Le CAC40 GR bat tous les autres actifs en avril (sauf un ; et c’est bien le problème) | La Bourse au Quotidien


Le CAC40 GR bat tous les autres actifs en avril (sauf un ; et c’est bien le problème)

Rédigé le 7 mai 2018 par | Actions, Analyses indices, Cac 40, Indices, sociétés et marchés, OR / GOLD, Trading, Bourse Imprimer

Puisque l’événement est passé totalement inaperçu vendredi, nous allons faire un peu de buzz là-dessus : nos (très) chères actions françaises sont parvenues à un nouveau zénith historique de clôture à 14 200 points.

Oui, 14 200 points, voilà le nouveau record absolu inscrit vendredi par le CAC40 Global Return en fin de séance, soit 80 points de plus que son précédent zénith de clôture du 22 janvier dernier.

Le CAC40 GR (calcul de l’indice du CAC40 en réinvestissant les dividendes, comme le DAX) a gagné +1,1% la semaine dernière, contre +0,6% pour le CAC40 « classique » (duquel Euronext retranche les dividendes distribués, ce qui fausse grandement la performance réelle depuis sa création en janvier 1988 : 5 500 points hors dividendes, 14 200 une fois les dividendes réinvestis : la différence sur 30 ans est abyssale).

Le CAC40 GR atteint les 14 200 points

Pour bien apprécier ce dernier record, il y a bien sûr le score… mais il y a aussi la manière.

Et la manière nous interpelle puisque le CAC40 GR vient d’aligner 14 séances de hausse sur 16 et 20 sur 26 depuis le 26 mars (aucune consolidation n’ayant duré 48 heures). Nous en sommes donc à une séquence de 6 semaines de hausse systématique sans un seul pullback de plus de 0,6%.

J’ajoute que c’est la seconde fois de l’histoire que le CAC40 GR gagne plus de 1 000 points sur un mois boursier : +1 140 points au mois d’avril 2018, soit +7,23% ; il avait gagné le record de 1 340 points sur le mois d’octobre 2015, mois durant lequel il a gagné +10,02%.

Alors comparons ces performances à celles d’autres actifs, histoire de remettre un peu l’exploit en perspective.

CAC40 GR : seul le 2 ans US fait mieux sur le mois !

Contexte ? Encore plus de dette pour propulser les actifs

En octobre 2015, le plafond de la dette américaine venait d’être relevé à 18.000 Mds$ ; fin avril 2018, cette même dette pulvérise la barre des 21.000 Mds$ et progresse désormais à un rythme supérieur à 500 Mds$ par trimestre, soit plus de 2.000 M$ par an, c’est à dire 4,5 à 5 fois plus que la richesse additionnelle générée par la croissance (+2,3% aux dernières nouvelles).

La question de la dette a vaguement inquiété Wall Street il y a 10 jours (avec le franchissement des 21.000 Mds$) et cela a duré une petite semaine, avant que les investisseurs trouvent la parade : comme par un coup de baguette magique, tous les soucis de Wall Street se sont volatilisés avec l’annonce de l’achat de 75 millions de titres Apple par Berkshire Hathaway sur le premier trimestre 2018.

Le fonds d’investissement de Warren Buffett détient désormais l’équivalent de 45 Mds$ de titres du fabriquant des iPhone X, ce qui en fait le second actionnaire, juste derrière Vanguard (6,65%) et devant Black Rock (6,35%)… les trois titans planétaires de la gestion d’actifs détenant 20% du capital.

Vous l’avez compris : l’annonce du plan de rachat de 100 Mds$ de ses propres titres puis l’annonce de Warren Buffett ont écrasé toute réflexion critique sur le business-model du groupe de Cupertino, basé désormais sur l’effet snob consistant à arborer un objet dont tout le monde sait la valeur (supérieure à 1000$, ce qui équivaut désormais au prix d’une voiture d’entrée de gamme en Inde).

Pour en revenir à Wall Street, un autre record nous donne le vertige : il s’agit du nombre d’onces d’or (l’once valant 1 308$) qu’un contrat à terme sur le Dow Jones (24 260 points) permet d’acheter, à savoir 18,6 ! Et ce ratio, au matin de ce 7 mai 2018, est strictement identique à celui de début octobre… 1929.

Nombre d'onces d'or qu'un contrat à terme sur le Dow Jones (24 260 points) permet d'acheter Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Je dis cela juste comme ça…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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