Le DAX, un indice fort, en route vers les 2 700 points ? (1)

Rédigé le 10 février 2009 par | Autres indices Imprimer

Après la crise japonaise, et le S&P, leader des indices outre-Atlantique, je continue en ce début d’année mon tour d’horizon des indices actions mondiaux. Aujourd’hui, que nous réserve donc le DAX, l’indice vedette allemand ?

Le DAX, l’indice fort qui donne la tendance Pour commencer, je dois vous faire une confidence : j’aime beaucoup cet indice parce que je trouve que la plupart du temps, ses configurations graphiques sont claires ; et que ce soit à court ou à moyen terme, quand on observe une réaction sur un niveau, elle est nette. Bref, selon moi, le DAX donne rarement de faux signaux, contrairement à d’autres indices européens comme le CAC 40 ou le Footsie pour ne citer qu’eux.

En outre, l’Allemagne est la première puissance économique européenne, quatrième mondiale, et le DAX est l’indice directeur en Europe pour moi. C’est-à-dire qu’il donne la tendance sur les marchés actions de notre continent. En tant que trader, vous ne pouvez donc pas l’ignorer.

Je pourrais faire une chronique entière sur la façon de l’utiliser pour anticiper l’évolution du CAC ou du SMI, au niveau des corrélations et des secteurs en particulier, mais citons juste un seul exemple. Quand le DAX gagne 1% lors d’une belle matinée et que le CAC en gagne 0.1%, sachant que le DAX est l’indice directeur, dans la majorité des cas, cela signifie que la tendance est haussière. Si le CAC progresse moins, c’est en général parce que le pétrole baisse (poids de Total) ou parce qu’il y a eu une nouvelle sur une valeur qui l’affecte. Dans ces configurations là, j’achète le CAC, qui va, dans la plupart des cas, suivre son homologue allemand.

Mais laissons les corrélations, et revenons à la situation économique de notre voisin Ces dernières années, l’Allemagne a connu une croissance plus forte que la plupart de ses voisins continentaux comme la France, mais aussi l’Espagne et l’Italie, pour prendre des pays relativement comparables.

Mais après 2,5% en 2007, la croissance en 2008 est plus proche de 1,7%. Surtout, l’Allemagne a connu deux trimestres de récession en 2008, et les prévisions du ministre des Finances pour cette année sont de 0,2% à -1%, ce qui en ferait la pire année depuis 1945.

Le chômage s’affiche à 7,4% (pas pire que chez nous…), et il a décru tout au long de l’année 2008, pour passer sous la barre des trois millions de chômeurs, pour la première fois depuis 16 ans.

Grâce à la compétitivité de son industrie, et à la vigueur de ses exportations, l’Allemagne, bien que touchée par la crise, semble donc mieux résister que ses voisins.

Qu’en est-il de son indice vedette ? Le DAX ne fait que confirmer cette meilleure « résilience » de l’Allemagne à la crise depuis deux ans. Ainsi, depuis ses tops à plus de 8 000 points, l’indice n’a perdu qu’un peu plus de 41% au cours de vendredi dernier, contre 48% pour le CAC par exemple.

Pourtant me direz vous, c’est peut être simplement qu’il avait moins progressé avant ?

Eh bien non, c’est tout le contraire. Le DAX a connu une progression beaucoup plus forte que le CAC 40 durant le cycle de hausse entre 2003 et 2007, connaissant une hausse de plus de 270% entre ses bas de 2003 à 2 188 points et son top de 2007 à 8 151 points, tandis que le CAC en gagnait à peine 160%. Encore une fois, cela montre que le DAX est non seulement directeur, mais c’est un indice fort, qui a plus progressé pendant les hausses et moins consolidé durant la baisse moyen terme en cours.

Il s’est même permis de tester son top de 2000, en le dépassant d’un cheveu sur une échelle long terme, dessinant un joli double top à ce niveau en 2007/2008 à 8 100/8 000, et donc même un triple top à long terme.

Depuis, la chute a été vertigineuse, comme tous les indices mondiaux, mais il est beaucoup plus loin de ses supports long terme que le CAC ou même que ses homologues américains.

En effet, là où le Dow Jones a moins de 20% à perdre pour atteindre son point bas de 2002, et le CAC moins de 30% pour atteindre celui de 2003, le DAX a plus de 50% de marge par rapport à celui-ci !

C’est à mon avis quelque chose d’important à savoir, car si cette année le CAC casse son point bas de 2003 alors que le DAX se maintient confortablement au-dessus, cela pourrait être un faux signal sur le long terme pour l’indice français.

En d’autres termes, cela ne me surprendrait pas, mais cela ne changerait pas la nature de la correction sur les indices actuellement. Car pour cela il faudrait que le DAX casse lui aussi son point bas de 2003 à 2 188 points.

Jeudi, nous nous pencherons sur la situation graphique du DAX précisément pour voir où il peut aller… et, vous l’avez compris, ce que nous pouvons attendre du coup pour notre CAC 40.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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