Le dollar australien profite du choc des commodities… jusqu’à quand ?

Rédigé le 5 mars 2012 par | Matières Premières Imprimer

Il faut bien reconnaître que l’économie australienne fait une traversée remarquable de la crise. Dotée d’une position géographique idéale avec des partenariats commerciaux privilégiés avec l’Asie et d’un sol riche en matières premières, l’Australie a créé 46 000 postes le mois dernier et a vu son taux de chômage baisser à 5,1%.

Ainsi la voie semble royale pour le dollar australien dont la progression est encore amplifiée par le carry trading. En effet, la banque centrale australienne a maintenu ses taux à 4,25% alors que bon nombre d’analystes anticipait une baisse. Le gouverneur, Glenn Stevens a ainsi marqué sa confiance en l’économie de son pays malgré les turpitudes européennes.

Une devise qui a la cote !
Dans ces conditions, le dollar australien n’a pas mis longtemps pour rejoindre ses niveaux d’août 2011. La devise s’échangeait mercredi dernier à 1,0815$US et près de 87 yens alors que l’euro ne vallait plus que 1,2450$AUD.

Graphique: AUD Index
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L’indice global de la devise, qui compare le cours face à un panier de devises concurrentes, a progressé de plus de 8% depuis novembre alors que l’euro, malgré sa récente hausse affiche toujours un recul de plus de 2,4% sur la même période.

Les matières premières et la confiance tirent la devise vers le haut
Le vecteur principal de la hausse de la monnaie australienne est bien sûr la forte progression des prix des matières premières. Cette hausse, nourrie par l’appétit pour le risque, dope les indices actions.Regardez ce comparatif entre le CRB (Commodity index) pour les matières premières, le S&P 500 et la paire AUDUSD qui oppose le dollar australien et américain.

Graphique: AUD CRB S&P 500
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La corrélation est évidente. Les investisseurs reprennent confiance grâce aux différentes mesures de la BCE pour éviter le défaut et soulager le marché interbancaire. (On se demande d’ailleurs bien pourquoi…) Anticipant une reprise, même modeste de la consommation, couplée à des mesures d’assouplissement monétaire, inflationnistes par nature, le prix des matières premières grimpe et ainsi les devises des pays producteurs en profitent comme le dollar australien.

J’EN AI MARRE !!!
J’en ai ASSEZ d’entendre parler des déficits de la zone euro… de la monnaie papier contre l’or… des Triple A ou Triple Z… des problèmes des PIIGS… et autres théories économiques ENNUYEUSES sur lesquelles vous n’avez AUCUN contrôle.

La vérité, c’est que si vous voulez faire des gains dans les marchés actuels, rien de tout ça n’a d’importance !

Il suffit d’aller chercher les opportunités ailleurs : je vais vous montrer comment…

 

Méfiance à court terme !
Si la hausse des matières premières ne fait que peu de doute à long terme, je suis beaucoup plus prudent à court terme tant l’engouement est fort ces dernières semaines. Si, comme moi, vous avez une voiture gourmande en essence, votre portefeuille l’a ressenti.

Or, j’ai une règle de trading simple : quand on commence à parler d’un thème boursier au journal TV de 20h, je me dis toujours qu’il faut se méfier. Or, ces derniers temps, la hausse des matières a fait les gros titres et appelle donc à la prudence également sur la devise australienne.

Surtout que le différentiel de taux d’intérêt entraîne une véritable ruée vers les devises à fort rendement. Cela vient donc gonfler et amplifier la hausse fondamentale de la monnaie par la spéculation.

Or, comme nous l’avons vu à maintes reprises, le retour de l’aversion au risque peut entraîner des mouvements de retournements brutaux comme en septembre 2011 où la paire avait chuté de près de 13% en un mois.

AUDUSD : patience, le signal n’est plus très loin…
Et comme la macro-économie, la situation graphique invite à la prudence à court terme. La paire évolue depuis plusieurs jours entre deux bornes clairement définies. Après avoir testé la zone de retracement à 23,6% de la hausse initiée en décembre (1,0610), la devise s’est redressée sans pour autant parvenir à franchir le point haut à 1,0845.

Graphique : AUDUSD – 4heures
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L’utilisation des ratios de Fibonnacci est un bon moyen de mettre en place une stratégie efficace. J’y reviendrai pendant mes conférences lors du salon de l’Analyse Technique du 23 et 24 mars, mais rien ne sert de vouloir être dans le premier train, mieux vaut prudemment attendre que l’on soit dans le bon sens. Ainsi, dans cette configuration, il suffit d’attendre les ruptures des zones importantes.

A la hausse : vous pourrez acheter le franchissement du plus-haut vers 1,0850 pour viser une vague de hausse vers 1,1005.
A la baisse : vous pourrez vendre la paire sur la rupture à 1,0610 pour viser un retour dans la zone située entre 1,0460 et 1,0350 (38,2 et 50% de retracement).

Toutefois, la tendance haussière est solide et seule une cassure des 1,0350 puis 1,0235 remettrait en cause le biais actuel.

Vous l’aurez compris, le dollar australien a de beaux jours devant lui, mais offre de belles opportunités à la hausse comme à la baisse pour les plus actifs (mais prudents) d’entre vous !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

Un commentaire pour “Le dollar australien profite du choc des commodities… jusqu’à quand ?”

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