La malédiction du Japon, 30 ans après

Rédigé le 28 février 2008 par | Autres indices Imprimer

Dernièrement, je vous ai beaucoup parlé des indices occidentaux, et plus notamment de l’euro/dollar.

Alors poursuivons aujourd’hui notre revue des principaux actifs mondiaux à travers l’indice boursier de la deuxième économie mondiale (ou la troisième, si l’on considère l’Union Européenne comme une seule puissance économique).

Le Japon, embourbé dans 15 ans de baisse Le Japon a marqué son sommet historique en 1989, à près de 39 000 points. Le Nikkei 225 a entamé ensuite une profonde correction, dégonflement de la bulle oblige.

Jusqu’au point bas de 2003 à 7.600 points, l’indice nippon a ainsi de reculé de 80% par rapport à son sommet, soit un rythme de baisse de 5,7% par an en moyenne !

Economiquement, cela a correspondu à une situation très pénible, marquée par la récession d’abord, stagflation ensuite. Les taux directeurs sont longtemps restés nuls au Japon — autrement dit négatifs à cause de l’inflation. Le pays a mis très longtemps pour retrouver la voie d’un rétablissement économique, non sans rechutes (souvenons-nous de la crise asiatique de 1997).

Même alors que les Bourses européennes et américaines inscrivaient leur record historique de l’an 2000, le Japon affichait un recul de 50% par rapport à son sommet !

Le (bref) retour en grâce… En 2005, le marché actions japonais était en pleine euphorie, signant l’une des meilleures performances mondiales grâce à une progression de 40% sur un an. Cela s’est d’ailleurs traduit par la sortie du canal baissier de long terme.

Cet enthousiasme a néanmoins été corrigé au cours des deux dernières années, puisqu’en 2006 l’indice japonais gagnait 7% seulement et reculait de 11% en 2007 (soit un total de -4%), alors que le CAC 40 progressait respectivement de 17,5% puis 1,3% (soit +18,8%).

… Avant de trébucher à nouveau D’un point de vue graphique et à moyen terme, comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessus, le marché japonais est grosso modo dans une situation semblable à ses homologues occidentaux : une formation de retournement s’est développée sous les 18.500 points, et la rupture de la ligne de cou à 15.500 points a donné lieu à la puissante accélération baissière de janvier.

La borne supérieure du canal baissier de long terme a contenu la baisse, à proximité d‘un important soutien à 12.000 points (celui-là même qui avait déclenché le rallye haussier de 2005). Bref, la situation actuelle n’est guère réjouissante, et ce n’est donc pas du pays du Soleil Levant que viendra le salut des indices boursiers.

La malédiction du Japon pèse-t-elle sur la Chine ? S’il est difficile de faire des anticipations avec une probabilité élevée dans la situation actuelle et à base de l’analyse chartiste, la configuration du Nikkei 225 pourrait répondre à une autre question : y a-t-il une bulle spéculative sur le marché chinois, après sa fulgurante ascension depuis 2005 ? La situation de l’indice chinois pourrait-elle être identique à celle de son voisin japonais alors que la grande majorité des analystes financiers s’accordent à dire qu’il ne devrait pas baisser en raison des Jeux Olympiques qui se dérouleront cette année, et alors que depuis novembre dernier, PetroChina est devenue la première capitalisation mondiale ? L’avenir le montrera (et puis, comparaison ne vaut pas raison), mais ceux qui renforcent sans réfléchir leur positions chinoises (et BRIC en général) pourraient méditer utilement le message japonais.

Attention : rappelez-vous que le marché chinois est relativement jeune, et les investisseurs internes, qui contribuent aujourd’hui à gonfler la bulle, n’ont connu aucun marché baissier véritable. Or, celui-ci pourrait se montrer un jour aussi violent que les films d’horreur japonais…

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