Le Dow Jones : le grand écart des pronostics, mais un potentiel de 33% dans tous les cas

Rédigé le 26 mars 2009 par | Analyses indices, Big caps, US Imprimer

Le Dow Jones reste le seul des trois grands indices américains à présenter un scénario graphique qui satisfait toutes les exigences d’un chartiste cherchant à démontrer la pertinence des canaux de tendance. Nous avons eu en effet une succession idéale de trois cycles de rebond/correction successifs, d’ampleur pratiquement équivalente s’inscrivant entre les deux bornes du corridor (baissier en l’occurrence).

Le Dow Jones a d’abord testé les 7 880 points le 28 octobre dernier pour se hisser vers 9 650 points (+22,4%) début novembre, puis a rechuté sur les 7 500 points le 20 novembre pour rebondir vers les 9 080 points le 6 janvier (+21%) avant de dégringoler vers 6 470 points (plancher annuel 2009, plancher des 3 et 15 avril 1997 puis du 31 décembre 1996).

En adoptant un point de vue purement « mécaniste », le sursaut amorcé le 9 mars pourrait avoir une amplitude de 21,5% ou 22%, ce qui validerait un objectif de 7 850 à 7 900 points. L’indice vient de tester, le 24 mars, les 7 800 points, s’inscrivant à 1% de l’objectif théorique avant d’effectuer un pullback sur les 7 650 points (la moyenne mobile à 50 jours), à une longueur et demi de son ex-plancher annuel des 7 550 points des 20 et 21 novembre 2008 (un bon point d’appui potentiel à court terme).

Une nouvelle cassure des 7 400 remettrait en cause tous les scénarios haussiers court terme, et surtout la possibilité de voir le Dow Jones valider l’intégralité du « V » haussier amorcé sur les 6 500 points.

C’est l’hypothèse de travail la plus attrayante du point de vue des chartistes que j’ai rencontrés les 19 et 20 mars au salon de l’analyse technique. Elle autorise le Dow à rejoindre la MM100 qui gravite vers 8 150 points, laquelle se confond avec le sommet du canal baissier moyen terme, sans invalider le pronostic baissier moyen ou long terme.

En cas de récidive des pressions baissières (confirmation sur cassure des 7 100 points), le Dow Jones ne retrouverait un bon soutien qu’à partir de 6 170 et 6 200 points (base du canal baissier), sachant que l’un de principaux objectifs pour fin 2009 se situe vers 5 400 points.

Le scénario alternatif est aux antipodes puisque de nombreux stratèges, qui tentent d’établir des parallèles entre la période 1929/1932, estiment qu’une période d’euphorie boursière — peut être amorcée depuis le 9 mars — préfigurerait un retour au contact des 10 000 points et peut-être jusque vers 10 300 points, le Dow Jones effaçant dans ce cas 50% de pertes subies entre 14 200 et 6 500 points.

Autrement dit, à partir d’un seuil pivot de 7 800 points, les anticipations font le grand écart entre +33 et -33%… les pessimistes ne manquent pas de souligner que la tendance est de leur côté.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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