La gestion du risque

Rédigé le 10 juillet 2008 par | Autres indices Imprimer

Si vous nous lisez, c’est qu’a priori vous êtes un investisseur actif — voire très actif. Vous êtes donc soumis à un certain nombre de paramètres que vous devez vous approprier et gérer.

Le trader indépendant est entouré de pièges qu’il va devoir éviter pour survivre dans la jungle boursière. Votre principal ennemi n’est personne d’autre… que vous. Une mauvaise maîtrise de vos sentiments couplée à un effet de levier mal adapté peut être totalement dévastateur. Et dans l’état actuel des marchés, la gestion des risques est primordiale.

Commençons donc une série d’articles de « coaching«  du trader que vous êtes, de votre environnement et de vos contraintes.

Maîtrisez vos émotions Lequel d’entre nous ne s’est jamais retrouvé sur le marché avec un ordre placé (trop vite), sous l’effet de l’adrénaline ou d’une réaction subjective et impulsive ? Peu y ont échappé, j’en suis sûr. Cela arrive même aux pros — mais plus rarement.

Un trader performant est avant tout un trader qui verrouille la totalité de la séquence de prise de décision pour ne laisser place à aucun mouvement d’humeur. Tout l’enchaînement des éléments qui va vous mener à prendre une position qui doit être définie à l’avance de manière claire et inflexible.

Soyez exigeant. Créez-vous un protocole. Obligez-vous à le suivre et à justifier chaque décision dans ces moindres détails : – pourquoi cette valeur ? – pourquoi maintenant ? – quelle sera ma limite de sortie ? (j’y reviens) – quel est mon objectif ? – quelles sont les raisons techniques de ma prise de position ? – quel risk/reward sur ce trade ? – quel montant investir ? Etc.

En respectant ce protocole, vous éviterez déjà pas mal de soucis.

Encaissez vos pertes avec le sourire La frustration d’un mauvais trade est un ressenti incroyablement désagréable. Un mélange entre l’aigreur de perdre de l’argent, l’amour propre piétiné par le marché et l’envie incompressible de retourner se venger le plus rapidement possible…

Ces trois sentiments sont à eux seuls responsables de beaucoup de banqueroute de traders « amateurs ». En trading encore plus qu’ailleurs, il faut avant tout apprendre à perdre avant de commencer de gagner (ne me regardez pas comme ça ! je n’y suis pour rien…). C’est pour cela que vous avez souvent entendu le conseil de « savoir laisser courir ses gains et couper ses pertes »

Comme toujours, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

En ce qui me concerne, après un mauvais trade… c’est direction la salle de sport et off sur toutes mes plates-formes de trading. Il faut évacuer !

Fixez-vous un point de sortie avant même d’entrer en position Pourtant, des parades simples existent pour sécuriser vos engagements sur les marchés et éviter d’être paralysé devant une position qui s’enfonce dans le rouge.

La priorité est de déterminer votre niveau de sortie précisément, avant même d’entrer sur le marché. Le doute ne doit pas s’installer au moment de revendre. Vous ne devez avoir à vous préoccuper que de la pertinence de votre analyse avant d’ouvrir une position. Jamais pendant. Le mieux pour cela, c’est donc de placer des ordres automatiques qui n’auront pas d’états d’âme, eux, à couper vos trades !

Protéger votre capital Votre capital de départ est votre trésor et vous devez le protéger un maximum des coups de griffe du marché. Cela mériterait un chapitre entier tant il s’agit d’un concept-clé de la pérennité pour tout trader et j’y reviendrai donc sans doute dans un prochain article. Mais je voudrais ici vous rappeler l’importance de cette notion.

Comme je l’écrivais plus haut, avant de gagner il faut souvent savoir perdre. J’y ajouterais maintenant qu’il faut savoir perdre peu… et gagner beaucoup. Cela paraît simple mais c’est la base de votre réussite.

Un capital surexposé ne tient pas dans le temps ou rarement. Là aussi, un moyen simple parmi d’autres, et pourtant trop peu utilisé par les personnes non expérimentées, est de limiter l’impact de chaque trade à un pourcentage du capital.

Je m’explique : vous devez déterminer à l’avance la taille de votre position pour chaque investissement en fonction de la perte maximum que vous êtes prêt à assumer.

Exemple : Vous avez 50 000 euros. Vous décidez de ne pas engager plus de 2% de votre capital sur chaque position. Ainsi, vous ne prendrez que des positions égales ou inférieures à 1 000 euros. Si vous vous trompez dans votre scénario et que vous enregistrez une perte, elle sera donc infime en pourcentage (largement moins de 2% de votre capital).

Du coup, vous ne vous mettez pas une pression psychologique trop forte pour chaque trade. Et c’est très important quand vous êtes sur des produits ultra-réactifs et spéculatifs comme les warrants par exemple : vous devez absolument décider du pourcentage que vous allouez à chaque trade et vous répartir sur plusieurs poses. Cela vous évitera de paniquer en cas de perte (qui peut arriver très vite sur un warrant), mais qui vous permettra également de « booster » votre capital quand vous ferez des gains de 40%… 50%… ou même 100%… comme cela arrive souvent sur ces produits. [Ndlr : en effet, depuis la mi-juin, Mathieu Lebrun vient de réaliser toute une série trades gagnants sur ses warrants : +31,25%… +31,20%… +25%… +32,14%… +44,83%… +51,32%. Vous pouvez vous aussi en profiter !]

Tout ceci entre dans une méthode de Money Management globale qui devra aussi couvrir des aspects tels que la conservation des positions positives, le calcul des objectifs et l’espérance de gain, l’analyse de votre comportement sur une position qui a mal tournée…

Bref c’est un travail énorme, qui demande du temps, et qui est du coup trop souvent négligé par ceux qui veulent devenir des traders actifs. C’est la raison pour laquelle les investisseurs particuliers font souvent appel à des pros pour leur donner des conseils !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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