LANSON-BCC : mon entretien avec Nicolas Roulleaux-Dugage

Rédigé le 20 septembre 2012 par | Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Je ne suis pas un grand connaisseur en champagne. Certes, je sais qu’un Roederer est sans doute plus agréable qu’un champagne de grande distribution mais ma culture en la matière s’arrête bien vite. C’est pour cela que j’ai sauté sur l’occasion pour rencontrer le directeur financier du groupe LANSON-BCC (FR0004027068), connu pour sa marque éponyme mais également pour ses marques Besserat de Bellefon, Tsarine, Boizel, De Venoge, Philipponnat ou encore Alexandre Bonnet. « Nous couvrons tous les segments de marché du luxe accessible aux cuvées de prestige avec des politiques tarifaires adaptées selon les positionnements » me précise Nicolas Roulleaux-Dugage. Une stratégie qui marche.

_____________________Pour vous aider dans vos investissements______________________

Cadeaux aux petits enfants, Bijoux à votre femme, Apport pour le prêt immobilier de votre enfant,

Mauvais temps pour les successions et donations, vous êtes peut-être même dans l’illégalité sans le savoir ! Il est grand temps de mettre en place une stratégie successorale plus efficace… Découvrez sans attendre tous les conseils de notre spécialiste pour éviter de devenir un fraudeur malgré vous !

Ainsi, depuis six ans, date à laquelle le groupe Boizel Chanoine Champagne a racheté Lanson, la rentabilité opérationnelle du groupe est stabilisée entre 14 et 17% tandis que la rentabilité nette est restée dans une fourchette entre 5,5 et 7%.

Vous devez être perdu dans mon explication historique. Je reprends. En 2010, Boizel Chanoine Champagne a pris le nom de LANSON-BCC, après avoir racheté la prestigieuse marque Lanson, pour mieux restituer sa dimension internationale et profiter de la renommée de la marque. Rares sont les sociétés rachetées qui se substituent à leur maison-mère en termes de nom ! Mais ce fut une belle opération stratégique.

Le groupe LANSON-BBC est donc dirigé par plusieurs familles dont les familles Paillard et Baijot, avec à sa tête Bruno Paillard assisté comme Directeur Général de Philippe Baijot. Le capital est donc très bien contrôlé avec un flottant réduit à 21%… Cela laisse quand même suffisamment de titres sur le marché boursier avec une capitalisation boursière de 230 millions d’euros. Il y a donc de l’animation sur le titre mais son parcours boursier est assez décevant. Comme vous le voyez sur le graphique, le titre cotait 120 euros début 2008… et a quand même marqué un plus-bas autour des 25 euros début 2009 (-80% !) avant de se reprendre jusqu’au 40 euros environ aujourd’hui.

LANSON-BCC (FR0004027068) graphe par années 2007 2012Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La raison de ce désamour boursier est simple : pour l’instant, le groupe n’est pas aussi international qu’il souhaiterait l’être puisqu’il réalise encore 74% de son chiffre d’affaires sur le Vieux Continent. Mais les choses vont changer. « Nous voulons accroître notre présence à l’international, notamment au Royaume-Uni et aux Etats-Unis où nous avons des filiales. En Asie, nous n’avons pas de filiale car cela coûte extrêmement cher » me précise NRD. En attendant, cette sur-pondérance en Europe a impacté les résultats du premier semestre 2012 avec notamment une légère dégradation de la marge nette de 4,1 à 3,5%. « Il faut tout de même savoir que le premier semestre supporte 50% des coûts fixes et seulement 30% du résultat » prévient l’homme fort des finances du groupe, qui n’est absolument pas inquiet sur l’ensemble de l’exercice.

Certes, il ne donne pas de guidance (ce qui ne me choque pas, comme je vous l’ai déjà dit) mais ne semble pas pris au dépourvu quand je lui parle de mon analyse (j’ai potassé un peu le dossier avant et compilé mes chiffres) d’un résultat net de 20 millions d’euros sur l’année, soit le même niveau qu’en 2011.

Qu’en est-il de l’endettement du groupe ? Traditionnellement, le gearing est élevé dans ce secteur car les entreprises financent les stocks de champagne. Et LANSON-BCC ne déroge pas à la règle, même si un énorme effort a été fait pour réduire le taux d’endettement : « L’amélioration est substantielle. Après le rachat de 2006, nous avions un gearing de 568%, redescendu à 279% en juin dernier et sans doute sous les 240% d’après mes prévisions en fin d’année » conclut le directeur financier. Des niveaux soutenables car le secteur est très rentable.

En effet, lorsqu’on décompose le compte de résultat, on se rend compte que le résultat opérationnel au premier semestre a atteint 11,5 millions d’euros… Il y a eu ensuite 6,2 millions d’euros de charges d’intérêt pour un résultat net part du groupe après IS de l’ordre de 3,2 millions d’euros.

En termes de perspective, pour l’investisseur, il me semble que la sanction a été un peu trop sévère : le PER est de l’ordre de 11 (plus de 22 pour VRANKEN-FR0000062796 par exemple). Je pense que LANSON-BCC va très vite se remettre à pétiller. C’est une question de temps.

PS : J’en profite pour vous rappeler que début octobre, je lance ma lettre d’investissement sur les petites et moyennes valeurs, avec encore plus de rumeurs, confidences de dirigeants, analyses de valeurs à moyen et long termes… Nous irons chercher la croissance LA OU ELLE SE TROUVE : dans nos PME et ETI françaises !

Le champagne pétille à nouveau

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

2 commentaires pour “LANSON-BCC : mon entretien avec Nicolas Roulleaux-Dugage”

  1. RT @SCConfidentiel: LANSON-BCC : mon entretien avec Nicolas Roulleaux-Dugage: Je ne suis pas un grand connaisseur… http://t.co/HnqaBrJw

  2. bonne analyse de financier qui reste à compléter par un pro du champagne
    car la vraie question est : lanson va t elle réussir à devenir une marque de grand luxe auquel cas elle ne se paiera plus 10X mais plutôt 25X

Laissez un commentaire