Oserez-vous acheter Lafarge ?

Rédigé le 8 juillet 2010 par | Big caps Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

En ce moment vous devez certainement avoir envie de ne rien acheter, de rester à l’écart du tumulte boursier. Et un titre vraiment « pas cher » sur lequel semble s’abattre tous les malheurs du monde ? Ça vous tenterait ?

Non ? Vraiment ? Je suis sûr que ce billet sur Lafarge vous fera changer d’avis. Son potentiel de gain est, au minimum, de 20 à 25%… il réchauffera forcément les plus frileux d’entre vous.

La construction essuie les plâtres des difficultés immobilières

Mardi 6 juillet, Lafarge a signé la plus forte baisse du CAC40 avec un plongeon de -5% du cours (vers 39,50 euros). Son concurrent irlandais CRH, quant à lui, venait parallèlement de lancer un avertissement sur son chiffre d’affaires pour 2010.

CRH s’est effondré de -10% à la City au moment où la direction du groupe redoutait que son activité subisse de plein fouet les conséquences de l’assainissement des finances publiques au sein de la Zone euro. Il pâtissait également des craintes liées aux rumeurs de ralentissement du rythme de la reprise aux Etats-Unis.

Nous pourrions ajouter que le secteur immobilier n’est pas au mieux. La Chine présente d’inquiétants signes de surproduction de logements… non pas du point de vue algébrique — les besoins du pays sont immenses — mais compte tenu du nombre d’acheteurs potentiels solvables. Les promoteurs et les banques qui les soutiennent ont vu trop grand… pour l’instant. Mais l’histoire leur donnera raison s’ils ne font pas faillite d’ici 2020 !

Le cabinet d’analyse AlphaValue — qui vient de dégrader ses objectifs de cours sur le titre Lafarge — a bien identifié le problème. Il estime que Lafarge — et l’ensemble des cimentiers — vont subir une pression accrue sur les prix d’ici la fin de l’année 2010. AlphaValue ajoute que la visibilité du spécialiste des matériaux de construction reste relativement faible sur 2010, après un recul de 12% des ventes au 1er trimestre.

Aux Etats-Unis et en Europe, la demande de ciment avait chuté de -25% en 2009 avec l’effondrement du nombre de projets de construction résidentiels. L’année 2010 semble se poursuivre sur des bases relativement comparables.

L’agence Fitch de son côté explique que « la détérioration des conditions d’activité devrait entraîner un affaiblissement significatif de la génération de cash-flow et donc un ralentissement d’un nécessaire processus de désendettement. »  Lafarge est noté BBB- mais pâtit pour l’instant de perspectives négatives qui pourraient préfigurer une prochaine dégradation à BB+.

Mal en point, Lafarge réorganise filiales et stratégie

Lafarge a récemment annoncé vouloir céder 11,2% du capital de sa filiale malaise — Lafarge Malayan Cement Berhad (LMCB). Il en détient 62,2% du capital par l’intermédiaire de ses filiales Lafarge Cement UK PLC et Associated International Cement Ltd.

Le groupe devrait également réduire la voilure au Proche et Moyen-Orient malgré le rachat de l’Algérien Orascom en 2007 et la récente inauguration d’une grosse unité de production en Syrie — qui devrait être suivie de la fermeture d’usines moins rentables dans la région.

A ce jour, Lafarge réalise 52% de son chiffre d’affaires dans les pays émergents mais alors que les marchés pensent d’abord Chine, le véritable potentiel se situerait plutôt en Inde où le cimentier français est devenu le n°1 du béton prêt à l’emploi — après le rachat de L&T Concrete qui détient 25% de parts de marché dans ce pays.

Le titre est au plus bas, soyez contrarien

Le titre affiche -32% depuis le 1er janvier — il perd pratiquement un tiers de sa valeur — et -15% en un mois. Son rendement dépasse désormais 5% et son PER devrait être inférieur à 10 en 2011… La question est donc la suivante : le titre peut-il aller encore plus bas ? La réponse est probablement oui mais, en ce qui concerne le potentiel de repli du cours, nous pensons qu’il est relativement limité.

Lafarge vient de confirmer l’enfoncement du plancher des 41,20 euros. Il s’agit d’un seuil correspondant au ratio de Fibonacci (-38,8% par rapport aux sommets de 2009), ainsi qu’au plancher annuel des 43,20 euros du 25 mai 2010 (avant détachement du coupon de 2 euros du 1er juillet) puis au plancher du 8 juillet 2009.

Le titre se retrouve à son plus bas niveau depuis le 29 avril 2009 et le prochain support se situe désormais dans la zone des 38,50 euros. C’est dans cette zone de cours qu’il faudra avoir l’audace de prendre le consensus uniformément baissier à contre-pied.

Les principaux objectifs en cas de rebond seraient dans ce cas 46 euros puis 49,60 euros. Il y a donc un potentiel de gain minimum de 20 à 25% pour un risque de moins value négligeable.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.

Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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