menait à Rome ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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