Lafarge bétonne…

Rédigé le 21 avril 2009 par | Big caps Imprimer

Certes, je pourrais vous parler des 1,5 milliard d’euros d’augmentation de capital que Lafarge a annoncée en début de mois pour renforcer sa structure financière.

Je pourrais également vous dire que la période de souscription s’est achevée la semaine dernière, et que les deux actionnaires majoritaires du groupe (Bruxelles Lambert et NNS Holding) se sont engagés à souscrire au prorata de leurs participations respectives, soit un montant total d’environ 500 millions d’euros.

Je pourrais enfin vous dire que le solde du montant de cette augmentation de capital est garanti par un syndicat de banques…

En vous disant tout ça, vous auriez compris qu’il était peut-être de bon ton de se positionner sur Lafarge pour l’avenir.

Certes. Mais je dois vous avouer que ce sont encore une fois des arguments techniques et notamment une configuration elliottiste exemplaire qui m’incitent à vous parler du titre. Je m’en serais voulu de vous avoir fait passer à côté d’un potentiel de hausse de 23% dans un premier temps, et de 56%…

Voyez plutôt :

Graphique de Lafarge Depuis le point bas de mars 2003, c’est un décompte tout à fait remarquable que nous offre l’évolution des cours de l’action du leader mondial des matériaux de construction.

Mais laissez-moi me faire plaisir et décortiquer l’évolution en question… ◊ De mars 2003 à juillet 2007 : une phase de consolidation en trois temps modèle ! L’image parle d’elle-même : entre le point bas de mars 2003 et le sommet de juillet 2007, on assiste à une phase de consolidation en trois temps classiques notés par des grands A, B et C encadrés sur mon graphique. Ce qui est d’autant plus frappant, c’est que chacune de ces phases se décompose elle-même fort bien… – La grande vague A en cinq temps traditionnels, évidemment, notés de 1 à 5. De plus, les règles sont scrupuleusement respectées : vague 1 plus longue que la 3, donc une 5 en avortement. Vague 2 en a, b et c étendue, et une 4 complexe qui n’enfonce pas la 1 (règle de l’overlap). – La grande vague B en trois temps sous forme très fréquente de drapeau, notée A, B et C. – La grande vague C encore en cinq temps, notés eux aussi de 1 à 5. De la même façon, une vague 1 plus longue que la 3, donc une 5 écourtée, et un overlap là encore parfaitement respecté. J’attire votre attention sur le fait que, à l’intérieur même de ces vagues, on remarque aisément 5 autres vaguelettes dans les vagues 1, 3 et 5 !

◊ De juillet 2007 à mars dernier : une forte chute en cinq temps type ! Après le spécimen technique de la consolidation en trois temps, c’est la forte chute du krach boursier qui nous offre encore, sur la valeur, un cas d’école à retenir !

En effet, on dénote aisément encore la baisse en cinq temps classiques, notés de I à V, avec de surcroît une vague III en extension, qui a donc elle-même pris place en cinq autres temps, notés de (1) à (5).

Toutes les règles et la théorie sont ici encore tout à fait respectées : règle de la vague 3, overlaps, vagues correctrices en trois temps, etc.

Une telle configuration me permet donc de déduire un fort rebond à venir, et déjà bien initié, avec une hypothèse émise sur le point bas de mars dernier comme la fin d’une nouvelle grande vague I ou A.

◊ Que nous disent les indicateurs ? J’ai fait ressortir pour vous dans le graphe ci-dessous les trois principaux indicateurs que je regarde régulièrement. Je les ai mis sur une base hebdomadaire :

Graphique de Lafarge - les trois principaux indicateurs

– Le RSI s’est retourné à la hausse et reste bien orienté. Par ailleurs, il est sur le point de franchir son seuil de neutralité à 50% et, par là-même, de valider une divergence haussière. – Le MACD est lui toujours en territoire négatif, encore un peu loin de sa ligne de zéro, mais il s’est lui aussi retourné à la hausse, reste bien orienté, et s’éloigne même de sa ligne de signal. – Du côté des volumes, on notera un pic positif lors du rebond actuel, confortant là aussi mon scénario de court terme optimiste avec une poursuite de la reprise.

Enfin, sur le graphique précédent, on notera que ma moyenne mobile fétiche à 21 périodes a nettement été dépassée elle aussi, plaidant toujours dans le même sens.

◊ Mon pronostic L’objectif majeur de cet élan haussier se situe pour moi sur la zone des 59,30 euros. Niveau qui correspond par ailleurs au retracement traditionnel de 38,2% de toute la baisse. Cependant, la première résistance clé à dépasser pour valider ce scénario se situe sur les 46,65 euros, soit le premier retracement de Fibonacci de 23,6% de toute la baisse. Je joue la poursuite de la reprise, sans pour autant exclure un petit repli initial pour digérer l’intensité du rebond. C’est d’ailleurs à ce moment là que j’en profiterai certainement pour me positionner sur un call turbo [ndlr : si vous voulez en profiter vous aussi, c’est par ici…].

◊ Attention aux 31 euros, mais l’histoire nous prouve que Lafarge bétonne en mars Attention toutefois : le moindre passage sous les 31 euros remettrait aussitôt mon scénario positif en question. En effet, cette cassure déclarerait la mise à mort du rebond en cours et rouvrirait la porte à la tendance baissière de plus long terme.

Il faudra alors viser un retour sur le prochain niveau de support situé sur les 22,60 euros et correspondant à la projection classique de 100% de la dernière vague de baisse (soit la vague V actuelle).

J’ai noté une petite récurrence, bien qu’anecdotique, sur le titre : il semble que les mois mars soient assez propices à des rebonds pour Lafarge. En effet, outre les forts retournements de mars 2003 et mars 2009 visibles très nettement, chaque mois de mars a vu soit un rebond de fin de correction, soit une poursuite de tendance haussière.

Conclusion : un titre à ne pas vendre en mars… puisque Lafarge bétonne alors !

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marc-dagher
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