La mécanique biotech est-elle en passe de se gripper ?

Rédigé le 25 mai 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

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Mardi dernier, l’association française des entrepreneurs des sciences de la vie, France Biotech, et le cabinet Ernst & Young ont – comme chaque année depuis 10 ans maintenant – présenté leur « Panorama des Sciences de la vie ».

Se saisissant de l’information, la presse généraliste n’a pas manqué de relayer et de commenter les résultats issus de cette étude. Ainsi, le 23 mai dernier, dans un article du Figaro.fr titré « Biotechs : la situation se fragilise », nous apprenions que :

 « En 2011, pour la première fois depuis des années, il y a eu davantage de cessations d’activité que de créations dans le secteur : 25 biotechs, soit cinq fois plus qu’en 2008, ont mis fin à leur activité et 24 ont vu le jour, soit deux fois moins que les années précédentes.

Le financement, nerf de la guerre pour ces start-up dédiées à l’innovation, essentiellement dans le domaine médical, est lui aussi en panne. Les fonds levés sur les marchés boursiers et auprès des sociétés de capital-risque ont diminué de 40%, passant de 460 millions d’euros en 2010 à 277 millions en 2011. »

Et l’article de poursuivre que « heureusement, un autre relais de croissance, les partenariats avec les grands groupes pharmaceutiques, se développe. Plus de 85 accords ont été conclus l’an dernier, dont la moitié avec des instituts de recherche académique et un tiers avec de grands labos. » Voilà donc ce qui devrait nous tranquilliser…

Pourtant la teneur de cet article me fait sourciller : le secteur des biotechs commencerait à envoyer quelques signaux de détresse. Toutefois, fort heureusement pour lui, on ne peut plus bienveillantes à son égard, les Big Pharmas seraient là pour lui tendre une main secourable. Ainsi le parent pauvre de l’industrie pharmaceutique se verrait administrer une bonne dose de croissance grâce à des partenariats salutaires.

Je suis désolée mais pour moi, cette lecture n’est pas juste. Bien que l’on ne puisse pas remettre en question les chiffres avancés, cette déclaration me semble relativement erronée et tronquée d’éléments qui auraient pourtant le mérite de la nuancer. Reprenons donc les deux principales affirmations qui s’en dégagent afin de dresser un tableau plus correct de la situation actuelle :

La mécanique biotech est-elle réellement en passe de se gripper ?

La biotechnologie est, et reste, un secteur à fort potentiel. Tout d’abord, gardez bien à en tête que, dans l’industrie pharmaceutique, la loi du pipeline (l’ensemble des molecules en expérimentation qu’une société pharmaceutique a en portefeuille) est un levier de croissance  incontesté. Et, si celui des grands groupes pharmaceutiques à tendance à se tarir, celui de nos petites biotechs, lui, prend clairement le chemin inverse.

Biotechs : my pipeline is rich

Dans le segment des molécules thérapeutiques – les médicaments donc –, France Biotech avance que :

« L’industrie a vu son portefeuille produits s’étoffer en 2011 avec 320 produits en développement (contre 212 en 2010) ; 20 produits commercialisés contre 11 en 2010 ; 43% des produits sont en preuve de concept : 32% et 19% sont en phase préclinique et réglementaire. Si l’effort de R&D en cancérologie reste important (12%), l’écart avec d’autres aires thérapeutiques s’est réduit. »

Mieux encore, André Choulika, président de France Biotech souligne même que « le pipeline de produits en développement du secteur des sciences de la vie en France équivaut à celui d’une industrie pharmaceutique du top 10. » Dans une autre mesure, vous devez savoir qu’à l’échelle mondiale, les ventes de médicaments issus de la biotechnologie devraient, selon les estimations d’Evaluate Pharma, capter la moitié des ventes d’ici à 2014.

Alors pourquoi donc le secteur biotechnologique semble-t-il accuser actuellement cette petite baisse de régime ?

Le secteur peine à se financer

Si les biotechs n’ont plus à démontrer leur dynamisme en matière d’innovation, elles rencontrent toutefois certaines difficultés à se financer – notamment via le capital-risque, les IPO et le refinancement sur les marchés financiers – comme l’expliquait l’article du Figora.fr. Pourtant, si l’on creuse un peu, cette chute n’est peut-être pas si alarmante que cela. En effet, Les Echos.fr ont démontré que :

« Ce résultat décevant est à relativiser, les chiffres de 2010 ayant été gonflés par deux grosses levées de fonds : l’une réalisée par Cerenics Therapeutics, une jeune pousse qui mise sur un traitement révolutionnaire de l’infarctus, l’autre par Transgene, la star des biotechs hexagonales. Si l’on excepte cette année 2010 atypique, les levées de capitaux de 2011 sont comparables à celles réalisées en 2008 et 2009. »

Toutefois, cela n’écarte pas pour autant entièrement le problème du financement des biotechnologiques françaises. La source s’assèche bel et bien. En effet, l’étude de France Biotech révèle que les sociétés interrogées ont déclaré ressentir « l’impact négatif de la réforme du statut Jeune Entreprise innovante » – impliquant notamment un coup de rabot sur les exonérations du volet social (cotisations patronales de Sécurité sociale) comme fiscal (impôt sur les sociétés).

Pour continuer leurs recherches – et trouver le blockbuster de demain – les biotechs vont devoir trouver d’autres moyens pour se financer. Et c’est là justement qu’interviennent les Big Pharmas, qui cherchent, en fait, à faire main basse sur le pipeline de telle ou telle biotech.

Ne renversons donc pas les rôles : les Big Pharmas misent sur le succès d’une biotech, et lui donnent donc des crédits afin qu’elle puisse poursuivre ses recherches. Mais, la croissance, elle, vient bien de la pépite. Nous verrons cela en détail la semaine prochaine.

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