La mode est aux OPRA

Rédigé le 3 avril 2012 par | IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

C’est incontestablement le phénomène de ce début d’année : la multiplication des OPRA (offres publiques de rachat d’actions) et autres dividendes exceptionnels animent l’actualité des boîtes.

En fait ces opérations permettent de rendre de l’argent aux actionnaires. J’ai commencé à vous en parler hier, et vous avez pu voir comment les cours ont explosé suite à ces annonces.

Ce phénomène touche aussi bien les grosses capitalisations que les petites. L’an dernier, BOUYGUES avait décidé de racheter 11,7% de son capital avec une forte prime. Et, la semaine dernière, HAVAS en a fait de même en proposant de racheter 12% de son capital avec une prime également substantielle… La semaine dernière, ITESOFT (FR0004026151) a décidé de verser un coupon global de 0,88 euro par action, ce qui représentait un rendement de l’ordre de 37% par rapport au cours coté du moment. Oui un dividende de 37%, vous avez bien lu ! XIRING, une autre petite boîte, avait fait de même en 2010 et 2011, versant un dividende exceptionnel à ses actionnaires d’environ 25% avant d’être rachetée par INGENICO.

MEILLEURS TRADES DE MARS !

Rien que pour le mois de mars, Mathieu a permis à ceux qui suivent ses conseils d’accumuler des gains de 68% sur AIR France-KLM… 72% sur UBISOFT ENTERTAINEMENT…

Et ce n’est pas tout : pas plus tard qu’hier matin, il a débouclé une position sur une matière première, le sucre, sur un gain de 64% réalisé en une semaine seulement.

Je n’ai rien à ajouter, si ce n’est que vous pourriez vous aussi utiliser cette stratégie pour dynamiser votre portefeuille trading : il suffit pour cela de continuer votre lecture…

 

Toujours côté petites valeurs, on a appris vendredi soir, après la clôture, que LINEDATA SERVICES (FR0004156297), un éditeur dans l’édition et l’intégration de progiciels destinés au secteur de la finance, allait racheter 25,7% du capital à 16 euros, soit une prime de 33% par rapport au dernier cours coté. La direction de LINEDATA, qui n’apportera pas ses titres à l’opération, précise que cette offre permet d’extérioriser la juste valeur de la société dans un contexte de décote du titre.

On est comme dans le monde des junk bonds – ces obligations à très haut rendement car très risquées (« obligations pourries », littéralement) qui ont fait la fortune de certains investisseurs américains au milieu des années 1980.

Pourquoi un tel besoin de récompenser l’actionnaire en ce moment ?

Je vois trois raisons à ce genre d’opérations qui devraient perdurer tout au long de l’année.

Primo, de nombreuses entreprises ne sont pas satisfaites de leur cours de Bourse en dépit de leurs efforts pour communiquer. Une société comme LINEDATA n’est pas avare de publications, organise régulièrement des déjeuners avec la presse mais reste sous-cotée par rapport à ses concurrents avec un PER inférieur à 9.

Même cas, par exemple, pour HAVAS qui soulignait sa décote par rapport à des comparables – comme notamment PUBLICIS.

Il est souvent frustrant d’afficher de bons résultats, de faire des efforts pour bien les communiquer au marché, de vous donner une bonne visibilité sans que le marché les reconnaisse. Votre titre stagne en Bourse. Alors, racheter des actions pour les annuler avec un prix nettement supérieur à celui du marché est un signal fort, qui montre que la valorisation* boursière est un vrai problème pour les dirigeants d’une société qui ont pris cette décision.

De plus, bien souvent les actionnaires principaux (comme c’est le cas chez LINEDATA) n’apportent pas leurs titres et, mécaniquement, remontent au capital. Il y a un effet relutif évident qui leur permet de disposer de plus de titres de façon mécanique… C’est du win-win comme disent les Américains.

Secundo, de nombreuses entreprises sont gorgées de cash et ne savent pas comment l’utiliser. A l’heure où le climat économique est incertain, il est parfois de bon ton de faire une pause dans sa politique de croissance externe et d’utiliser différemment son cash. C’est par exemple le cas d’ITESOFT qui, avant l’opération de dividende exceptionnel, possédait une trésorerie nette de 9,2 millions d’euros soit plus de 60% de sa capitalisation boursière. Car le souci, c’est que si vous n’utilisez pas votre cash, vous pouvez être soumis à la grogne des actionnaires qui ne comprennent pas comment vous utilisez votre argent et surtout pourquoi vous êtes assis sur une montagne de cash… Cela peut être contre-productif à la longue pour l’entreprise.

Enfin, racheter des actions peut vous protéger contre une prise de contrôle rampante. Comme je l’ai dit plus haut, les actionnaires principaux voient en général leur participation remonter au capital, ce qui rend une offre hostile beaucoup plus compliquée. Ce n’est pas cette raison qui a motivé les opérations de BOUYGUES, HAVAS, LINEDATA SERVICES ou encore ITESOFT… Mais toutes les entreprises ne sont pas dans ce cas.

* Décryptage : Valorisation
Aussi appelée capitalisation. Il s’agit de la valeur boursière d’une entreprise. Elle se calcule en multipliant le cours de la bourse par le nombre d’actions. Cet outil détermine le prix d’une société à un instant T.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

2 commentaires pour “La mode est aux OPRA”

  1. […] vous l’annonçais en avril dernier, la mode est également aux OPRA – c’est-à-dire des offres publiques de rachat d’actions émanant de sociétés […]

  2. […] vous l’annonçais en avril dernier, la mode est également aux OPRA – c’est-à-dire des offres publiques de rachat d’actions émanant de sociétés […]

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