Le marché existe-t-il encore ?

Rédigé le 21 juillet 2009 par | Big caps Imprimer

Jamais la manipulation des indices n’avait atteint un tel degré d’intensité et n’avait été aussi voyante et exercée avec un tel cynisme.

Le message à l’attention des analystes techniques et des day traders est clair : « tout ce que vous croyez voir ou savoir ne vaut plus rien, nous disposons d’un arsenal de logiciels de gestion des carnets d’ordre capables de prendre n’importe quelle stratégie découlant d’un consensus à contre-pied ». Voilà, en quelques mots, ce que pourrait dire les Goldman Sachs et autres institutionnels…

La sécurité n’existe plus nulle part, l’impossible devient possible et c’est même l’hypothèse de travail la plus probable !     La Bourse de Francfort a enregistré une hausse de +9,3% la semaine dernière au prix de cinq séances de hausse consécutives sans aucune correction intermédiaire, comme si une « machine », programmée pour tirer inexorablement les cours vers les 5 000 points, avait remplacé l’intervention humaine.

Ce n’est certes pas le gain hebdomadaire le plus spectaculaire des dix dernières années. Il y avait bien eu +13% fin novembre 2008 (c’était en plein krach et le DAX30 venait de perdre 40% en deux mois). Mais c’est la première fois depuis mars 2003 (également au sortir d’un krach) qu’un rebond d’une seule semaine efface d’un coup les pertes des cinq précédentes.

Plus près de nous, il avait fallu pas moins de deux mois pour effacer les quatre semaines de repli du 6 février au 9 mars 2008.

Le DAX30 a finalement clôturé au-dessus des 5 000 points pour la première fois depuis le 12 juin, comme si le rendez-vous de la journée des Trois sorcières avait littéralement aspiré les cours vers le haut.

Le DAX a rebondi sur les MM100 et MM150 regroupées vers 4 540 points, sans avoir testé le principal support graphique qui se situait sur les 4 500 : il n’a ensuite mis que 48 heures pour déborder la résistance oblique des 4 770 points et il ne lui a fallu que 24 heures de plus pour franchir simultanément la MM50 (4 870 points) et la résistance des 4 910 points, correspondant aux zéniths du 8 mai et du 1er juillet dernier. Mais le plus prodigieux, c’est qu’il n’aura fallu que trois séances de Bourse pour anéantir une formation en « tête/épaules » (parfaitement construite) que la cassure des 4 700 points avait intégralement validée (avec cinq séances de correction sous le support moyen terme).

Le taux d’échec lors de la formation d’une E/T/E sur une période de trois mois est quasi nul. Une invalidation en trois séances… cela n’a tout simplement jamais été observé sur un indice boursier majeur comme le DAX30, le CAC40, l’Euro Stoxx50 ou le S&P500.

 Le prochain objectif à la hausse sur le DAX ? C’est désormais le record annuel des 5 150 points de début juin. Mais la spirale haussière peut-elle aller jusque là ? Si les trading programs s’en mêlent, si les fluctuations de cours induites par la psychologie humaine sont balayées par les algorithmes, rien n’apparaît plus impossible… mais alors… que reste-t-il de la notion de marché ?

[Ndlr : et si vous voulez lire les analyses complètes de Philippe Béchade sur cette manipulation de marché, lisez ses articles du 16 et 17 juillet : http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090716-1978.html

http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090717-1982.html]

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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