La MM à 60 jours nous donne un signal !

Rédigé le 9 janvier 2009 par | Analyses indices, Apprendre la Bourse, US Imprimer

Les tentatives de rebond sans lendemain — c’est une image, disons que l’échelle de temps considérée est hebdomadaire et la variation au moins égale ou supérieure à +10% — se sont succédées en 2008. Il y en eut cinq et elles ont suscité de plus en plus de méfiance et d’incrédulité.

Une incrédulité qui se traduirait aujourd’hui par des volumes d’échanges inférieurs de moitié (sans exagérer) à ce qu’ils étaient à la même période l’an passé à Paris.

2,8 milliards d’euros échangés… mais où sont les opérateurs ?

La moyenne depuis le 1er décembre dernier est de 2,8 milliards d’euros, contre 6 milliards en moyenne fin 2007. L’affaire Kerviel avait alors provoqué un pic historique d’activité de 15,5 milliards d’euros le 22 janvier 2008 et les quatre séances du 21 au 24 janvier ont vu le chiffre d’affaires dépasser les 12 milliards d’euros.

La barre des 10 milliards d’euros ne sera plus jamais refranchie après le 19 septembre 2008, celle des 5 milliards d’euros ne l’a été qu’à une seule reprise depuis le 25 novembre dernier.

Moins de spéculation, plus de stabilité

Il est vrai que nombre d’opérateurs qui animaient les séances en multipliant les opérations spéculatives en intra-day ont disparu fin 2008 (pour cause de faillite ou de liquidation affectant les fonds d’arbitrage). Les intervenants qui restent dans la course sont moins instables et opèrent avec un horizon de placement plus classique : entre une semaine et plusieurs mois pour les gérants d’OPCVM.

Il devrait en résulter une baisse de la volatilité au quotidien et un rétablissement d’évolutions directionnelles plus durables : ce n’est donc pas une surprise totale que d’assister en ce début d’année à une succession des sept séances de hausse consécutives, un phénomène sans précédent sur le CAC40, l’EuroStoxx50 ou le S&P500 depuis début décembre 2006 ou fin mars/début avril 2007.

Cette moyenne mobile nous donne un signal haussier…

Mais au-delà des volumes qui se contractent régulièrement depuis plus de quatre mois — compromettant ainsi la pérennité des mouvements de rebond ponctuels — il faut désormais prendre en compte des facteurs plus techniques comme les moyennes mobiles. Et parmi une large gamme qui s’étend de quelques heures à plusieurs trimestres, la MM à 50 jours est l’une des plus regardées.

Puisque nous avons mentionné le CAC40, l’EuroStoxx50 et le S&P, il faut se souvenir que la MM50 fut enfoncée dès le 21 mais 2008 sur les indices américains et paneuropéens puis le 5 juin à Paris. Elle ne fut jamais refranchie plus de 48 heures d’affilée depuis cette date même si les indices de référence réussirent à la percer à plusieurs reprises (mi-août, début septembre puis mi-décembre 2008). Mais ce ne furent que de fausses sorties potentiellement haussières.

Pour éliminer ces « parasites », il suffit de rallonger de deux semaines la MM50 et de la porter à 60 jours (et donc de retenir tout simplement une moyenne mobile à deux mois ou à douze semaines). Cette fois-ci, plus aucun piège en vue et le débordement intervenu simultanément le 2 janvier sur le CAC40, l’EuroStoxx50 ou le Dow Jones et le S&P500 s’impose comme un signal positif sans ambiguïté, lequel met un terme provisoire à sept mois de débâcle indicielle d’une brutalité sans équivalent depuis… 1931 (soit plus de 75 ans !).

… à surveiller de près !

Cette moyenne mobile à 60 jours sera définitivement validée comme référent moyen terme si elle fait office de ligne de support lors des prochaines corrections techniques qui ne manqueront pas de survenir d’ici la fin du mois de janvier.

SP 500 MM60

Aujourd’hui, plus de 70% des valeurs du S&P500 ou de l’Eurotop300 (puis du CAC40) ont maintenant refranchi leur MM50 ; un ratio supérieur à 50% indique un mouvement directionnel durable à la hausse (alors que 95% des titres se situaient en-deçà de début octobre à fin novembre 2008).

Le même constat vaut également pour la MM60 et l’écart de pourcentage est parfaitement négligeable : tant que le ratio demeurera supérieur à 55/60%, la reprise boursière amorcée le 21 novembre dernier à peu de risques de s’interrompre, y compris si les volumes d’échanges demeurent partout inférieurs de moitié (voire même des deux tiers) à ce qu’ils étaient douze mois auparavant.

Le CAC40 semble donc en mesure de rejoindre les 3 650 points et le Dow Jones les 9 700, soit sa célèbre MM100.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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