La technique ne fait pas tout

Rédigé le 10 septembre 2014 par | Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

Voyez-vous souvent des épaule-tête-épaule ? Des toupies ? Des étoiles du matin (voire du soir) ? Si oui, vous êtes un adepte de l’analyse technique – cette discipline un peu ésotérique qui consiste à repérer des figures connues dans les graphiques boursiers.

D’après leurs apôtres, certaines configurations ont tendance à se répéter, ce qui permettrait d’anticiper l’évolution du cours de n’importe quel actif. Manque de chance, il semblerait que les petits porteurs qui pratiquent l’analyse technique avec assiduité ont tendance à détenir des portefeuilles moins diversifiés et, surtout, à sous-performer. Ceci est l’une des conclusions de l’étude* que je décrypte pour vous aujourd’hui.

En comparaison à d’autres anomalies financières, il faut bien l’admettre, la recherche académique s’est assez peu intéressée à l’analyse technique ; si ce n’est pour souligner qu’elle pouvait se révéler profitable sur le forex, mais occasionnait des frais élevés pour l’investisseur individuel. Un papier publié en 1980 démontrait même que les utilisateurs acharnés de l’analyse technique sous-performaient les investisseurs lambda de quelque 4,1% par an dans les années 1960. Un écart substantiel. Notre recherche du jour cherche à savoir si ces conclusions sont toujours valables.

En un mot, la réponse est oui, même si la sous-performance n’est pas quantifiée de manière aussi précise dans cette nouvelle étude. Basée sur des milliers de portefeuilles d’investisseurs privés hollandais qui utilisent un courtier en ligne bon marché, cette recherche innove toutefois en isolant l’impact de l’analyse technique sur la concentration des positions, leur taux de rotation, l’utilisation de dérivés, ou le niveau de risque pris et, bien sûr, la performance.

Les conclusions sont catégoriques : « Les individus qui utilisent fréquemment l’analyse technique et des options prennent (en moyenne) de mauvaises décisions d’investissement, résultant en des performances spectaculairement inférieures à celles d’autres investisseurs ».

Dans le détail, les adeptes des épaule-tête-épaule et autres étoiles du matin veulent surtout spéculer sur des mouvements de marché à court terme. Ils détiennent des portefeuilles plus concentrés qu’ils renouvellent, en outre, plus fréquemment que la moyenne. Ils parient moins sur les retournements de tendance, préfèrent s’exposer à des risques moins systématiques et utilisent davantage les options. Enfin, et surtout, ils ont tendance à sous-performer.

En cause, là encore, le surcoût non négligeable d’un trading basé sur l’analyse technique, que les auteurs de ce papier estiment à 140 points de base (soit 1,4%). Les chercheurs mentionnent également qu’une utilisation non intensive de l’analyse technique ne coûte pas très cher certes, mais n’a pas d’impact statistique significatif.

Cette étude semble donc montrer que l’histoire se répète effectivement : le recours intense à l’analyse technique a actuellement les mêmes effets sur la performance qu’il y a une cinquantaine d’années. On pourrait même ajouter que l’histoire se répète « en mal » : l’analyse technique est plus largement utilisée aujourd’hui qu’à l’époque. Par 32% des individus observés dans cette nouvelle recherche, contre 27% dans celle de 1980.

On peut en déduire que les comportements pénalisants sur le plan boursier se sont répandus depuis les années 1960. Ce qui est consistant avec un autre enseignement de notre recherche du jour : la part des investisseurs ayant recours à l’analyse fondamentale a reculé d’environ deux tiers, passant de 65% à seulement… 20% !

Pour finir, deux autres conclusions surprenantes :

Si vous me lisez depuis quelque temps, vous savez donc très bien qu’à Straight from the Lab, nous ne basons nos décisions d’investissement que sur des faits validés par la recherche de pointe.

Doit-on dès lors renoncer à toute analyse technique ?

Non, pas nécessairement. Mais si vous optez pour une telle approche, il va de soi que vous avez intérêt à mesurer chacune de vos décisions, et surtout comprendre d’où vient votre performance (si performance il y a).

Posez-vous donc la question : y a-t-il du solide derrière votre décision d’acheter ou de vendre tel ou tel actif, ou est-ce simplement une figure abstraite d’un quelconque graphique qui vous donne la puce à l’oreille ? A la lumière de cette étude (et d’autres), un homme averti s’évitera de belles désillusions.

En parlant de recherche de pointe, je profite aussi de ce billet pour vous signaler que l’intégralité du contenu de notre lettre Straight from The Lab est actuellement disponible, et cela gratuitement, depuis notre site. Plus de 1 200 études y sont mentionnées, couvrant des centaines de stratégies d’investissement.

Pour découvrir cette véritable mine d’or, en tant que lecteur de la Bourse au Quotidien, vous pouvez vous inscrire et bénéficier d’une offre spéciale. Mais attention, cette offre n’est valable que jusqu’au samedi 20 septembre. Il ne vous reste donc plus que 10 jours pour vous décider. Préférez-vous gérer votre capital avec de l’aléatoire ou en vous basant sur les dernières recherches financières ? A vous de faire le choix.

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* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale « Agora ».

sylvainfrochaux
sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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