Le blé proche d’un rebond ? Pourquoi pas !

Rédigé le 3 juin 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

S’il y a une matière première qui est déprimée, c’est bien le blé. En baisse continue depuis 4 ans, tous les facteurs semblent toujours orientés pour une poursuite de la baisse… Pourtant,  quand tout le monde regarde dans le même sens, le danger n’est jamais loin.

Une production toujours en hausse

La Fao, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a publié hier son rapport biannuel sur les perspectives de l’alimentation.

160603_ble_graphique_faoLes chiffres confirment les perspectives qui ont poussé les prix du blé à la baisse : la production augmente alors que la consommation diminue légèrement. Ainsi les stocks devraient atteindre un record de 15 ans à environ 210 millio160603_ble_rapport_faons de tonnes.

Dans ce contexte, logique que le cours du blé ne cesse de se dégrader avec sur le CBOT un boisseau à 484c$ et sur Euronext un future septembre à 167.75€ la tonne alors qu’un an auparavant, nous étions encore à près de 200 €.

Une météo favorable, sauf en Europe

A plus court-terme, les spécialistes jettent un œil sur les conditions météos des récoltes.

Ne soyez pas jaloux, mais tous les signaux sont au vert aux Etats-Unis : les récoltes sont bien avancées et les conditions météorologiques optimales. Même au Canada, le retour de quelques pluies semblent salutaires (no comment…). La seule inquiétude viendrait ainsi de l’Europe et du risque de maladies liées aux fortes intempéries.

Une fois ces considérations fondamentales prises en compte, tournons-nous vers notre indicateur du Commitment of Traders (explications du COT ici) pour analyser le positionnement des professionnels.

Distribution acheteuse possible…

Plus que n’importe quel marché, celui des matières premières oblige à toujours avoir un coup d’avance, en essayant de ne pas se mettre les plus grosses mains à dos.

160603_ble_graphique_cot

En observant le COT, on constate un début de distribution des positions acheteuses (protégeant de la baisse) de nos commerciaux (en rouge).

Cela pourrait signifier qu’une bonne partie des nouvelles « baissières » que j’évoquais en début d’article sont déjà dans les cours. Et en regardant un graphique plus technique, nous constatons plusieurs choses validant une probabilité de rebond.

160603_ble_graphique_technique_d1

Sur ce graphique quotidien, nous constatons nettement le ralentissement de la baisse des cours et de la volatilité. Les seuils entre 456 c$ et 443 c$ sont désormais considérés comme des supports solides à moyen-terme.

Le dépassement actuel des 480 c$ pourrait être le signe précurseur d’une reprise plus forte entraînée par la volatilité sur le marché des changes et un billet vert agité, qui pourrait convaincre certains acheteurs de passer à l’acte plus rapidement pour éviter d’avoir un effet de change défavorable.

Mieux, le blé en Europe pourrait voir son prix augmenter encore plus vite si l’EURUSD devait corriger de nouveau.

160603_ble_graphique_technique_ha

Ma stratégie serait donc d’acheter un repli entre 475 et 469 c$ le boisseau tant que 450 tient. Le potentiel haussier reste limité à moyen-terme par les fondamentaux médiocres, mais l’idée est de jouer un rebond de court terme sur les 500/510 c$ et pourquoi pas en cas de surprise sur les récoltes, un retour à 530 c$.

Cet achat reste toutefois très spéculatif et à contre-tendance.

Bonne moisson…

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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