La justice américaine autorise le mariage entre Bayer et Monsanto

Rédigé le 30 mai 2018 par | IPO, OPA, opérations financières Imprimer

Logo de Bayer en végétaux, vu du cielEnfin ! Plus de 20 mois après l’annonce de ce « méga-deal », 17 mois après son approbation par les actionnaires du groupe américain, le Département américain de la Justice (DoJ) vient d’autoriser le mariage entre Bayer et Monsanto. D’un montant de 66 Mds$, cette opération constitue la plus importante acquisition jamais réalisée par un groupe allemand outre-Atlantique.

Le titre Bayer s’adjuge 4,21% ce mercredi vers 16h20 et soigne ainsi son bilan depuis le début de l’année puisqu’il ne cède plus que 0,81%. Les investisseurs sont manifestement soulagés, par-delà le fait que le DoJ a exigé une contrepartie à son aval, à savoir la cession par le groupe chimique de 9 Mds$ d’actifs.

Réticences initiales de la Commission européenne

Un moindre mal au regard des craintes qui entouraient cette transaction, laquelle avait notamment fait l’objet d’une enquête approfondie de la Commission européenne en août 2017. Bruxelles redoutait en effet originellement qu’elle contrevienne à la réglementation en vigueur en matière de concurrence et entraîne pêle-mêle « une hausse des prix, une baisse de la qualité, une réduction du choix et un recul de l’innovation ». La Commission a cependant fini par donner son accord en mars dernier, un mois après les autorités brésiliennes.

L’agrément de Bruxelles n’est cependant pas lui non plus sans conditions, la Commission ayant en particulier exigé le rachat de certaines parties des activités de Bayer Crop par son compatriote BASF.

Un closing de l’acquisition de Monsanto par Bayer d’ici deux mois

Quid à présent des synergies ? Hasard du calendrier, Bayer vient tout juste de revoir ses prétentions à la baisse. Du fait des cessions d’actifs voulues par les autorités réglementaires que j’évoquais, le chimiste allemand table en effet désormais sur un gain d’Ebitda de l’ordre de 1,2 Md$ par an à l’horizon 2022, contre 1,5 Md$ prévu originellement.

L’essentiel n’est cependant pas – ou plus – là pour les opérateurs : Bayer a désormais obtenu presque toutes les autorisations nécessaires à son mariage avec le géant américain des OGM. Le groupe allemand espère un closing d’ici deux mois, une fois les cessions à BASF menées à leur terme.

Ce sera alors la fin d’un feuilleton historique et d’une rare longueur…

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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