La performance d’une action : une question de sexe

Rédigé le 2 avril 2014 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Hier était un jour spécial. Pour deux raisons bien distinctes.

D’abord, j’ai passé ma journée aux côtés d’investisseurs qui avaient fait le (juste) choix de se prendre en main pour créer leur propre stratégie d’investissement. (Ils sont venus au Sommet de l’Investissement dont je vous avais parlé). Pendant trois heures, je leur ai parlé d’alpha, d’alpha et encore d’alpha, comme si l’alphabet grec n’était finalement composé que d’une seule lettre ; avec plus d’une vingtaine d’exemples concrets pour surperformer les marchés. Puis est venu le déjeuner où ils ont pu découvrir, en exclusivité, un projet en cours fort prometteur sur le marché français (et d’autres) ; et enfin, ils ont eu trois heures sur le money management avec mon ami Marc Mayor.

Bref, une journée d’investissement bien remplie, qui se termina finalement dans la soirée, puisque le Sommet 2014 dure de 9h à 21h, et ceci jusqu’à ce vendredi. Même si on n’en est aujourd’hui qu’à la moitié, on peut dire que les participants ont déjà de quoi rentrer chez eux avec une montagne de stratégies, dans leur valise, sans parler de la vingtaine de bonus qu’ils recevront.

Deuxième événement, qui n’a absolument rien à voir avec le premier, le Japon a assisté ce 1er avril, et pour la première fois de son histoire, à l’intronisation officielle d’une femme à la tête d’une banque nipponne. Et non, ce n’est pas une blague…

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Une femme à la tête d’une banque au Japon !

Dans ce pays qui m’est si cher (y ayant vécu plusieurs années), l’événement a fait grand bruit  puisque le beau sexe, comme disent certains, représente 30% à 40% du personnel des banques, mais moins de 10% des postes de cadre, et précisément 0% dans les directions. Jusqu’au 1er avril donc, puisque Madame Chie Shimpo va faire exploser les statistiques.

femme au pouvoirJe me suis alors demandé si le sexe des patrons pouvait avoir un quelconque impact sur la gestion d’une entreprise et, in fine, sur le cours de son action. Car, s’il y a des différences hommes-femmes, elles devraient bien apparaître sous une forme ou une autre, non ?

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la recherche académique s’est bien sûr penchée sur cette scabreuse question, et je vais donc vous résumer quelques études à ce sujet.

Consacrée aux sociétés américaines, cette première étude* démontre que les femmes membres d’un conseil d’administration font moins preuve d’absentéisme que les hommes, et qu’elles sont plus enclines à participer à des comités de surveillance. Rien de surprenant, vous allez me dire, mais s’il fallait quand même le vérifier statistiquement. Vos souvenirs d’école, où les filles étaient systématiquement devant (du moins, dans mon cas), ne suffisent pas.

Seraient-elles plus assidues ?

Plus intéressant encore, les auteurs soulignent que dans les sociétés pilotées par un conseil mixte, les comités de surveillance (portant sur les activités opérationnelles de l’entreprise) sont généralement bien plus développés. Ils précisent, par ailleurs, que ces sociétés versent une partie plus importante de la rémunération des dirigeants sous forme d’actions – ce qui est en principe positif, car les intérêts du patron sont alors alignés sur ceux de l’entreprise (après, tout est question d’horizon-temps). Enfin, les auteurs établissent que les administrateurs sont plus assidus aux séances du conseil si celui-ci accueille aussi des femmes. Tiens, tiens…

Restons sur le plan de la gouvernance avec cette deuxième étude*, qui examine l’impact des décisions stratégiques sur les résultats financiers d’une société. Premier résultat : les hommes se lancent davantage dans des opérations d’acquisition et émettent davantage de dettes que leurs consœurs dirigeantes d’entreprises. Les hommes seraient-ils plus risquophiles ? On notera au passage que les deux initiatives peuvent être liées, puisque les dettes peuvent être utilisées pour financer les opérations de rachat.

Mais si les hommes prennent plus de risque, sont-ils alors mieux rémunérés ? pour lire la suite je mets l’article en ligne et il faudra renvoyer sur l’article

Et, ben, non. Les auteurs révèlent que les acquisitions menées par les hommes rapportent, en moyenne, 2% de moins que celles décidées par des femmes. Et les dettes contractées par les premiers ont moins d’impacts stratégiques que celles utilisées par les secondes.

Corrélation négative entre cravate et performance ?

Enfin, l’étude montre que les dirigeantes accordent plus d’importance aux estimations de résultats et sont plus promptes à exercer leurs stock-options. Conclusion de cette recherche : à position égale, les PDG en costard-cravate affichent une confiance excessive dans leurs décisions stratégiques.

Cette confiance étant notamment liée à l’exposition médiatique dont bénéficient certains grands patrons ou les récompenses qu’ils ont reçues, on peut se demander si la nouvelle notoriété de Madame Shimpo bénéficiera à la banque qu’elle dirige, et donc à ses actionnaires.

Cette troisième étude* établit d’ailleurs ce lien entre la réputation d’un PDG (mesurée par les récompenses qu’il ou elle a reçues) et les performances de sa société ou la manière dont celle-ci communique ses résultats.

Il en ressort que les patrons les plus en vue (médiatiquement parlant) adoptent des pratiques comptables plus conservatrices et sont moins tentés d’arranger les chiffres pour atteindre des objectifs de court terme. Je me dis que peut-être c’est l’effet inverse : les dirigeants qui souhaitent sortir de l’ombre pourraient être tentés d’embellir certains chiffres pour apparaître sous les projecteurs des médias. Mais qu’ensuite, ils se calment.

D’ailleurs, il apparaît qu’une société affiche de meilleures performances dès que son patron reçoit une récompense. Ceci expliquerait-il cela ?

Bien sûr, le succès d’une entreprise – et de son action cotée en bourse – n’est pas seulement une question de sexe. Ce serait bien sûr trop facile (ou trop beau ?). Mais la recherche académique démontre, dans une certaine mesure, que des styles de gestion différents sont bien pratiqués par les hommes et les femmes. Avec des répercussions marquées sur la performance.

Par Sylvain Frochaux, directeur de la recherche chez Straight from The Lab

* Les études mentionnées dans cet article, et bien d’autres encore, peuvent être consultées en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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